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08 MARS 2012 - Y A T IL TROP DE DEPUTES A L'ASS NATIONALE ??

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012 –

Présidentielle: y a-t-il trop de députés à l'Assemblée nationale?

Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen veulent réduire le nombre de nos parlementaires. A tort ou a raison?

Lors de son premier grand meeting de campagne à Marseille ce dimanche 19 février 2012, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il faudrait «arriver à réduire le nombre de nos parlementaires» au plus vite. Le 8 mars, il a précisé sa pensée en déclarant qu'il souhaite une baisse de 10% à 15% du nombre des parlementaires s'il est réélu. Marine Le Pen a elle aussi proposé de réduire le nombre de députés après les législatives de 2012.

En novembre dernier déjà, Joseph Thouvenel, vice-président du syndicat CFTC, proposait de diminuer de presque moitié le nombre de députés(de 577 actuellement à 300) dans le cadre du plan de rigueur du gouvernement. Une solution qui rapporterait selon lui 277 millions d’euros par an. Peut-on vraiment calculer le coût d’un député? Peut-on vraiment réduire leur nombre? Et si oui, doit-on le faire?

L’Assemblée nationale compte actuellement 577 députés, dont 556 représentants de la métropole, 10 pour les collectivités d’Outre-mer et 11 pour les Français de l’étranger depuis le redécoupage de la carte électorale de 2009.

Fait inhabituel, ce redécoupage ne s’est pas accompagné d’un changement du nombre de députés, et pour cause: en prévision de la création des 11 représentants des Français de l’étranger, l’Assemblée nationale avait décidé en 2008 d’inscrire dans la Constitution le nombre plafond de 577 députés impossible à dépasser. Une constitutionnalisation du nombre de députés inédite sous la Ve République.

S’il est donc désormais impossible d’augmenter le nombre de députés, rien n’interdit en revanche de le diminuer. Cela ne veut pas dire pour autant qu’une diminution est réaliste. Le nombre de députés a certes changé à plusieurs reprises au cours de la Ve République, mais presque toujours pour augmenter. Seule exception: la 2eme législature en 1962 où l’hémicycle avait perdu presque 100 députés, notamment ceux de l’Algérie nouvellement indépendante.

Un député correspond à une circonscription, et donc à une réalité géographique et politique complexe. Il n’y a qu’à voir la longueur des négociations autour du redécoupage de 2009 pour comprendre que supprimer la moitié des députés serait un véritable casse-tête.

Pour Luc Rouban, chercheur au CNRS et au Cevipof spécialisé des institutions politiques et de l’administration, la proposition est «fantaisiste», «politiquement infaisable» et même «irresponsable»:«on peut quand-même s’interroger sur l’absence totale de sens politique de certains commentateurs».

La Fondation Ifrap, think tank libéral qui prône la réduction du poids de l’administration, proposait en 2009 de revenir au nombre de députés d’avant la dernière augmentation, à savoir 487, soit une diminution de 90 sièges. Outre les économies d’une telle réduction, le think tank souligne que la France connaît un double transfert de pouvoir (vers les régions avec la décentralisation et vers l’Europe avec le parlement européen) qui réduit le champ de compétence de l’Assemblée nationale, et donc sa masse de travail. Le syndicaliste Joseph Thouvenel n’hésite pas à dresser une comparaison avec les délocalisations qui touchent l’économie française:

«Cela fait des décennies que les salariés subissent des délocalisations. Une partie du travail part à l’étranger, et cela entraîne des suppressions de postes en France. On arrive aujourd’hui à une situation où 70% des textes qui s’imposent à la France viennent de l’Europe. La tâche des députés s’est allégée, c’est aussi une sorte de délocalisation.»

Un constat que ne partage pas Luc Rouban. Pour le chercheur, les députés n’ont «jamais eu autant de travail», notamment parce que le travail législatif est «beaucoup plus technique qu’autrefois». Auteur d’une étude des profils sociaux et professionnels des députés depuis 1958, il assure que ceux-ci sont de plus en plus qualifiés et que l’on assiste à une professionnalisation de la fonction.

Une balle dans le pied?

Mais qu’il s’agisse d’une diminution de moitié ou de «seulement»90 sièges, une cure d’amincissement de l’Assemblée se heurte à un obstacle de taille: il faudrait une réforme votée par… les députés eux-mêmes. C’est un peu comme si on demandait aux salariés d’une entreprise de valider un plan social prévoyant le licenciement de la moitié d’entre eux.

Les premiers concernés sont pour le moins sceptiques, voire énervés par de telles propositions. Le député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas, qui avait pourtant milité en 2008 contre l’inscription dans la constitution d’un plafonnement du nombre de députés parce qu’il n’y avait «pas de raison de s’interdire une évolution», qualifie la proposition de Joseph Thouvenel de «dérive populiste».

Alain Marleix, député du Cantal et grand artisan du redécoupage électoral de 2009, confirme que l’on peut «en théorie baisser le nombre de députés», mais s’oppose vivement à l’idée: «Le nombre de députés était bien supérieur sous la IVe République… On pourrait aussi supprimer tous les députés tant qu’on y est, revenir aux idées d’extrême droite, dire que la démocratie ne sert à rien.»

Selon lui, les économies seraient «extrêmement marginales» à côté d’autres grands postes de dépenses, comme la fraude sociale qui «représente 20 milliards d’euros par an». D’autant plus que le calcul de Joseph Thouvenel est certes simple, mais pas des plus rigoureux: en 2010, la dotation de l’Etat pour financer le budget de l’Assemblée nationale s’élevait à 533,9 millions d’euros. Avec 577 députés, cela donne 925.000 euros par député, auxquels «on peut rajouter le coût d’organisation des campagnes législatives pris en charge par l’Etat»et «d’autres frais annexes comme les repas au restaurant de l’Assemblée nationale qui ne coûtent que 7 euros par exemple», soit un résultat d’un million d’euros annuels par député.

Le vice-président de la CFTC concède que son calcul n’est pas d’une précision «à 100 euros près». En se plongeant dans le budget détaillé de l’Assemblée nationale, il semble en effet impossible de savoir exactement combien coûte un député. Les charges parlementaires (indemnités des députés, charges sociales, secrétariat etc.) ne représentent qu’environ la moitié des dépenses de l’institution (288 millions d’euros sur un total de 526 en 2010). Supprimer un député n’aurait pas d’effet direct par exemple sur les 170 millions d’euros utilisés pour la rémunération du personnel de l’Assemblée ou sur les investissements logistiques.

Pas la taille qui compte

Pour Jean-Jacques Urvoas, ce n’est pas le nombre de députés qui est important, mais leur efficacité:

«Ce qui m’intéresse, c’est que les députés occupent la fonction pour laquelle ils sont payés. Un député-maire-conseiller général ne peut pas remplir pleinement sa fonction de législateur. C’est pourquoi je suis pour le non-cumul des indemnités: il n’y a pas de raison pour qu’un député-maire touche deux indemnités. Le député est-il là pour représenter une circonscription ou pour voter des lois applicables au pays? Pour moi c’est la loi qui est plus importante.»

Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’Ifrap, admet que la proposition de son think tank de réduire les effectifs de l’Assemblée est «difficile à mettre en œuvre sur le court terme». Mais elle rejoint le député du Finistère sur un point: ce n’est pas forcément le nombre de députés qui importe, mais plutôt l’organisation du travail:

«Comment les parlementaires peuvent-ils être concentrés sur le contrôle et l’évaluation des dépenses publiques, qui est une de leurs missions les plus importantes selon nous, quand ils sont tout le temps entre 3 endroits différents?»

Y a-t-il un nombre de députés idéal? «C’est un débat qui n’a pas de bonne réponse, estime Jean-Jacques Urvoas. Il n’y a pas de paramètre scientifique qui dirait combien de députés sont nécessaires pour représenter au mieux la population. Tout est question d’organisation.» Une chose est sûre, la France a peu de députés proportionnellement à sa population par rapport à ses voisins européens.

Parmi les 27 pays de l’Union européenne, elle est le troisième pays avec le moins de députés par rapport à sa population, avec en moyenne 113.000 habitants pour un député. Seules l’Allemagne (131.000 habitants par député) et l’Espagne (133.000 habitants par député) ont un nombre relatif de députés plus faible.

Une tendance se dégage, qui explique en parti ce rapport: plus un pays est grand, plus son ratio habitants par député est élevé. La Chambre des représentants américaine ne compte que 435 parlementaires, pour une population de 313 millions, soit une moyenne de 719.000 habitants par représentant.

08 MARS 2012 - SARKOZY QUITTE LA POLITIQUE S'IL N'EST PAS REELU

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012 -

Nicolas Sarkozy quittera la politique s'il n'est pas réélu

PARIS - "Faites-moi confiance ou je quitte la politique", a déclaré jeudi en substance Nicolas Sarkozy aux Français, à 45 jours du premier tour de l'élection présidentielle où il reste distancé par son rival socialiste François Hollande dans les sondages.

Le président sortant a dit sur RMC et BFMTV qu'il ne se plaçait pas dans la perspective d'une défaite et qu'il se battrait "de toutes ses forces" pour obtenir un second mandat, "protéger" les Français et "construire une France forte".

