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LUTTE CONTRE LA MISERE ET LA PAUVRETE

UN DES PRIORITES DE NOTRE ASSOCIATION

Mise à jour le 01 septembre 2016

 

Nous parlons tous de pauvreté. Mais qu’est-ce que vraiment la pauvreté ? Pour nous une personne pauvre, c’est quelqu’un qui vit avec pratiquement rien, voir même rien du tout, sans qu’il puisse se nourrir, se loger, se réchauffer pendant l’hiver, mais aussi se doucher et même se soigner, sans pouvoir se tenir debout, sans pouvoir vivre la tête haute, sans dignité, dans la honte de demander de l’aide à autrui et dans la peur d’être constamment jugé et pointé du doigt.

D’après l’Insee en 2016, une personne est considérée comme pauvre, lorsque son niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie moyen de la population. Ces 8,5 millions  de personnes correspondent à 14% de la population.

Aujourd’hui, 8,6 millions de Français vivent avec moins de 993 euros par mois (qui est le nouveau seuil de pauvreté avec un niveau de vie médian à 60% en 2014). On situe à 5 millions de personnes avec moins de 830 euros (niveau de vie médian à 50% en 2014), ce qui inclut évidemment ceux qui touchent le RSA, que ce soit seul mais aussi en couple, mais également ceux qui touchent l’allocation adulte handicapé car ils touchent 800 euros par mois.

La pauvreté touche en premier lieu les enfants, les adolescents et les jeunes adultes (20-29 ans) dont plus d’un sur dix est pauvre. Parmi les 4,7 millions de pauvres au seuil de 50 % du niveau de vie médian, 1,7 million (plus du tiers du total) sont des enfants et des adolescents. 

Certains jeunes entre 16 et 25 ans en France vivent dans la galère et la précarité, soit car ils sont déscolarisés, sans travail, ni formation, sans logement, sans aucun soutien voir même rejetés par leur proches, et surtout sans argent car ils ne perçoivent pas au minimum le RSA socle. Les jeunes ont aussi beaucoup de difficultés à accéder à un emploi, car trop de criteres, ou pour certains pas de diplomes ou pas de permis de conduire ! Les formations ne sont pas suffisantes pour subvenir aux besoins d'un jeune.

La notion « d’enfants pauvres » cache la pauvreté des parents. Les enfants pauvres le sont parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement des temps de travail (temps partiel, intérim, CDD, etc.). 

Les plus de 60 ans sont moins souvent concernés. 4,7 % d’entre eux sont pauvres, et ils constituent 12 % des personnes pauvres. Ce qui ne signifie pas pour autant que leur situation soit moins grave : une partie de ces personnes, notamment en milieu rural, survivent avec de très bas revenus. On le dit rarement, mais les plus âgés sont dans une situation particulière qu’il faut prendre en compte : il est très peu probable que leur situation évolue, alors que les plus jeunes peuvent toujours espérer un avenir meilleur.

Les femmes sont 2,6 millions à être pauvres au seuil à 50 % du niveau de vie médian, soit tout de même 360 000 de plus que les hommes. Elles représentent 54 % des pauvres. Une partie d’entre elles sont des femmes à la tête d’une famille monoparentale. Un million de personnes vivant dans ce type de famille sont pauvres avec un taux de pauvreté de 21,7 %. 3,2 % de personnes qui vivent dans un couple sans enfant sont pauvres, mais c’est le cas d’une personne seule sur dix. Les couples avec enfants sont moins souvent pauvres que la moyenne (6,5 %), mais ils sont très nombreux (1,9 million) et représentent 40 % des personnes pauvres.

Enfin pour finir, trop de personnes dans le monde vivent avec à peine un dixième de ce qu’on peut toucher au minimum en France, (c’est à dire le RSA). Ces personnes qui meurent de faim (qui sont obligés de travailler dur pour gagner un bout de pain), qui vivent dans des situations de logement misérables (au niveau hygiène et sécurité), d'autres qui ont tout perdu (suite à des intemperies, licenciement, divorce etc...).