"C'est un enjeu considérable pour la France", a-t-il expliqué. "Je m'inquiète de voir le programme du candidat socialiste, qui ne prévoit aucune économie, et je m'inquiète de cette grande inexpérience dans une période si troublée."

"Mais si les Français devaient ne pas me faire confiance, est-ce que vous croyez vraiment que je devrais continuer dans la vie politique ? La réponse est non", a ajouté le chef de l'Etat, avocat de formation et âgé de 57 ans.

Quelques instants auparavant, Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ferait "autre chose" que de la politique en cas de défaite le 6 mai mais ne savait pas encore quoi.

Il avait déjà fait ce genre de confidence, notamment en marge d'un récent voyage en Guyane, mais jamais publiquement.

"Dans la vie politique il faut s'engager, s'engager totalement et s'engager complètement", a souligné Nicolas Sarkozy, entré en politique il y a 35 ans, alors qu'il était un tout jeune homme, et qui n'en est jamais sorti depuis.

Le chef de l'Etat raille volontiers en privé l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui s'accroche encore au paysage politique français plus de 30 ans après sa défaite de 1981 face au socialiste François Mitterrand.

"Ces carrières qui n'en finissent pas (...), ça empêche des jeunes de monter", a estimé Nicolas Sarkozy jeudi. "On s'habitue au pouvoir, ce qui est toujours une très mauvaise chose."

"Donc, c'est très simple. Je dis aux Français : 'je me battrai de toutes mes forces pour avoir votre confiance, pour vous protéger, pour vous conduire, pour construire la France forte. Mais si tel n'est pas votre choix et bien je m'inclinerai et c'est ainsi, et j'aurais fait une très belle vie politique."

"HYPOTHÈSE THÉORIQUE"

Le secrétaire national de l'UMP Guillaume Peltier, spécialiste des sondages, a salué une "annonce logique et respectueuse de la souveraineté du peuple français", tout en s'efforçant d'en atténuer l'impact potentiel.

"Cette hypothèse n'est que théorique, car Nicolas Sarkozy sera soutenu par une majorité de Français : la France a besoin d'un Président solide, expérimenté et crédible", écrit-t-il dans un communiqué.

Interrogé sur les propos du président-candidat en marge d'un déplacement en région parisienne, François Hollande, dont la carrière politique est presque aussi longue que celle de Nicolas Sarkozy, a pris le contre-pied du chef de l'Etat sortant.

"Je ne suis pas dans une espèce de proclamation personnelle, d'exhibition personnelle, ce n'est pas mon sort qui est en cause, c'est celui de la France", a dit le candidat socialiste.

"En ce qui me concerne, ma vie est dans le service de mes concitoyens et je continuerai d'une autre façon, si je ne suis pas élu, à effectuer mon travail auprès de mes concitoyens."

Au même moment, un de ses porte-parole, Bernard Cazeneuve, estimait sur BFMTV que l'avenir du président sortant en cas de défaite n'était pas "un sujet pour la France".

"Ce qui compte pour nous ce n'est pas ce que fera tel ou tel s'il était battu, c'est de savoir ce qu'il fera s'il est élu", a dit le député socialiste. "Je comprends que Nicolas Sarkozy se pose la question (.) Ce n'est pas un sujet pour la France, c'est un sujet pour Nicolas Sarkozy."

Quand au vice-président du MoDem, parti du candidat centriste François Bayrou, il a estimé que les propos de Nicolas Sarkozy sur son avenir reflétaient un manque de confiance.

"On ne sent pas (...) un Nicolas Sarkozy très confiant (...) "Il en tire peut-être lui-même les conséquences", a déclaré Jean-Luc Benhamias sur BFMTV, tout en jugeant que le chef de l'Etat était "encore un peu jeune pour arrêter" la politique.

08 MARS 2012 - SARKOZY CONTRE HOLLANDE SUR LEURS SALAIRES

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012 –

Sarkozy interpelle Hollande sur son salaire de président de Conseil général

Nicolas Sarkozy a interpellé jeudi son rival socialiste François Hollande sur son salaire de président du Conseil général de Corrèze en se demandant pourquoi il ne l'avait pas réduit alors qu'il propose, en cas de victoire, de réduire de 30% celui du président de la République.

Nicolas Sarkozy a interpellé jeudi son rival socialiste François Hollande sur son salaire de président du Conseil général de Corrèze en se demandant pourquoi il ne l'avait pas réduit alors qu'il propose, en cas de victoire, de réduire de 30% celui du président de la République.

"J'ai vu que François Hollande proposait de baisser les salaires. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'alors qu'il est président du département le plus endetté de France, il ne l'a pas fait pour lui-même", s'est interrogé le président candidat de l'UMP sur RMC/BFMTV.

"Pourquoi dire qu'il le fera dans les années qui viennent ? Qu'il le fasse tout de suite", a-t-il lancé. "Même si chacun peut avoir son opinion là-dessus, je ne pense pas que c'est la solution. La solution, c'est d'avoir des responsables politiques honnêtes, compétents et qui s'engagent", a poursuivi Nicolas Sarkozy.

"Je ne pense pas que la rémunération du personnel politique dépasse en quoi que ce soit la rémunération des autres catégories", a-t-il conclu.

Nicolas Sarkozy a également justifié jeudi l'augmentation de plus de 170% du salaire du président de la République décidée au début de son mandat comme un acte de "transparence", tout en refusant de faire "étalage" de sa feuille d'impôt. Interrogé sur BFMTV et RMC sur le montant de ses impôts, le candidat de l'UMP à sa propre succession n'a pas répondu. "J'ai payé des impôts, il suffit d'aller à la trésorerie" pour les consulter, "c'est un droit", a-t-il déclaré.

"Est-ce que je dois aller faire étalage ? (...) Est-ce qu'il faut qu'il y ait ce voyeurisme qui consiste chaque jour à vouloir aller plus loin ?", a-t-il demandé. "Ma déclaration de patrimoine, je l'ai faite au début de mon mandat et je la ferai à la fin de mon mandat", a expliqué le président-candidat.

M. Sarkozy a ensuite justifié l'augmentation de son salaire, qui a fait polémique dès le début de son quinquennat. En octobre 2007, l'Assemblée nationale avait porté le traitement du chef de l'Etat d'environ 7.000 euros à plus de 19.000 euros nets par mois. "Quand je suis devenu président de la République (...), le secrétaire général du gouvernement m'a dit: +combien voulez-vous gagner ?+", a confié Nicolas Sarkozy.

"J'ai dit: +qu'est-ce que c'est cette histoire ? Je veux gagner ce qui est prévu+. Il a dit: +non, non, vous savez, monsieur le président, tous les autres présidents ont fait comme ça. C'est le président qui fixe ce qu'il gagne+", a-t-il poursuivi. Il a précisé que la loi fixait seulement le traitement du Premier ministre et des ministres. "J'ai été devant l'Assemblée nationale, c'est moi qui ai fait cette réforme, pour dire voilà ce que va gagner le président, et qu'est-ce que j'ai proposé à l'Assemblée nationale ? Exactement ce que gagne le Premier ministre", a encore dit le candidat. Il a assuré que le salaire du Premier ministre avait été fixé par Lionel Jospin lorsqu'il était à Matignon. "Ca c'est de la transparence", a plaidé Nicolas Sarkozy.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy a proposé une diminution de 10 à 15% du nombre des parlementaires, jeudi sur RMC. M. Sarkozy a proposé "entre 10 et 15% de parlementaires en moins, Sénat et Assemblée nationale" compris. Il y a actuellement 577 députés et 348 sénateurs. Il a rappelé qu'il avait diminué de 40% le nombre des élus locaux (conseillers généraux et régionaux) et "décidé le rapprochement du conseil général et du conseil régional".

Pour baisser les dépenses publiques, "je considère que chacun doit faire un effort", a dit M. Sarkozy.

Il a cité l'exemple de Laurent Fabius, président PS de la communauté d'agglomération de Rouen, qui dispose de "45 vice-présidents" payés "chacun 1.800 euros", et celui de la première secrétaire, Martine Aubry, qui a "32 vice-présidents dont dix sont premiers vice-présidents" à Lille-Métropole. "Oui, il y a de la gabegie, des efforts à faire", a-t-il dit.

08 MARS 2012 - BAYROU SUR FRANCE 2

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012 –

Sur France 2, Bayrou se pose en candidat de second tour

PRESIDENTIELLE - Le candidat centriste, invité de l'émission «Des paroles et des actes», a invité Dominique de Villepin à le rejoindre et détaillé ses mesures économiques...

François Bayrou n'en démord pas: il sera bien au second tour de l'élection présidentielle d'avril-mai. Invité de l'émission «Des paroles et des actes», sur France 2, le candidat centriste a une nouvelle fois exprimé sa confiance dans son avenir présidentiel, estimant que les sondages actuels, qui le créditent de 12 à 15% d'intention de votes, constituaient «un bon socle».

Logiquement, François Bayrou s'est donc refusé à donner une consigne de vote pour le second tour, dans l'hypothèse où il serait éliminé dès le premier. Interrogé sur son avenir, dans le cas où il devrait pourtant assister au débat télévisé entre les deux finalistes de son salon, le président du MoDem a expliqué qu'il n'envisageait pas, comme Nicolas Sarkozy, de se retirer de la vie politique. «Certainement pas», a-t-il lancé, en expliquant avoir eu l'impression que le candidat président préparait «sa sortie».

Il tend la main à Villepin, qui la refuse

Dans son désir de rassembler avant le scrutin, François Bayrou a renouvelé son invite à Dominique de Villepin, faisant valoir des «points de rencontre» entre leurs «convictions». «J'affirme qu'il y a de la place dans l'effort et dans l'élan que nous avons à créer pour des différences de sensibilités et de personnalités», a insisté le député béarnais. «Après, c'est à Dominique de Villepin de prendre ses décisions, c'est un homme ombrageux, et je ne vais pas lui en faire le reproche, moi-même je le suis suffisamment», a poursuivi l’ancien ministre.

«Je suis en effet quelqu'un qui ne se rallie pas facilement et probablement lui non plus», a-t-il poursuivi. Une confession qui a pris des allures de prophétie quand, quelques minutes plus tard, Dominique de Villepin a posté sur Twitter ce message très clair: «Le ralliement ne fait pas partie de mon programme. Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament.»

DominiquedeVillepin

@Villepin

Le ralliement ne fait pas partie de mon programme. Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament.

Le gel des dépenses publiques pendant deux ans

Durant les deux heures trente de discussion et de débat (avec Manuel Valls), François Bayrou a également pris le temps de détailler les mesures qu’il envisage pour réaliser 100 milliards d'euros d'économies et diminuer la dette de la France, l'une des priorités de son programme. Le président du MoDem a ainsi annoncé qu'il supprimerait «la défiscalisation des heures supplémentaires», instaurée en 2007 à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Le candidat centriste a chiffré à 1,8 milliard d'euros le gain de cette mesure.

Listant les niches fiscales qu'il supprimerait, François Bayrou a aussi cité «la niche Copé», qui exonère d'impôt les plus-values réalisées par une entreprise lors de la vente d'une filiale, qu'il a chiffré à 6 milliards d'euros. Le Béarnais s'est aussi prononcé pour la réduction «d'une niche très peu identifiée», la déductibilité des emprunts en cas de LBO (leverage buy out, rachat d'une entreprise à crédit par l'endettement). Ces trois mesures rapporteraient «une petite dizaine de milliards d'euros», et quelque dix autres milliards d'euros seront obtenus par «un rabot» de 15% sur l'ensemble des autres niches fiscales.

Le leader centriste a ensuite rappelé son intention de ne pas augmenter l'ensemble des dépenses publiques pendant deux ans, sans pour autant geler le salaire des fonctionnaires.

«Je pense même que le travail est sous-payé en France»

Interrogé ensuite sur le maintien du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, instauré par Nicolas Sarkozy, François Bayrou a expliqué qu'il n'appliquerait pas cette mesure «à l'aveugle». «Mais je pense qu'un poste sur trois, c'est possible», a-t-il dit. Concernant le redressement de la production française, son cheval de bataille, François Bayrou a plaidé pour le retour «à une stratégie nationale de production», citant en exemple la réussite d'Airbus. Le leader centriste a en revanche dit «ne pas croire que la France avait un problème de coût du travail». «Je pense même que le travail est sous-payé en France», a-t-il lancé.

Ces prochains jours, nul doute que François Bayrou devrait garder un œil attentif sur les sondages. Car après un prime-time plutôt réussi ce jeudi soir, il est en droit d’espérer un petit frémissement dans une opinion semble-t-il moins convaincue par son programme qu’en 2007. Pour le moment, la majorité des sondages le créditent de 12 à 15%. Bien loin de son score de 18,57% au premier tour de la dernière présidentielle.

08 MARS 2012 - PROPOSITIONS DES CANDIDATS POUR LES FEMMES

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012 –

Les propositions des candidats pour les femmes

La journée de la femme est l'occasion de passer en revue les propositions des candidats sur ce sujet.

Dans leur programme, les candidats à la présidentielle sont nombreux à pointer l'égalité salariale, la parité en politique et dans l'entreprise, sans oublier la lutte contre les violences faites aux femmes. Un peu moins à souhaiter la création d'un ministère dédié. Et une poignée... à avoir oublier ce sujet dans leur programme.

Ce jeudi 8 mars, journée de la femme, est l'occasion de se pencher sur les propositions des candidats concernant le droit des femmes. Revue de détails.

«L'égalité femmes-hommes en marche» d'Eva Joly (Europe Ecologie).
La candidate écolo à la présidentielle consacre un pan entier de son programme présidentiel à cette thématique. Après avoir constaté les lacunes de la situation actuelle - «l'égalité entre les femmes et les hommes demeure largement inachevée» - l'ancienne juge déroule ses propositions : «aucune aide publique ne sera accordée aux entreprises qui n’assurent pas l'égalité salariale effective : ni subvention, ni exonération, ni marché public» ; «congé parental transformé en un crédit-temps réparti à parts égales entre les parents» ; «accès à la contraception» facilité pour les jeunes filles ; « loi-cadre contre les violences faites aux femmes» ; «plan d’éducation et de formation afin de lutter contre les stéréotypes de genre».

Le ministère des droits des femmes de François Hollande (PS). C'est sa proposition n°25. «Je défendrai l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les femmes et les hommes», indique le candidat du PS à la présidentielle dans son projet pour la France. Gare aux entreprises récalcitrantes, elles seront sanctionnées par une loi, «notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales». «Un ministère des droits des femmes veillera notamment à son application effective», précise le programme. Les partis politiques aussi n'ont qu'à bien se tenir, un «alourdissement» des sanctions financières est prévu pour ceux qui ne respecteraient pas la parité (proposition 48).

«Parité obligatoire» pour Bayrou (MoDem). «Le référendum renforcera l'obligation de parité pour que l'on sorte enfin de cette anomalie qui met la France à la 61ème place parmi les pays du monde pour la place des femmes dans la vie publique», indique le candidat du MoDem à la présidentielle dans son programme. Le leader centriste assure par ailleurs vouloir «introduire le mode de scrutin proportionnel pour obtenir l’égalité hommes/femmes à l’Assemblée». François Bayrou veut également, comme il l'a assuré au site Elle.fr, un ministère de l’Egalité.

Mélenchon veut «se débarrasser du patriarcat» (Front de gauche). Outre un «ministère des Droits des femmes et de l'Egalité» - «doté de moyens» croit bon de préciser le candidat - le programme du candidat du Front de gauche à la présidentielle propose «une négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur le respect de légalité professionnelle (embauche, salaires, retraites, promotions) au niveau des branches et des entreprises» mais surtout la «la Directive (clause) de l'Européenne la plus favorisée». Ce qui consistera «à harmoniser par le haut les droits des femmes européennes en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus progressistes». Autre proposition de Jean-Luc Mélenchon, «un texte de loi anti-sexiste».

Marine Le Pen : l'IVG déremboursée, si la situation budgétaire l'exige (FN). La candidate du Front national a confirmé sur TF1 qu'elle prendrait la décision de dérembourser l'avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux «qui ne peuvent pas être évités». Dans son programme, pas de chapitre spécifique sur l'égalité homme-femme, mais une large place pour la famille. Marine Le Pen dit, dans son projet, vouloir «instituer une véritable politique familiale volontariste, nataliste et ambitieuse» et évoque pêle-mêle «le libre choix pour les femmes (qui) doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter» ; «la possibilité d’adoption prénatale» et l'«amélioration des prestations familiales pour les familles nombreuses». Autres mesures annoncées, l'«abaissement de l’âge de la retraite pour les mères ayant élevé au moins trois enfants ou ayant élevé un enfant handicapé» et la «création d'un revenu parental».

Nathalie Arthaud veut améliorer le sort des travailleuses (LO). Le constat de la candidate de LO à la présidentielle est sans appel. «Chaque année, les statistiques publiées sur la question révèlent qu’en France, en matière de salaire, d’emploi, de retraite ou de travail domestique, l’écart entre les hommes et les femmes demeure, voire s’aggrave», est-il déploré en préambule du chapitre «inégalités hommes-femmes» de son programme. Voilà pourquoi il faut, selon Nathalie Arthaud, «imposer l’alignement des salaires et des conditions de travail des femmes sur ceux des hommes, c’est-à-dire imposer aux patrons l’arrêt du scandale de la surexploitation des femmes».

Dupont-Aignan, les gaullistes et la cause des femmes (Debout la république).
«Les gaullistes ont toujours fait avancer la cause des femmes, depuis le droit de vote en 1944 ou la pilule en 1967», souligne le candidat de Debout la République dans son programme. Lui, se propose de poursuivre l'effort, notamment en faisant de l'égalité salariale «l'objectif du quinquennat». Figure en bonne place également, la lutte «contre les violences conjugales et toutes les violences faites aux femmes»

Corinne Lepage promet un «gouvernement doublement paritaire» (Cap21). Dans les ministères, donc, la parité « hommes/femmes, mais aussi à égalité entre les représentants des partis politiques constituant la majorité et des personnalités venues de la société civile». La candidate de Cap 21 veut également lutter contre... les violences faites aux femmes et pour... l'égalité salariale et la parité en politique.