La misère concerne le monde entier, et peut toucher n'importe qui d'entre nous !


6 enfants sur 10 craignent de connaître la pauvreté

Avant 1990, la pauvreté reculait tandis que depuis les années 2000, la tendance s’inverse et la pauvreté augmente.


66% d’entre nous ont un proche dans la pauvreté

9 Français sur 20 estiment que leurs enfants ont plus de chance de connaitre la pauvreté qu’à leur époque. Heureusement, d’innombrables organismes bénévoles donnent leur temps et leur énergie pour la lutte contre la pauvreté.

 

Trois millions d'enfants pauvres en France

Mais seulement 1,2 millions selon l'Observatoire des Inégalités. Ces 1,2 million d'enfants de pauvres vivent dans un environnement modeste où les revenus sont insuffisants pour vivre décemment dans une société riche comme la France". Enfants de pauvres, parce qu'enfants de chômeurs ou de travailleurs mal rémunérés

 

 

La précarité sociale, une discrimination enfin reconnue en France

Cette discrimination a enfin été reconnue en France depuis juin 2016

La raison sociale est la situation que vous occupez dans la société en raison de votre revenu, de votre métier ou de votre niveau de scolarité. Par exemple : être retraité, sans-abri, étudiant, bénéficiaire de l’aide sociale ou de l’assurance emploi.

En France nous comptons 2,4 millions de logements vacants, alors qu’il y a à ce jour 140.000 SDF qui souffrent dans les rues. Trouvez-vous normal au 21eme siècle, que des gens dorment et meurent dans la rue, alors qu'il y a des logements vides qui peuvent etre utiles et sauver des vies (notamment en hiver)? Chaque année, nous pouvons éviter pres de 500 morts dans les rues

D'autre part, lorsque nous touchons le RSA, c'est moralement invivable. On perd tout !! Ses amis, sa dignité et sa fierté !! Pour certains, c’est même devenu une honte, car en échange on y gagne du rejet, des jugements, de l’isolement, d’être rabaissé par les autres, mais aussi de la perte de confiance en soi.

Parmi les autres cas de discrimination à l’égard des personnes précaires, la CNCDH cite notamment les problèmes d’accès aux soins, des médecins refusant des rendez-vous à des bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), les refus de location immobilière, d’inscription à la cantine ou de livraison de colis par la Poste en raison de la seule adresse. Pour la Commission, il est important que des sanctions pénales soient prononcées pour ces comportements discriminatoires.

Des études montrent aussi et confirment que la partie la plus fragile de la population a malheureusement encore aujourd'hui une très grande difficulté à demander ses droits, ceci du à la méconnaissance des droits mêmes et des structures par ces personnes, aux difficultés administratives ou encore à des difficultés à fournir tous les justificatifs, notamment de résidence. On estime à 35% le taux de non recours pour le dispositif du RSA socle, et à  68% ce même taux pour le complément d'activité du RSA, ce qui représente d'une manière cumulée près de 5,2 milliards d'euros par an. Les trois-quarts des ménages, soit 75% des foyers pouvant prétendre à l'aide pour la Complémentaire santé n'en ont pas fait la demande

Lorsque l'on prend en considération le nombre d'expulsions sans relogement et les conditions de vie catastrophiques dans lesquelles vivent certaines populations, aggravant des états de santé déjà délabrés par une existence misérable, et la recrudescence de maladies comme la tuberculose, la coqueluche ou encore la rougeole, on peut s'interroger sur la manière dont la société abandonne définitivement ses pauvres, en leur refusant à tout point de vue l'accès au circuit du droit commun.

Concernant également le logement, on remarque aisément que les obligations de l’État ne sont pas respectées, puisque seulement 39% du contingent préfectoral sont employés pour le relogement des bénéficiaires du DALO. Pire, l'autorité préfectorale, en méconnaissance totale de ses obligations, autorise, sans relogement, l'intervention de la force publique pour l'expulsion de personnes pourtant prioritaires au DALO. 