Rien n'apparaît (encore) pour les femmes dans leur programme... On a beau passer au crible les trente mesures pour la France de Dominique de Villepin... Rien sur les femmes. A  Europe1.fr, son équipe confie : «Il avait prévu plusieurs choses pour la Journée des femmes, mais il a tout annulé pour se consacrer sur l’acquisition de ses 500 parrainages.» Idem pour Philippe Poutou. Si le NPA affirme sur son site «nous nous opposons à cette conception réactionnaire de la famille, à l’opposé du mouvement d’émancipation et de libération de la femme», on ne trouve pas de mesure spécifique dans le programme du candidat. Ce dernier manifestera cependant ce jeudi, à Paris. Concernant le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, il n'a pas encore présenté son programme et n'a pas encore abordé cette thématique au cours de ses discours. Peut-être en dira-t-il plus ce jeudi, au cours de sa visite... aux ouvrières de Lejaby à Yssingeaux (Haute-Loire).

NKM défend le bilan de Sarkozy. Dans une vidéo postée, ce jeudi, pour souhaiter «bonne fête à toutes les femmes», sa porte-parole Nathalie Kosciusko-Morizet défend néanmoins le bilan du quinquennat en la matière, énumérant : «la loi qui permet en matière de violences d'éloigner le conjoint violent» ; «pour l'égalité salariale la loi qui est en vigueur depuis le 1er janvier 2012 qui permet d'imposer des sanctions financières aux entreprises de plus de 50 salariés» ; «l'obligation d'avoir une proportion de femmes d'au moins 40% dans les conseils d'administration, dans les conseils de surveillance des grandes entreprises et bientôt dans les grandes administrations». NKM évoque par ailleurs «les combats qui nous restent à mener» avant de souligner que «20% de différence entre le salaire net des hommes et des femmes, c'est encore la réalité d'aujourd'hui». Une liste des actions menées durant le quinquennat a par ailleurs été mise en ligne sur le site de campagne du président candidat, citant entre autres «les congés maternité pris en compte dans le calcul des retraites des mères» ou encore la nomination de «femmes pour la première fois à la tête de ministères clés».

08 MARS 2012 - JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME

Par Le 18/03/2012

08 MARS 2012

JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME

Un peu d'histoire


La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans de nombreux pays, c’est un jour de fête nationale. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire; elle puise ses racines dans la lutte que mènent les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata a lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre; pendant la Révolution française, des Parisiennes demandant « liberté, égalité, fraternité » ont marché sur Versailles pour exiger le suffrage des femmes.

L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est au tout début fait jour au tournant du XIXe et du XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et des idéologies radicales.

Chronologie des événements les plus marquants

1909 / Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.

1910/ L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.

1911/ À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.

Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.

1913-1914/ Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs soeurs.

1917/ Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir « du pain et la paix ». Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces premières années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Le rôle des Nations Unies

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.

07 MARS 2012 - POUR POUTOU CA PASSE PAR L'EDUCATION

Par Le 18/03/2012

07 MARS 2012 –

Philippe Poutou (NPA):

«La lutte contre l'homophobie passe en priorité par l'éducation»

Interview TETU

Depuis plusieurs mois, les candidats à la présidentielle s'expriment dans les colonnes de TÊTU sur leur projet politique pour les LGBT. Jusqu'au premier tour, TÊTU.com vous propose de lire ou de relire ces entretiens sans langue de bois.

Ouvrier en Gironde, Philippe Poutou succède à Olivier Besancenot comme candidat de l'ex-Ligue communiste révolutionnaire, devenue NPA en 2009.

TÊTU: Où en est le NPA concernant les revendications LGBT?
Nous sommes dans la continuité de la LCR. Le NPA est ainsi contre toute forme d'oppression, de discrimination. Nous sommes pour l'égalité des droits, donc pour l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, même si nous ne défendons pas en tant que telle l'institution du mariage. Mais le vrai problème, c'est la violence morale ou physique au quotidien contre les homosexuels.

Quelles sont vos propositions pour lutter contre l'homophobie?
C'est un combat qui passe en priorité par l'éducation. Nous devons combattre au quotidien tous les préjugés qui se développent contre toutes les minorités. Partout où on peut le faire: à l'école, dans les médias, au travail... Il faut prendre ces sujets-là de face, et à tous les âges de la vie.

Comment analysez-vous la situation des LGBT dans les entreprises?
La question de l'homophobie au sein des entreprises n'est pas encore prise suffisamment au sérieux. Les syndicats ne s'en emparent pas naturellement. Il existe des initiatives individuelles de sensibilisation et d'information, mais ces actions devraient être généralisées. Dans le même temps, il est assez commun aujourd'hui de penser que les ouvriers ont plus de préjugés que dans d'autres milieux. Or, dans mon usine, plusieurs de mes collègues sont ouvertement gays sans que cela pose problème. En réalité, les préjugés se développent dans tous les milieux sociaux. Mais c'est vrai que, dans l'entreprise, ce n'est pas un thème abordé par les syndicats. Comme pour la question des femmes, c'est une question à prendre davantage à bras-le-corps. C'est un combat social à mener globalement. Quand nous menons une bataille contre le capitalisme, nous luttons également contre une société d'oppression qui favorise les racismes et l'homophobie. Ces combats-là sont tous liés les uns aux autres.

07 MARS 2012 - MOMENT HISTORIQUE A L'ONU POUR LES LGBT

Par Le 18/03/2012

07 MARS 2012 –

Les droits LGBT discutés à l'ONU:

une première historique marquée par des heurts

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies s'est réuni mercredi pour débattre des discriminations basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Mais tous les pays ne l'entendaient pas de cette oreille.

En juin dernier, une résolution portant sur les atteintes aux droits des minorités sexuelles était adoptée par l'ONU. Elle prévoyait notamment la réalisation d'un rapport sur les pratiques discriminantes, les violences faites aux LGBT à travers le monde et les moyens d'y mettre fin sur les bases de la déclaration universelle des droits de l'Homme.

«Le moment d'agir est venu»
C'est ce rapport qui a été présenté aujourd'hui au panel composé d'ambassadeurs de chaque pays membre, de spécialistes du droit international et de militants LGBT. Il indique notamment qu'au moins 76 pays dans le monde ont des législations discriminatoires à l'encontre des homosexuels.

À l'ouverture des débats, un message a été adressé aux membres du Conseil par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pour qui «le moment d'agir est venu». «Des vies sont en jeu et c'est le devoir de l'ONU de protéger les droits de toute personne où qu'elle vive. Laissez-moi dire à ceux qui sont lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres: vous n'êtes pas seuls» a-t-il affirmé.

Regardez le message de Ban Ki-Moon dans son intégralité (en anglais):

Débats houleux
Mais cette réunion ne s'est pas déroulée sans encombre. L'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui compte 56 Etats avait annoncé cette semaine qu'elle boycotterait la conférence. Ce qui n'a pas empêché certains de ses représentants de venir manifester leur désapprobation. Un débat houleux a ainsi opposé les pays membres de l'OCI et une majorité de pays du groupe africain aux autres pays représentés sur la question de la reconnaissance des droits LGBT.

Pour l'ambassadeur du Pakistan témoignant au nom de l'OCI, l'homosexualité peut «susciter des troubles sociaux, dégénérer en pédophilie et inceste, avoir un impact négatif pour la santé et affaiblir l'institution de la famille». Il a ainsi demandé que le Conseil tienne compte des «sensibilités culturelles», «des valeurs régionales» et «évite de discuter du comportement individuel de certaines personnes».

Même discours pour le Sénégal, parlant au nom d'une «majorité» de pays africains, qui a réclamé «le respect des différences culturelles» et dénoncé la «tentative de détournement du système des droits de l'Homme pour imposer un concept basé sur le comportement de certains».

«Les droits des humains sont universels»
Des positions qu'Alli Jernow, membre de la Cour Internationale de Justice, a déploré: «Les droits des humains sont universels, ce qui signifie que chacun, y compris les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels ou les transgenres, doit par exemple pouvoir jouir du droit à la vie et à la sécurité de sa personne, et être protégé contre la détention arbitraire et la torture».

Si tous les pays du globe ne semblent pas encore convaincus, la tenue de ce Conseil constitue en tout cas une première historique pour la défense des droits LGBT dans le monde.

06 MARS 2012 - LES FRANCAIS S ENNUIENT POUR LES PRESIDENTIELLES

Par Le 18/03/2012

06 MARS 2012 –

Présidentielle : les Français s'ennuient

65% des personnes interrogées jugent la campagne "pas intéressante", contre 34% "intéressante", selon un sondage Ipsos-Logica pour France Télévisions, Radio France et Le Monde.

Est-ce l'effet de la crise économique ou la multiplication des polémiques en tous genres ? A 47 jours du premier tour, les Français s'ennuient. C'est en tout cas l'un des principaux enseignements du sondage Ipsos-Logica pour Le Monde-France Télévisons et Radio France. En effet, 65% des personnes interrogées jugent la campagne "pas intéressante", contre seulement 34% "intéressante. Elles sont 73% à considérer que l'on ne parle pas assez des retraites comme du logement. En revanche, pour 43% d'entre elles, on parle trop de la crise économique et financière et pour 34% de la dette publique et des déficits.

Cet ennui peut-elle faire grossir les rangs des abstentionnistes le 22 avril prochain ? En ce qui concerne la participation, 78% des électeurs déclarent avoir l'intention d'aller voter, mais, Ipsos met en garde, "l'expérience indique que les électeurs surestiment leur participation" et "ces chiffres sont donc à interpréter avec prudence". L'abstention potentielle va être regardée de près dans les équipes des campagne des candidats car, comme on l'a vue en 2002 (28%, taux d'abstention record), plus l'abstention est forte, plus les candidats du vote contestataire ou extrême sont valorisés.