La France, est signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et a l’obligation d’aider les parents à donner à leurs enfants un niveau de vie suffisant, notamment par un logement adapté  (article 27 de la Convention), 600 000 enfants, en France, connaissent des conditions de logement particulièrement précaires (absence de logement, insalubrité ou surpeuplement

La pauvreté expose aussi au placement des enfants, mesure qui devrait pourtant n’intervenir que quand elle est strictement nécessaire. Or l'expérience montre que souvent cette mesure est une privation inutile, injustifiée et illicite. Dans 90% des cas de placement, la famille vit en dessous du seuil de pauvreté,

Dans tous les domaines de la vie cités, le refus d'appliquer le droit commun aux plus pauvres n'est pas lié à des circonstances spécifiques. L'origine sociale est la seule cause qui explique ce traitement différent. Les personnes pauvres n'ont pas le droit d'être décemment logées, soignées comme tout le monde, d’accéder à l'école comme tout le monde, ou encore d’être respectées comme adultes responsables, ou dans leur rôle de parents

Donc !! Oui la pauvreté est une discrimination de plus qui, au fil de la crise économique que nous traversons, se fait de plus en plus criante. La pauvreté n’est pas très appréciée dans une société, pour ne pas dire rejetée.

Il y a d’abord la peur ! Une peur presque panique à regarder en face cette misère qui pourrait être la nôtre. Parce que chacun a conscience que son destin pourrait basculer du jour au lendemain par suite de maladie, licenciement, divorce, enfin ce que l’on appelle un accident de la vie. Oui, nous sommes tous des pauvres potentiels !

Comme tout ce qui fait peur, finit souvent par le rejet. Non seulement la pauvreté suscite de l’anxiété, mais également de la méfiance et de l’aversion. Les pauvres sont souvent considérés comme des boulets, des pompes à prestations ! Et ce n’est pas tout… Ils sont suspectés de fainéantise ! Oui, pensent d’aucuns, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils sont paresseux, ils préfèrent profiter des minima sociaux plutôt que d’aller bosser.

La pauvreté n’est pas une fatalité ; beaucoup sortent de la misère par un retour à l’emploi et c’est là qu’est le nœud du problème. Le chômage de masse retarde un retour à meilleure fortune, pendant que de nouveaux pauvres viennent grossir les rangs.

Dans la pauvreté, le pire est le découragement… Beaucoup finissent par baisser les bras à force de se battre, sans aucun résultat. Parce que la plongée dans la misère est plus rapide que sa sortie, elle provoque de la détresse, des rancœurs, de la violence…

Lorsqu'on recherche un emploi. Lors d’un entretien à l’embauche, il est constaté que certains CV sont souvent ignorés lorsqu'ils sont rédigés par des demandeurs d'emploi précaires. 1.400 CV envoyés, 30% de différences dans les réponses

Parmi les personnes en situation de précarité, la grande pauvreté désigne notamment les chômeurs de longue durée dans l'incapacité de retrouver un emploi stable et/ou suffisamment rémunéré. Cette exclusion du marché de l'emploi se double souvent d'une exclusion sociale chronique et d'une misère matérielle. Les personnes souffrant de grande pauvreté sont mal logées, manquent des produits de première nécessité, qu'il s'agisse de l'alimentation, de l'hygiène, des vêtements. Souvent, elles sont encore fragilisées par des problèmes de santé, par des accidents de la vie -divorce, perte d'un proche, voire par des addictions comme l'alcoolisme

Mais pour les pauvres, il semble que nos sociétés aient du mal à se rendre à l'évidence, tant les préjugés sont ancrés.

Cette forme de discrimination s'est intensifiée en France depuis une dizaine d'années.

 

CONCERNANT LE MAL LOGEMENT

Un chiffre-choc en 2016 : la France compte 3,8 millions de personnes sont mal-logées en France, selon la Fondation Abbé Pierre. Parmi elles, 900 000 n'ont pas de logement personnel.

Sur ces 900 000 personnes, quelque 650 000 sont contraintes d'habiter chez un tiers, dont une partie croissante (+19% en dix ans) d'adultes retournant résider chez leurs parents, faute de moyens.