Ce manque de contenu dans le débat présidentiel semble avantager les challengers, au détriment du duo Hollande-Sarkozy, selon Ipsos. Ainsi, François Hollande, toujours en tête des intentions de vote, et Nicolas Sarkozy, derrière lui, cèdent deux points tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en gagnent 1,5 et François Bayrou 1. Avec 29,5% des intentions de vote, le candidat socialiste maintient son écart de 4,5 points sur Nicolas Sarkozy (25%) par rapport aux 24 et 25 février. Marine Le Pen (+1,5 point) recueille 17,5% des intentions des vote. Elle est suivie de François Bayrou (12,5%, +1 point) et de Jean-Luc Mélenchon (9,5%, +1,5%).

Selon l'enquête, 50% des électeurs de F. Bayrou reporteraient leur vote sur M. Hollande au second tour et 17% sur M. Sarkozy, les 33% restants n'ayant pas exprimé d'intention de vote. 87% des électeurs de M. Mélenchon voteraient Hollande et 1% Sarkozy. Enfin 23% des électeurs de Mme Le Pen opteraient pour le candidat socialiste, et 33% pour le président sortant. En ce qui concerne la participation, 78% des électeurs déclarent avoir l'intention d'aller voter, mais, Ipsos met en garde, "l'expérience indique que
les électeurs surestiment leur participation" et "ces chiffres sont donc à interpréter avec prudence".


Sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 mars auprès d'un échantillon représentatif de 966 personnes âgées de 18 ans et plus. Méthodes des quotas.

06 MARS 2012 - CONSEIL MUNICIPAL AGITE A BORDEAUX

Par Le 18/03/2012

06 MARS 2012 –

Bordeaux : quand la campagne présidentielle entre au conseil municipal

Séance agitée pour Alain Juppé hier après-midi. La politique nationale s'est immiscée par effraction dans le débat local.

« Je parle par-dessus vous, on ne vous entend plus ! », a fini par lâcher Alain Juppé à l'adresse de Jacques Respaud tout en lui proposant de débattre à l'extérieur de la mairie. (photo Thierry David)

Ils se sont mis à deux pour lui faire prendre la mouche. La grosse colère, mâchoires crispées et poings fermés. Alain Juppé pourtant décidé à « ne pas mélanger politique nationale et conseil municipal de Bordeaux » a menacé le socialiste Jacques Respaud de « sortir dans le café d'à côté pour débattre de ça ». Puis, il a coupé le micro de l'autre socialiste Matthieu Rouveyre tandis que ce dernier profitait de la tribune pour critiquer le discours du candidat Sarkozy à Bordeaux, samedi.

Les choses avaient plutôt démarré tranquillement, comme un lundi. Véronique Fayet, adjoint aux affaires sociales présentait le bilan étape du projet social. Forcément positif puisqu'à ce jour 85 % des actions prévues sont en phase de réalisation. Suivaient les interventions éclairées des élus concernés par ce projet, Arielle Piazza et ses apprentis nageurs, Yohan David et son tutorat d'entreprise, Brigitte Collet et ses ateliers pour papas divorcés, Élizabeth Touton et les mal-logés, Anne Brézillon, Nicolas Brugère… tous satisfaits de présenter à leur maire leur bon boulot.

Au fil des dossiers

Pharmacie Victor-Hugo La Ville a voté une indemnité d'éviction pour la propriétaire du fonds de commerce, Virginie Aubrion veuve du pharmacien, sachant que le commerce va être déplacé en raison du projet de salles des sports, en lieu de l'ancien marché Victor-Hugo. Marie-Claude Noël, élue verte, a déclaré regretter « la petitesse et le manque d'élégance de la ville, car la propriétaire a perdu de l'argent dans l'affaire ». Réponse de l'adjoint, Hugues Martin : « Vous avez tout faux dans ce dossier, la pharmacie a été vendue pour 150 000 euros. » (ndlr : compte tenu du retard de décision, Madame Aubrion fait une opération blanche, elle aurait pu gagner 80 000 euros si l'affaire avait été conclue dans les temps.)

Conseils de quartier Patrick Papadato, élu vert, a interrogé le maire à propos des nouveaux conseils de quartier : « J'ai assisté à celui du centre-ville, les nouveaux conseillers ont été présentés, mais il n'y a pas eu de vote en Conseil municipal. Quid de l'avis de l'opposition ? » Alain Juppé a répondu que les conseils nouvelle formule étaient en gestation : « C'est une expérimentation, nous ferons une évaluation. Votre intervention tombe à plat. »

Quartiers à requalifier Elizabeth Touton a présenté la suite du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, donnant à l'opposition l'occasion de faire une piqûre de rappel sur les dossiers InCité.

Restructuration de la gare St-Jean La convention de financement relative aux études d'avant-projet pour les travaux de restructuration de la gare a été votée.

Des abeilles et des bonzaïs Des actions de sensibilisation autour des abeilles seront mis en place à la Maison du jardinier et une expo Bonzaï se tiendra les 31 mars et 1er avril au Jardin Botanique.

Où en est-on de la pauvreté ?

Puis, Jacques Respaud a demandé la parole : « Vous êtes une magicienne Madame Fayet, a-t-il commencé. Vous prétendez faire reculer la précarité, la pauvreté, le mal-logement, et nous partageons pleinement vos actions. Mais quel lien existe-t-il entre vos actions et les objectifs réels ? Où en est-on de la pauvreté à Bordeaux ? Nous sommes sceptiques. Vous mettez une rustine sur un pneu poreux. »

Jusque-là tout allait bien. Mais Jacques Respaud a haussé le ton et dérapé sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, la suppression des Rased, la paupérisation des Français et là, Alain Juppé a bondi. « Pas de diatribe sur la politique nationale. Monsieur Guéant n'a rien à voir avec la politique de la ville. Hors sujet. » Indifférent au courroux du maire et néanmoins ministre, Respaud continuait à accuser le gouvernement actuel au micro. « Je parle par-dessus vous, on ne vous entend plus !, criait Alain Juppé. Allez, on va sortir dehors, dans le café à côté et on va ouvrir un débat. »

La colère fut brève, la sieste était terminée. Intervient ensuite, toujours sur ce dossier du projet social, Matthieu Rouveyre. « Attention à l'autosatisfaction, lâche-t-il à l'attention des élus de la majorité. Non, la situation des personnes âgées, des jeunes, des mal-logés est très loin d'être réglée. Bordeaux est encore loin des 20 % de logements sociaux obligatoires. Ce document, le rapport sur le projet social, est l'arbre qui cache la forêt, à Bordeaux 25 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Et la ville accueillait un candidat le week-end dernier, qui dans son discours prône la haine des uns envers les autres… »

Blanc de rage, les poings tremblants, Alain Juppé a appuyé sur l'interrupteur du micro de Matthieu Rouveyre : « Inacceptable ! J'interromps votre intervention. Vous respirez la haine, surtout quand vous vous adressez à moi… »

Évidemment, les échanges successifs ont, comme on dit, jeté un froid. D'autant que du coup, en dehors des piques, les dossiers sont effleurés. Accessoirement, le maire a rappelé que Bordeaux avait progressé en matière de logement social : « On est quand même passé de 15 % à 16 % », a-t-il précisé. Mais le cœur n'y était plus. Il y eut la présentation du Centre culturel et touristique du vin qui livra quelques précisions sur l'avancement du projet, puis le contrat de co-développement entre la CUB et la Ville a remué mollement les vieux débats. Celui sur le grand stade qui a permis à Marie-Claude Noël, élue verte, d'en remettre une couche, contre cette initiative « qui n'a toujours pas vu sa première pierre. On peut donc espérer… »

Alain Juppé a tordu le nez : « Le grand stade se poursuivra si le président actuel est réélu. Le grand stade se poursuivra aussi si c'est l'autre, car deux projets similaires sont prévus, l'un à Lyon et l'autre à Lille, où je suppose les maires auront des arguments pour le convaincre. »

In fine, Matthieu Rouveyre a quand même glissé au maire de Bordeaux : « Je n'ai aucun sentiment de haine à votre égard. » Et là, tout le monde a mieux respiré…

06 MARS 2012 - SARKOZY VEUT DIVISER PAR 2 L'IMMIGRATION

Par Le 18/03/2012

06 MARS 2012 -

Nicolas Sarkozy veut diviser l'immigration par deux

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré mardi soir vouloir diviser par deux le nombre d'immigrés accueillis en France et imposer des conditions à l'attribution du minimum vieillesse et du Revenu de solidarité active (RSA) à des étrangers, s'il est réélu le 6 mai.

"Sur le quinquennat, je considère que pour relancer dans de bonnes conditions l'intégration, il faut diviser par deux le nombre de gens que nous accueillons, c'est-à-dire passer de 180.000 (par an) aux alentours de 100.000", a dit le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, lors de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2.

Il a aussi dit vouloir étendre aux candidats au mariage avec une Française ou un Français les conditions de revenus et de logement pour l'attribution d'un titre de séjour - conditions déjà appliquées au regroupement familial, ce qui a permis de réduire de 25.000 à 15.000 personnes par an le nombre d'immigrés pouvant venir résider en France par cette procédure.