Nous comptons également plus de 12 millions de personnes qui sont fragilisées par la crise du logement. Dont 1,2 million de locataires qui chaque année, sont menacés d'expulsion (en raison d'impayés de loyers ou de charges)

Pour finir, nous comptons environ 150000 SDF en France chaque année, qui vivent dans la rue, dans des habitations de fortune ou hebergées dans des hotels.

Avoir un logement est un droit, mais le confort est une chose que tout le monde ne peut pas se permettre. 7% des foyers ne peuvent garder leur logement à bonne température, 10% ne peuvent inviter des amis et 11% ont un logement mal insonorisé.


1% des logements ne sont pas équipés d’eau courante

Ni eau courante, ni douche, ni WC. Un réel inconfort pour les 1% qui subissent un manque d’hygiène conséquent.

 

 

NON AUX EXPULSIONS PENDANT LES TREVES HIVERNALES

Créée par une loi de 1956, après l'appel de l'abbé Pierre à l'hiver 54, la trêve hivernale des expulsions locatives met à l'abri chaque année, pendant quelques mois plusieurs milliers de familles locataires menacées d'éviction pour impayés. 

La trêve hivernale est définie par l'article L 613-3 du Code de la construction et de l'habitation comme une période pendant laquelle on ne procède à aucune expulsion locative (« on sursit à l'exécution d'un jugement d'expulsion »). En pratique, cela signifie que l'on ne peut pas mettre les gens à la rue pendant l'hiver.

Toutefois, il existe des exceptions. L’expulsion est possible si :  - une solution de relogement dans des conditions suffisantes a été trouvée ; - l’occupant du logement s’y est installé illégalement et n’a pas de contrat de location ;  - le logement fait l’objet d’un « arrêté de péril », autrement dit n’est plus habitable en l’état.

Les expulsions concernent majoritairement des familles aux revenus modestes, touchées par un accident de la vie (perte d'emploi, maladie, séparation), qui les met en difficulté pour payer leur loyer.

Ces impayés ne concernent que 2,5% des loyers. Ils sont la conséquence "des loyers trop chers et de la pénurie de logements", affirme la Confédération nationale du Logement, qui aide les locataires.

Selon la Fondation Abbé Pierre, les décisions judiciaires d'expulsions pour impayés ont augmenté de 37% depuis dix ans pour s'établir à 120.000 en 2013. Et les expulsions effectives par la force publique ont doublé, pour atteindre près de 13.000 cas. Mais comme de nombreux ménages n'attendent pas l'intervention des forces de l'ordre pour quitter les lieux, souvent en catimini, c'est "plutôt 40 à 45.000 familles qui sont touchées par une expulsion"

 

L'exclusion de l'expulsion pendant la trêve hivernale

L'article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution donne un sursis de plein droit aux décisions d'expulsion passées en force de chose jugée, pour l'exécution des mesures d'expulsion pendant la trêve hivernale. Ainsi, aucune mesure d'expulsion ne peut être exécutée du 1er novembre au 15 mars de l'année suivante (31 mars en 2013). Toutefois, le bénéfice de la trêve hivernale est exclu :

  • pour les occupants dont le relogement est assuré « dans des conditions suffisantes respectant l'unité et les besoins de la famille » ;

  • pour les occupants sans titre qui sont entrés dans les locaux par voie de fait ;

  • pour les occupants d'un immeuble ayant fait l'objet d'un arrêté de péril ;

  • pour le conjoint violent dont l'expulsion a été ordonnée par le juge aux affaires familiales sur le fondement de l'article 220-1 du Code civil ;

  • pour les occupants de locaux spécialement destinés aux logements d'étudiants (CROUS), lorsque ces occupants ne répondent plus aux conditions d'octroi de ces logements.

À partir du mois d'avril de chaque année, les expulsions pourront à nouveau être mises en œuvre par un huissier, ce dernier devant se présenter au logement les jours ouvrables entre 6 heures et 21 heures.

 

Comment se déroule une procédure d'expulsion en terme général??

L'expulsion ne peut avoir lieu qu'après une décision judiciaire, et seulement du 1er avril au 30 octobre, entre 6h et 21h. Le propriétaire qui procède lui-même à l'éviction de son locataire est passible de trois ans de prison et 30.000 euros d'amende.
Lorsqu'un locataire ne paye plus son loyer, le propriétaire doit lui adresser par huissier un "commandement à payer". Au bout de deux mois, le propriétaire peut saisir le tribunal d'instance.

Si le juge décide de l'expulsion -il peut accorder un délai de 3 mois à 3 ans-, le jugement est porté à la connaissance du locataire par l'huissier qui lui remet "un commandement à quitter les lieux", avec deux mois de délai.

S'il ne part pas, l'huissier demande au préfet le recours à la force publique. Après avoir étudié la situation sociale du locataire, le préfet peut accepter ou non, mais aussi accorder un délai. Les familles reconnues prioritaires DALO (droit au logement opposable) ne peuvent théoriquement être expulsées sans relogement.

 

Comment se déroule l'expulsion ?

Après autorisation de la force publique, la date est décidée avec les forces de l'ordre. Un avis est envoyé au locataire. S'il n'a pas organisé son déménagement, ses meubles sont placés le jour J dans un garde-meuble ou laissés sur place (il devra contacter l'huissier pour les récupérer). Le locataire emporte avec lui des affaires et la serrure est changée.
Le délai entre le premier loyer impayé et l'expulsion est en moyenne de 15 mois, selon la Chambre nationale des huissiers de justice.

 

Lutte contre la fin de la treve hivernale

Le 1er avril est "synonyme de peur au ventre" pour des milliers de personnes, ont dénoncé plusieurs associations (Fondation Abbé Pierre, Croix-Rouge, Armée du Salut, etc.), réunies en collectif. Les associations demandent "un moratoire" des expulsions pour mettre en place "une vraie politique de prévention", tout en dédommageant les propriétaires.

40 à 45.000 familles menacées chaque année, La cause des expulsions, ce sont "des loyers trop chers",

Parallèlement, commence un mouvement de remise à la rue de SDF qui ont été abrités pendant l'hiver dans les 16000 places d'hébergement temporaires, qui vont fermer progressivement avec les beaux jours

Un certain nombre de places d'hébergement, dans des gymnases, des salles de mairie, sont ouvertes dès qu'il fait froid. Elles se referment dès que les températures remontent. Et bon nombre de personnes mises à l'abri par grand froid repartent vers leur bout de trottoir sitôt le redoux pointant. Rien ne leur est proposé, faute de places d'hébergement pérennes. Le Collectif Les Morts de la Rue rappelle que la vie à la rue tue !!

 

LES SDF EN FRANCE

Un SDF n'est pas exactement un sans-abri. Les sans-abri sont des personnes privées de logement. Les personnes sans domicile fixe (SDF) en France sont des personnes ne bénéficiant pas d'une adresse postale pour l'administration.

Le nombre de SDF a augmenté de 50% en dix ans. Et les profils se sont diversifiés : outre les familles, dont le nombre a bondi, on retrouve de plus en plus de jeunes à la rue, des demandeurs d'asiles, et des malades psychiatriques

Autre triste réalité : l'INSEE rapporte en mars 2016 que ces deux dernières années : 7 000 SDF sont morts dans nos rues !! 11000 SDF se sont suicidés et on évoque même jusqu'à 200.000 tentatives de suicide.

Selon le collectif des Morts de la rue : 448 SDF sont morts dans l'année 2015 (ils avaient 48 ans en moyenne d'âge). Malheureusement ce chiffre ne reflète pas vraiment la triste réalité !!