Concernant les candidats au mariage, cela concernerait environ 50.000 personnes par an.

Il propose également de soumettre les candidats au mariage et au regroupement familial à un examen sur la pratique du français et la connaissance des valeurs de la République.

Cet examen, qui serait effectué dans les consulats de France, ne serait pas appliqué aux enfants de moins de 16 ans. Nicolas Sarkozy a souligné que cette procédure existait déjà pour l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs dit vouloir régulariser les immigrés illégaux "pour cas humanitaire" plutôt que de parler de régularisation au cas par cas.

Il propose de subordonner l'attribution du RSA et du minimum vieillesse à des étrangers à des conditions de présence sur le territoire et d'activité. "Dix ans de présence sur le territoire et cinq ans d'activité pour bénéficier du RSA", a-t-il précisé.

Il y a aujourd'hui 165.000 étrangers bénéficiaires du RSA et 20.000 touchant le minimum vieillesse, a-t-il rappelé.

En revanche, il a assuré que rien ne serait changé concernant le droit des étrangers à bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) et de l'aide médicale d'urgence.

"La tradition de la France, c'est de soigner quelle que soit la nationalité", a expliqué le président-candidat. "Je ne souhaite pas qu'on remette en cause cette générosité française à l'égard des étrangers", même s'ils sont en situation illégale.

"Un étranger qui arrive en France, au bout de trois mois a le droit d'être soigné, c'est l'honneur de la France", ajouté Nicolas Sarkozy, qui a dit ne pas partager sur ce point l'avis de la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui veut mettre fin à cette situation.

Concernant les étrangers en situation illégale, "on les soigne et ensuite on les renverra chez eux", a précisé le chef de l'Etat, qui a réaffirmé qu'il solliciterait par référendum l'avis des Français sur la mise en place d'un juge unique pour décider de garder ou non un étranger en France.

05 MARS 2012 - INITIATIVE A TOULOUSE SUR LE MARIAGE GAY

Par Le 18/03/2012

05 MARS 2012 –

Des mariages homos symboliques pour interpeller les Toulousains

150 à 200 personnes se sont réunies samedi à Toulouse pour célébrer en public trois mariages symboliques. Une initiative visant à rappeler l'engagement de François Hollande en faveur de l'égalité des droits, qui a reçu un très bon accueil de la population. 

Le lieu-même était symbolique: Esplanade François-Mitterrand en hommage à celui qui dépénalisa l'homosexualité en France. Samedi, en milieu de journée, le Mouvement des jeunes socialistes, Homosexualités et socialisme et le Secrétariat fédéral à la diversité du PS de Haute-Garonne ont organisé une cérémonie symbolique de mariages concernant l'égalité d'accès au droit des personnes LGBT. Nombreux étaient les élus socialistes locaux à participer à la manifestation: l'union d'un couple hétéro, d'un couple gay et d'un couple composé d'une femme hétérosexuelle et d'une trans.

Malgré l'aspect éminemment politique, les organisateurs assurent ne pas avoir fait qu'une campagne de tractage mais rappellent que «les avancées en terme de droits des personnes LGBT viennent des actions de la gauche et du parti socialiste en particulier». Sébastien Kinach, secrétaire fédéral et «marié symbolique» ne craint pas que l'initiative soit perçue comme un coup de publicité pour le PS. «L'idée était de marquer les esprits. Il y a un ras le bol général: les hétéros aussi ont marre que la droite oppose les citoyens à cause de leur orientation sexuelle. On en est à un tel point qu'on ne peut pas accuser le PS de récupération!»

La France au goût du jour
Tout était prévu pour interpeller les badauds: tapis rouge, échange des anneaux, pupitre officiel et même défilé de voitures. Les Toulousains ont accueilli très favorablement l'opération, l'ambiance semblable à n'importe quel mariage était bon enfant. Les passants ont massivement soutenu les revendications du collectif, certains formant de leurs doigts le V de la victoire. Pour Sébastien Kinach, fier du succès de cette action locale, «on a rempli notre objectif. Aucun dérapage verbal n'a été à déplorer, bien au contraire. L'enthousiasme de la population conforte l'idée que les hétéros sont favorables à l'égalité face au mariage.» Sur le livre d'or mis à disposition, des passants anonymes signent: «Il est temps que la France se mette au goût du jour. Egalité pour toutes et tous!»

05 MARS 2012 - PACTE ANTI HOLLANDE EN EUROPE

Par Le 18/03/2012

05 MARS 2012 –

Présidentielle: un pacte anti-Hollande chez nos partenaires européens?

Pour la presse allemande, le candidat socialiste fait l'objet d'un boycott de la part de certains de nos plus importants partenaires.

L'Union européenne a fait hier une irruption remarquée dans la campagne électorale française. Un thème qui avait été ces derniers temps bien enseveli sous les polémiques autour de la viande halal, l'imposition des plus riches ou la vision par les principaux candidats d'une République irréprochable. La révélation est arrivée via l'hebdomadaire allemand « Der Spiegel », souvent bien informé.

Selon ce magazine, Angela Merkel (la chancelière allemande), Mario Monti (le président du Conseil italien), Mariano Rajoy (le chef du gouvernement espagnol), ainsi que David Cameron (le Premier ministre britannique) se sont mis d'accord « verbalement » pour ne pas recevoir d'ici à l'élection présidentielle François Hollande, le candidat du Parti socialiste, qui fait pourtant la course en tête dans les sondages.

Quatre conservateurs

Certes, ces quatre dirigeants, à la tête des plus grands États membres de l'Union européenne (avec la France), sont tous issus d'une majorité politique à tendance conservatrice. Mais là ne serait pas la principale raison de ce qui ressemble à un « pacte anti-Hollande ».

Le cœur de la discorde est ailleurs : le chef de file des socialistes français veut renégocier à Bruxelles, en cas de victoire en mai, le pacte budgétaire européen, pourtant acquis de haute lutte, après de multiples sommets ces derniers mois. Un pacte qui définit entre autres les modalités du sauvetage financier de la zone euro et en particulier de la Grèce, un de ses maillons faibles. D'après le média d'outre-Rhin, ces dirigeants ligués seraient « scandalisés » par cette promesse de campagne.

Berlin a aussitôt démenti hier un quelconque boycott, tout en confirmant l'absence de rendez-vous entre la chancelière et l'élu de Corrèze. Rendez-vous que ce dernier a sollicité, mais il est vrai que Mme Merkel a pris publiquement parti pour le candidat Nicolas Sarkozy, avec qui elle travaille depuis des années.

« Problème de crédibilité »

« Cette information ne m'impressionne pas, a réagi hier François Hollande. Le peuple français décidera de son avenir. Ce ne sont pas les dirigeants européens, que je respecte par ailleurs, qui doivent peser sur sa décision. ».

Du côté de l'équipe sortante, l'information a été commentée par Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy. « Il est ridicule que François Hollande essaie d'imaginer un complot des dirigeants européens contre lui. Je crois surtout qu'il a un problème de crédibilité en Europe et sur la scène internationale. Il se cherche un responsable. Il joue les fiers-à-bras », a-t-elle estimé. Reprenant là un thème que l'UMP aimerait développer. Mais il est vrai que les Français semblent plus intéressés dans cette campagne par les questions de politique intérieure.

05 MARS 2012 - 1 FRANCAIS SUR 2 FAVORABLE A L'ADOPTION HOMOPARENT

Par Le 18/03/2012

05 MARS 2012 –

Un Français sur deux favorable à l'adoption pour les couples homosexuels 

Un Français sur deux (51%) est aujourd'hui favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, indique un sondage Ifop pour Femme actuelle et Enfant magazine publié lundi. | LP/Matthieu de Martignac

Un Français sur deux (51%) est aujourd'hui favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, indique un sondage Ifop pour Femme actuelle et Enfant magazine publié lundi. En 2005, 46% des Français y étaient déjà favorables. Sans surprise, l'adoption homoparentale est rejetée par la majorité des personnes les plus âgées, des catholiques, et des personnes situées à droite de l'échiquier politique.

SUR LE MÊME SUJET


La majorité des personnes âgées de 50 ans et plus (59%) mais aussi des catholiques, qu'ils soient pratiquants réguliers (78%) pratiquants occasionnels (65%) ou non pratiquants (52%), rejettent l'adoption homoparentale. Si l'on prend en compte la couleur politique des personnes interrogées, 36% des sympathisants de gauche y sont opposés, contre 59% des sympathisants du Modem, 65% des sympathisants de la droite parlementaire et 70% des sympathisants FN, souligne le sondage. Rappelons que le candidat socialiste Français Hollande s'est dit favorable au mariage et à l'adoption par les couples homosexuels, alors que le président Nicolas Sarkozy s'y est déclaré opposé.

D'autres sujets font l'unanimité

L'égalité des droits entre couples homosexuels et hétérosexuels fait en revanche l'objet d'un large assentiment en matière de fiscalité (78%) et de droits de succession (79%), souligne aussi le sondage.

Plus de huit Français sur dix (83%) sont aussi favorables à un véritable statut du beau-parent dans les familles recomposées (droit de visites, obligation de subvenir aux besoins des enfants...), soit une proportion en nette hausse par rapport à celle mesurée il y a quatre ans (67%).

Par ailleurs, dans le contexte de crise économique actuelle, la proportion de Français favorables à la suppression des prestations familiales pour les foyers aux plus hauts revenus atteint un niveau record (77%), souligne le sondage. A titre de comparaison, le nombre de personnes souhaitant un plafonnement des allocations familiales était de 72% il y a dix ans (2002) et de 70% il y a vingt ans (1992), est-il rappelé.

28 FEVRIER 2012 - VANNESTE DENONCE UN LYNCHAGE

Par Le 01/03/2012

28 FEVRIER 2012 –

Christian Vanneste: Les militants de la cause homo

«prolifèrent dans nos rangs»

Dans une lettre adressée au chef des députés UMP, l'élu du Nord crie au «lynchage» et met en garde contre la prolifération des homos et de leurs défenseurs dans le parti présidentiel, selon lui «par cooptation».

Le député UMP du Nord, Christian Vanneste, s'insurge. Dans une lettre adressée au chef de file des députés UMP, Christian Jacob, il revient sur le tollé provoqué par ses propos sur la «légende de la déportation des homosexuels», dénonçant «une opération médiatique» montée contre lui.

«Prétendue promesse»
Christian Vanneste dénonce le «lynchage» dont il a été l'objet après ses déclarations dans une vidéo du 10 février sur le site www.libertepolitique.com. «Le but était de démontrer la capacité du groupe de pression à désinformer. Les événements ont largement dépassé mes pires craintes» explique-t-il.

L'UMP lui a retiré la semaine dernière son investiture pour les prochaines législatives et l'éventuel renouvellement de son mandat. Mais le parti n'a pas prononcé son exclusion, pourtant annoncée, assurant que l'intéressé s'était engagé à quitter de lui-même le parti. Une version remise en cause par Christian Vanneste: «D'autres [responsables de l'UMP] ont essayé de camoufler l'impossibilité juridique dans laquelle ils étaient de demander mon exclusion, pour avoir simplement mentionné une vérité historique. Ils se sont autorisés alors à annoncer une prétendue promesse de ma part de quitter la vie politique.»

«Les militants de la cause y prolifèrent»
«Mes interventions sur l'homosexualité sont rares, beaucoup moins dures que certains de nos amis. Elles sont fondées sur des connaissances historiques, psychologiques, anthropologiques» mais suscitent «invariablement une censure, qui tend à m'interdire d'évoquer le sujet, sans doute en raison même de la pertinence même de mes propos», affirme l'élu du Nord.

«Cette police de la pensée est intolérante et donc intolérable. Elle règne cependant dans nos rangs», «en proportion des militants de la cause qui, par cooptation, y prolifèrent. Vous devriez davantage y prendre garde», écrit encore M. Vanneste à M. Jacob. Le député nordiste critique aussi le poids au sein de l'UMP d'un «groupe de pression communautariste et intolérant», sans citer GayLib, l'association de défense des droits LGBT proche de l'UMP, qui a pourtant pris ses distances il y a quelques semaines avec Nicolas Sarkozy, à la suite de ses prises de position contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.

28 FEVRIER 2012 - MORT SUR UN LIEU GAY A LA ROCHELLE

Par Le 01/03/2012

28 FEVRIER 2012 –

Mort sur un lieu de drague gay à La Rochelle:

le jeu sexuel aurait mal tourné

Le corps d'un jeune homme de 25 ans a été découvert sur un lieu de drague vendredi matin. L'autopsie pratiquée hier a conclu à une mort par étouffement, mais la piste du crime homophobe semble exclue.

Vêtu d'une combinaison dont l’arrière, au niveau des fesses, était découpée, menotté, portant un masque à gaz sur le visage, Maxime (le prénom a été modifié à la demande de la famille), dont le corps a été découvert vendredi matin, parc d'Orbigny à La Rochelle, serait mort asphyxié. Il avait 25 ans.

La communauté perturbée par l’affaire
Voici en substance les premières conclusions tirées hier soir, lundi 27 février, de l'autopsie pratiquée la veille. Et c'est l’hypothèse d’un jeu sexuel ayant mal tourné qui est désormais la piste privilégiée par les enquêteurs, non celle d’un crime homophobe. La victime serait en effet décédée de l'équivalent du jeu du foulard, une pratique consistant à s'étrangler ou s'étouffer pour de plus grandes sensations lors de relations sexuelles notamment...

Si la communauté, qui a craint tout le week-end être confronté à un crime homophobe, peut en quelque sorte être rassurée, elle n'en reste pas moins perturbée par l'affaire.

«Il a été abandonné»
«Moi et mes potes on se dit que ce gars, il était pas tout seul quand c'est arrivé, qu'un jeu sexuel ça se pratique au moins à deux et que personne n'a été prévenu que ça avait mal tourné, confie Teddy. Il a été abandonné. Peut-être aurait-il pu être sauvé si les secours avaient été prévenu, même anonymement. En même temps je sais pas comment j'aurais réagi dans de telles circonstances...».

Bertrand Gire, ancien président du centre LGBT de Charente maritime et militant actif, opine: «S'il s'agit effectivement d'un accident, il révèle peut-être aussi un véritable besoin de prévention et d'éducation en matière de pratique SM. Alors si je crains bien sûr les réactions homophobes stigmatisant notre population au travers de ce qui semble avoir été un jeu sexuel sadomasochiste, j'espère que la communauté gay fera preuve de tolérance. On a longtemps été mis à la marge, on a dû s'organiser parfois de manière clandestine, alors faisons attention à ne pas mettre à l'écart, à l'intérieur même de notre groupe, des hommes et des femmes sous prétexte qu'ils ont des pratiques disons ‘‘marginales’’. Le tabou des relations SM est réel. Depuis vendredi j'ai croisé quelques gars qui s'interrogeaient ouvertement sur ce que cette affaire allait avoir comme conséquences sur l'image de la communauté, jugeant ces pratiques comme déviantes. Je crois que pour l'heure, ils feraient mieux de penser à la famille qu'à leur image...»

28 FEVRIER 2012 - MOBILISATION A PARIS CONTRE ST PETERSBOUG

Par Le 01/03/2012

28 FEVRIER 2012 –

Mobilisation à Paris contre la loi homophobe de Saint-Pétersbourg

Le texte qui interdit la «propagande» homo envers les mineurs pourrait être adoptée demain par le Parlement de la 2e ville russe. Plusieurs manifestations de protestations sont organisées à travers le monde.

Une soixantaine de personnes ont organisé une flashmob mardi à côté du centre Pompidou à Paris, afin de protester contre le projet de loi qui vise à interdire la «propagande» homosexuelle qui pourrait être adoptée mercredi au Parlement local de Saint-Pétersbourg, après validation en deuxième lecture le 1er février.

Les manifestants portaient des banderoles affirmant «censure anti-homo? sans moi!» ou «Saint-Pétersbourg, n'y allez pas!». Si la nouvelle loi est promulguée par le gouverneur, «il ne sera plus possible de parler d'homosexualité, d'évoquer par exemple dans un journal l'homosexualité de Tchaïkovski, sans être censuré», a affirmé Guillaume Bonnet, un des porte-parole du mouvement AllOut.org qui co-organise la manifestation avec l'InterLGBT et d'Act Up.

«Opposez votre veto»
Le gouverneur Gueorguiy Poltavchenko a dix jours pour opposer son veto à cette loi qui peut être un obstacle au développement du tourisme en Russie. «La réputation touristique et culturelle de Saint-Pétersbourg est en jeu. Ne risquez pas de l'écorcher. Opposez votre veto», demandent les associations.

Selon le projet de loi, toute personne commettant «un acte public» de promotion de l'homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité à l'adresse de mineurs peut être condamnée à une amende allant jusqu'à 3.000 roubles (72 euros). De leur côté, les organisations risquent entre 10.000 (241 euros) et 50.000 roubles (1.205 euros).

Des manifestations similaires sont ou doivent être organisées à New York, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Berlin, Hambourg, Rome ou Anvers.

28 FEVRIER 2012 - LA NUIT GAY 2012 SUR CANAL +

Par Le 01/03/2012

28 FEVRIER 2012 –

Mardi: la nuit gay de Canal+

est consacrée à l'homoparentalité

Pour sa nouvelle nuit gay, Canal + consacre sa programmation aux thématiques de l'homoparentalité et de l'adoption. Au menu: un excellent doc, la première diffusion de «Tout va bien: The kids are all right», et un court-métrage très malin.

TOUT VA BIEN: THE KIDS ARE ALL RIGHT

Venue de la scène indépendante, la cinéaste Lisa Cholodenko (High Art, Laurel Canyon) pose un regard juste sur le quotidien d'une famille gay dans le sud de la Californie. Le duo Julianne Moore/Annette Bening irradie ce film qui a été un gros succès.

Ils sont très rares, les films qui savent dépeindre le quotidien de familles gays sans se prendre les pieds dans le tapis, en grossissant le trait ou en y injectant une bonne dose de fantasmes. Vaguement autobiographique, cette comédie de Lisa Cholodenko, très remarquée lors de ses passages aux festivals de Sundance et Berlin, a révèle le quotidien de deux lesbiennes, mères de deux enfants. Nic et Jules sont mariées depuis des années, elles vivent dans le Sud californien avec leurs deux enfants adolescents, Joni et Laser, conçus par insémination artificielle. Alors que Joni s'apprête à partir pour l'université, son frère de 15 ans la convainc de retrouver et contacter leur père biologique. Mais l'arrivée de Paul, un restaurateur séduisant, ne se fera pas sans vague...