Selon le baromètre du 115 (recensé dans 47 départements). En 2015 : près de 87 300 demandes d’hébergement d’urgence ont été faites au 115. 22 300 individus ont demandé un hébergement d’urgence, 9 900 personnes sont restées sans solution soit près de 45% des demandes. Les familles ont été « très nombreuses » à solliciter le 115 qui représentent 41 % de l’ensemble des personnes ayant composé le numéro d’urgence, soit 2 800 familles accompagnées de plus de 4 900 enfants. 47 % des familles n’ont jamais été hébergées suite à leurs diverses demandes. 45% des familles sont hébergées principalement vers un hôtel

Selon un chiffre inquiétant en juillet 2016 : 55% des appels au 115 n'ont jamais abouti avec comme excuse : "Il n' y a plus de places !!" (en parlant des hebergements d'urgence). En fermant au printemps des structures d'hébergement ouvertes l'hiver, quand le froid est mordant, les pouvoirs publics remettent de fait une partie des précaires sur les trottoirs, comme si les sans-abris étaient moins importants en été.

En janvier 2016 : un chiffre encore plus inquiétant : En un mois, 10000 SDF ont été déboutés de leur demande d'hébergement en plein hiver,

Autre constat en 2016 : une hausse de 6% en un an du nombre des 18-24 ans, qui n'ont pas accès à des prestations sociales telles que le RSA et sont victimes de "la crise du logement

3 personnes sur 4 pensent que si les sans-abri n’arrivent pas à s’en sortir, et que c’est de leur faute. Sans doute parce qu’ils n’ont jamais été confrontés eux-même à la rue !!

10% des travailleurs pauvres, qui ont un emploi, ne peuvent pas malgré tout se loger.

Une partie des SDF sont des étrangers récemment immigrés : ils ont besoin d'hébergement, pas de logement. Une autre partie sont des personnes plus ou moins désocialisées, qui ont besoin d'hébergement d'urgence, avec des soins et de l'accompagnement. Pour ces personnes, le problème n'est pas celui du logement, mais d'abord celui d'un espace qu'elles puissent s'approprier − une chambre, un cabinet de toilette, la non-remise à la rue chaque matin −, alors que l'hébergement d'urgence demeure encore trop souvent le dortoir pour la nuit. Certes, il faut davantage de logements sociaux et très sociaux, mais c'est un autre problème que celui de l'errance et de la rue. 

L’hébergement d’urgence en période de grand froid est devenu un sujet de discorde entre les travailleurs sociaux, qui sont au quotidien au contact de la précarité, et les pouvoirs publics, qui subventionnent les places d’accueil et pilotent le dispositif en fonction d’impératifs météorologiques. A côté des centres ouverts à l’année, des chambres d’hôtel réservées au long cours, certaines structures d’accueil ouvrent en hiver et ferment au printemps. Sans vraiment se préoccuper du devenir des personnes accueillies jusque-là. Généralement ils rebasculent dans la rue.

Santé des SDF 

Les principales pathologies des sans-abri sont liées à la malnutrition et notamment aux carences en vitamine C et en calcium : anémie, hémorragies, troubles neurologiques ou cardio-vasculaires, fractures. Le manque de suivi médical empêche la prévention de maladies bien traitées comme le diabète ou l'hypertension. À ceci s'ajoute une forte consommation d'alcool et de tabac, entraînant des maladies cardiovasculaires, des cancers ORL et des cirrhoses. 

En 2010, les chiffres ont été terribles : 30 à 50 % des personnes sans domicile fixe (SDF) ont été atteintes de très graves maladies psychiques : schizophrénie ou troubles bipolaires sévères. Des personnes livrées à elles-mêmes, sans soins, désocialisées et souvent atteintes d'alcoolisme et de toxicomanie. «Or, on sait aujourd'hui que ces trois facteurs multiplient par huit le risque de délinquance et de criminalité avec des conséquences graves, d'abord pour ces malades eux-mêmes, mais aussi pour les autres»

Dans 80% des cas, les sans-abri connaissent une mort violente. Il y a les agressions, ou les vols, par exemple … 

Certains peuvent aussi attraper des maladies chroniques et aussi le stress : « Quand on vit dehors, on a peur tout le temps, quelle que soit la saison. On ne dort pas et il y a beaucoup de conséquences aux addictions aux anxiolytiques et à l'alcool pris pour canaliser l'angoisse. » 

Concernant l'alcool : « Le problème de l'alcool consommé par grand froid, c'est que les gens sont souvent en hypoglycémie et s'intoxiquent. Ils ont l'impression de se réchauffer mais c'est tout le contraire : l'alcool fait chuter la température du corps. » 

Pour le médecin, « plus que l'alcool, c'est le non-suivi des traitements qui est le plus problématique quand on vit à la rue ». 