Le talent de ce Kids Are All Right est d'avoir fait du duo féminin un couple comme les autres qui s'aime, s'ennuie, se dispute avec tous les hauts et les bas d’une vie quotidienne. Avec en plus un humour très fin qui, sans en faire trop, parvient à faire passer la pilule du drame familial sans encombre. La distribution est brillante: Annette Bening rayonne, Mark Ruffalo déborde de charme et Julianne Moore est très drôle. Pas étonnant que ce film touchant et frais ait eu un tel succès.

Un film de Lisa Cholodenko avec Annette Bening, Julianne Moore, Mark Ruffalo, Mia Wasikowska et Josh Hutcherson. Comédie. 1h44.
A 20 h 50 sur Canal +




MES PARENTS SONT HOMOS

Ce documentaire inédit autour de l’homoparentalité et de l’adoption a choisi un angle original. Il ne se place pas du côté des parents gays mais de celui de leurs enfants et plonge dans l’intimité de ceux-ci, élevés par des homos…

Ils ou elles s’appellent Asa (3 ans et demi), Antoine (20 ans), Edith (25 ans) ou Caroline Cécile (45 ans). Ils font partie de ces 100.000 à 300.000 enfants qui, selon les associations, auraient au moins un parent homo et ont été conçus par un don de sperme anonyme ou par mère porteuse. Ils ont décidé de témoigner pour raconter leur quotidien. Souffrent-ils de l’absence du père ou de la mère? Quel regard leurs camarades ou la société portent-elles sur eux? Comment ont-ils vécu le coming out d’un de leurs parents? Comment construisent-ils leur identité sexuelle?

Andréa Rawlins-Gaston, la réalisatrice, a recueilli ces témoignages avec beaucoup d’intelligence, laissant parler enfants et parents. En laissant aussi parfois place à leur silence. C’est un documentaire riche et sans angélisme, dans lequel, quels que soient les défis à affronter ou les obstacles à surmonter, l’amour est toujours au cœur de tout.

A 22h35 sur Canal +

 


CE N'EST PAS UN FILM DE COWBOY

Dans la foulée du documentaire, Canal + poursuivra la soirée avec un court métrage très malin sur l’homosexualité. Et ses clichés. Dans un collège.

Deux collégiennes et deux collégiens discutent à bâtons rompus de leurs impressions après avoir découvert le film Brokeback Mountain. Un court-métrage d'une belle finesse, drôle, qui joue sur les clichés homos et les détourne avec humour. Les quatre tout jeunes comédiens sont tout simplement bluffants de naturel. Co-écrit et réalisé par Benjamin Parent, celui-ci prépare un film où il racontera le coming out de son père. On a hâte de voir!

A 23 h 40 sur Canal +

27 FEVRIER 2012 - OUVERTURE CENTRE LGBT TOULOUSE

Par Le 01/03/2012

27 FEVRIER 2012 –

Un centre d'accueil LGBT ouvre ses portes à Toulouse

Inauguré officiellement le 20 février dernier, le nouveau centre d'accueil LGBT toulousain ouvrira ses portes au public samedi 10 mars.

Espace des diversités et de la laïcité et centre LGBT: la maison commune de plus de deux mille mètres carrés installée au 38 rue d'Aubuisson, à Toulouse, se veut un lieu ouvert permettant «un croisement des publics». Le fonctionnement de ce lieu municipal a été confié à un comité d'animation représentant pas moins d'une vingtaine d'associations. A ce jour, l'utilisation des six salles de réunion, de la salle d'exposition et de l'auditorium n'est pas arrêtée et des plages de présence restent encore à attribuer. Il ne devrait pas y avoir d'accueil tout public en semaine, en tout cas dans un premier temps. Toutefois, une permanence «convivialité» se tiendra tous les samedi après-midi, de 14h à 17h, une exigence de Jean-Philippe Mauve, co-référent du centre pour la fédération Arc-En-Ciel. «Quatre bénévoles par mois accueilleront le public sur ces tranches horaires. Un bureau confidentiel est aussi à la disposition des personnes qui ont besoin de se confier, de parler de problématiques plus intimes.»

Bibliothèque et abonnements
Expos, brochures et flyers seront à la disposition des visiteurs, ainsi qu'un accès wifi gratuit, un minibar, une télévision grand écran et un lecteur Dvd. Une bibliothèque et des abonnements aux magazines TÊTU et Causette, aux quotidiens Le Monde et La Dépêche du Midi sont aussi prévus. Le 17 mai prochain, des animations ponctuelles seront organisées dans le centre pour la journée contre l'homophobie. En revanche, le comité d'animation ne prévoit rien à l'occasion de la marche des fiertés qui bénéficie déjà d'une bonne visibilité et d'un village associatif place du Capitole. A terme AIDES pourrait éventuellement profiter du lieu pour proposer des tests de dépistage rapides. En attendant, le rendez-vous est pris samedi 10 mars pour la première rencontre du public toulousain avec son Espace de la diversité et son centre LGBT.

25 FEVRIER 2012 - BRIGITTE GOLDBERG UNE TRANS CANDIDATE

Par Le 01/03/2012

25 FEVRIER 2012 –

Brigitte Goldberg: La trans qui vise la présidence

Trans et militante LGBT, Brigitte Goldberg se présente à la présidentielle. Une candidature symbolique pour peser sur la gauche et rappeler au PS ses promesses.

Elle sait qu'elle ne sera pas élue, mais elle aura tenu plus longtemps que Christine Boutin. Pour quelques jours encore, Brigitte Goldberg est candidate à la présidentielle. Sa particularité: elle représente le parti Avenir 2012, issu du collectif LGBT Trans Europe, et elle est elle-même trans. D'emblée, elle balaie tous soupçons de communautarisme autour de son projet: «Notre parti porte des valeurs de respect, de liberté, d'égalité, pour les LGBT comme pour tous. Ce sont des valeurs républicaines.»

Pas «folklorique»
Si elle refuse de s'auto-proclamer porte-parole «d'une communauté politiquement diverse», son programme en matière de droits LGBT est un des plus denses et friendly de tous les candidats en lice. Elle promet notamment le droit au mariage, à l'adoption, à la PMA ou encore à la Gestation pour autrui. «Nous avons une vraie légitimité pour ces questions, nous sommes quand même le premier parti à avoir une candidate trans, estime-t-elle. Je souhaite également améliorer les droits des trans, faire de la lutte contre le sida une Grande cause nationale et combattre toutes les discriminations à l'Education Nationale».

Et son programme va au-delà des questions LGBT. Elle martèle que sa candidature n'est pas «folklorique». Pour prouver que son but n'est pas d'amuser la galerie médiatique, elle insiste sur les heures de travail que lui impose sa campagne et qui la poseraient en candidate «crédible». Bavarde, elle disserte à l'envi sur le mandat de Nicolas Sarkozy et ses airs de «Titanic», le déficit commercial, ou les remèdes qu'elle prescrirait au pays pour soigner son économie et éradiquer le chômage. Un programme en 18 points qu'elle revendique clairement à gauche.

Engagements précis
Si cette ancienne militante associative est motivée, elle n'est pas inconsciente. Emménager à l'Elysée n'est pas dans son agenda et sa candidature s'éteindra le 16 mars, date limite pour déposer 500 parrainages auprès du Conseil constitutionnel. Elle savait d'avance cette mission impossible et a préféré l'épargner à ses troupes. «Ça ne servait à rien de dépenser du temps et de l'argent pour un objectif que nous ne pouvions pas atteindre», évacue-t-elle. Le but de sa campagne paraît donc ailleurs. «Nous voulons être la mouche du coche du PS, explique-t-elle. En période de campagne, nous entendons toujours de nombreuses intentions, mais au moment de gouverner, les questions LGBT deviennent la cinquième roue du carrosse. Nous attendons de la part de la gauche des engagements précis et des délais pour l'adoption des lois». Elle affirme avoir eu, il y a quelques semaines, des contacts avec des proches de François Hollande, qui seraient maintenant aux abonnés absents. A l'avenir, elle se verrait pourtant bien secrétaire d'Etat d'un gouvernement de gauche, «pour mener une mission précise, sans doute en lien avec les droits LGBT. Ce serait la première fois qu'une personne trans intégrerait un gouvernement. C'est aussi un de mes objectifs: changer l'image des trans, toujours associée aux bas résilles et au bois de Boulogne.»

En attendant ce très hypothétique maroquin, elle peine à imposer sa candidature, dans l'opinion et parmi les homos. «C'est normal, mon nom n'est pas proposé dans les estimations de vote», se justifie-t-elle. Tetu.com le fait dans son sondage en ligne mensuel. Elle s'y retrouve dernière, scotchée à 0,2% des suffrages. «La communauté LGBT ne perçoit pas encore la nécessité d'un parti pour défendre ses droits, tente-t-elle. Les associations, dont beaucoup font un travail formidable, se disent apolitiques et restent très divisées. Pour peser, il faut être regroupé». Pas sûr qu'en 2012, le regroupement se fera autour d'elle...