Les sans-abri meurent de maladies chroniques dont on ne meurt pas quand on a une vie normale. 

D'autres peuvent mourir d'épilepsie, diabète, surinfections qui ne guérissent pas, gangrènes etc .... 

Autres facteurs de mortalité -quoique souvent liés- : les dépressions et psychoses, très courantes chez les gens de la rue. Et la psychose entraîne une diminution de l'espérance de vie de vingt ans. Quand on est schizophrène à la rue, on cumule donc ces vingt ans de moins et les conséquences d'une vie passée à la rue. 

Selon une étude menée en 2009 par plusieurs associations auprès des sans-abri, 58 % des SDF souhaiteraient davantage de lieux d'hygiène. La moitié plébiscitent aussi des espaces d'aide à leurs démarches administratives. Les sans-abri souhaiteraient par ailleurs que les divers services qui leur sont destinés (hébergement, orientation, santé...) soient regroupés en un lieu unique. La demande de soin est, elle aussi, pregnante : 48 % des personnes interrogées attendent que les équipes mobiles leur proposent une offre de soin et 41 % estiment que le système de santé est difficile d'accès. Cette étude conclut surtout que 79 % des sans-abri sont en quête de réconfort, physique et moral 

Plus qu'un hébergement, les sans-abri réclament du réconfort physique ou moral. C'est ce qui ressort d'une consultation effectuée auprès de ce public par six associations. 52 % des SDF dénoncent ainsi le manque d'intimité des centres d'hébergement d'urgence, 46 % regrettent qu'ils soient peu propices au repos et 38 % critiquent leur hygiène et le manque de sécurité. 

La recherche de réconfort autant physique et moral est énoncée par 79 % des SDF. Ce résultat traduit l'isolement très fort dont souffrent les sans-domicile fixe. 

Le sentiment de rejet de la société est ainsi souvent vécu plus douloureusement que les inconvénients matériels de la vie à la rue.

  

Faisons nos devoirs citoyens !

Tout d'abord nous rappelons qu'un SDF est avant tout un être humain, qui a le droit de vivre au même titre qu'autrui, dans la dignité. La rue reste un endroit dangereux notamment la nuit, à cause de l'insécurité : vols, violence (avec ou sans armes), agressions, la météo aussi (jamais agréable de dormir sous la pluie et l'orage).

Les sans domicile fixe affrontent quotidiennement les difficultés de la rue. Le froid n'est pas la seule préoccupation des SDF. Il est injuste et anormal de laisser un être humain dehors, dormir dans la rue, avec le moindre risque d'insecurité (la pluie ou l'orage, risque d'agressions, les vols, etc ....) .

En tant que citoyen, lorsque vous trouvez un SDF dehors, ne pas le rejeter comme un malpropre. N'hesitez pas à offrir 5 minutes de votre temps, pour lui parler, l'ecouter, et le soutenir. Un café chaud, une soupe chaude sont également les bienvenus

Si vous estimez que le SDF est en danger, N'hesitez pas à contacter le 115 (le samu social) ou meme le 15 !! Votre acte peut lui sauver la vie !

Un petit rappel important !! Chaque année en France, des centaines de SDF sont morts dans la rue. Nos gestes citoyens peuvent eviter cela !!

Notre association Equality souhaite malgré tout piquer un coup de gueule contre l'Etat : En France nous comptons 2,4 millions de logements vacants. L'Etat peut donc ouvrir certains logements vides de manière temporaire aux SDF pendant les grandes periodes de froid, dans le cas où il n'y a plus de places dans les hebergements d'urgence. Une solution logique et humaine, qui evitera des pertes humaines tragiques !

 

Date de dernière mise à jour : 03/02/2023