Articles de assoequality
25 FEVRIER 2012 - UN GROUPE FACEBOOK LGBT CONTRE LE PEN
23 FEVRIER 2012 -
Voici ce qu'on peut lire sur un groupe Facebook :
A une heure où, à l'instar de Vénussia Myrtil, une frange ultra-minoritaire des LGBT déclarerait se sentir proche de Marine Le Pen, un lien a circulé pas mal ces derniers jours. Il s'agit d'une publication tout à fait officielle du programme de campagne de la candidate du FN qui stipule noir sur blanc que son parti s'oppose à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels mais ne reviendra pas sur le PACS. Tollé, légitime, chez les associatifs et les médias LGBT. Tollé aussi chez les LGBT, parfois presque comme si c'était une découverte que le FN est homophobe...
Mais qu'attendaient-ils donc ?
Avons-nous tous désormais la mémoire si courte pour oublier que Marine Le Pen est la représentante d'un parti traditionnaliste, nationaliste, à tendance xénophobe ?
Ou sommes-nous tous devenus suffisamment stupides pour croire que la "modernisation du FN" par la fille de son président d'honneur et fondateur en ferait un parti fréquentable par les LGBT ?
Il y a sans doute chez les LGBT, comme dans le reste de la population, des personnes racistes, nationalistes, antisémites, islamophobes etc. Après tout, ce n'est pas parce qu'on est soi-même discriminé qu'on n'est jamais discriminant, ça se saurait. Il y a sans doute aussi chez les LGBT, comme dans le reste de la population, des déçus de la politique qui ne se retrouvent ni à gauche (au sens large), ni à l'UMP. Et puis il y a aussi tous ces LGBT qui ne se retrouvent pas dans la partie visible de la "communauté" LGBT, que ce soit parce qu'ils la trouvent un peu trop tapiole ou un peu trop militante, quand bien même elle s'appellerait Gaylib' et serait dûment estampillée à droite et pas forcément toujours très "queer".
Oubliant allègrement que le Front National, même policé en surface, même modernisé, est encore le parti de Bruno Gollnisch, d'extrêmistes nazifiant pires que lui (notamment de personnes qui estiment que, je cite, "On peut penser ce qu’on veut d’Adolf Hitler qui a effectivement fait quelques erreurs durant son mandat, mais lui au moins n’a pas eu besoin de se “dé-diaboliser” face à ses opposants pour se faire élire par son peuple et reconstruire l’Allemagne! Lui au moins, il avait un programme et des idées claires!”, Fin de citation*), certains déçus évoqués plus haut en viennent donc à perdre, au choix, tout esprit critique, tout amour-propre, toute notion de responsabilité, toute notion d'humanité, toute intelligence ou bien les cinq en même temps d'ailleurs... (NdA: Ce ne sont que des hypothèses, hein, je ne sais pas, puisque les raisons qui peuvent pousser un LGBT a voter FN me demeurent, personnellement, insondablement absconses. Alors, j'essaie d'imaginer comme vous le voyez.)
Bref, voilà qu'un jour, ceux là se posent cette question consternante pour au moins 82% de la population française (si on s'en tient au score chiraquien de 2002) : "Pourquoi pas Marine ?"
Marine Le Pen n'est pas une novice en politique. Inscrite au FN depuis 1986, elle en est devenue une candidate électorale dès 1992, à 24 ans. Juriste de formation, elle est avocate de 1992 à 1998 au barreau de Paris, année à laquelle elle devient conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais. Elle prend réellement son envol au sein du parti au soir du second tour de 2002, lorsque les médias la découvrent alors qu'elle remplace au pied levé un intervenant local du parti indisponible pour réagir au résultat. Comme son père c'est un animal politique et un tribun médiatique, d'une présence redoutable en plateau télé.
Deux fois divorcée, elle incarne, forcément, une aile du parti en rupture avec la frange "dure", la plus classique du FN, profondément traditionnaliste chrétienne antisémite et raciste. La logique idéologique aurait voulu qu'elle soit écartée de la direction du parti. D'ailleurs, certains s'y sont essayés. En vain. N'ayant pas d'autre formation politique où s'exprimer, ils filent droit sous sa direction, même s'ils n'en pensent pas moins (Pas difficile de tomber sur des forums éloquents quand ont fait des recherches sur le FN et c'est dingue tout ce qu'on peut y lire.).
Sauf que ses statuts de fille du fondateur du parti, de femme active et mère de famille, divorcée de surcroît et quelques positions atypiques au sein du FN sur la nécessité d'un Islam français, l'avortement, un slalom permanent entre l'anti-intellectualisme Lepéniste fondateur du FN et une forme d'intellectualisme orienté pro-FN (du même ordre réflexif que l'intellectualisme d'un Christian Vanneste) et surtout sa capacité à éviter les dérapages de langage coutumiers de son père ou de Bruno Gollnisch vont lui permettre de s'ouvrir les portes des médias plus que son père n'était jamais parvenu à se faire ouvrir.
Fascination malsaine pour tout ce qui est nouveau, souriant, jeune et dynamique d'un Landerneau très influent qui fonctionne sur le choc, le clivage, l'antagonisme et l'émotion forte pour se vendre et, sans toujours bien s'en rendre compte, vendre ceux dont ils parlent.
Et devant le succès médiatique de Marine, l'appareil du parti, sous l'impulsion du père, a été bien obligé de lui ouvrir également ses portes. Electoralisme oblige. En 2007, elle devient vice-présidente chargé des affaires intérieures, c'est à dire de la formation des cadres du parti, de la communication interne et externe et de la propagande.
Elle dit ne pas vouloir du mariage pour et de l'adoption par les couples homosexuels mais ne pas vouloir revenir sur le PACS (Ce qui fait de son programme, sans aucun doute et malgré le tollé d'indignation qu'il suscite, le programme le plus LGBT friendly de tous ceux présentés par le FN lors d'une élection depuis sa création en 1972.), mais il ne faut pas s'y tromper : derrière l'image et le discours cosmétiques et populiste de sa présidente le Front National, c'est toujours ce parti dirigé, par des bourgeois de profil fascisant, qui accueille très largement en son sein des éléments qui regrettent l'Occupation, la mise en quarantaine ou la déportation des juifs, des homosexuel(le)s (et vraisemblablement des transgenres), des opposants à son courant de pensée et le bruit des bottes.
Alors aux LGBT qui poussent des cris d'orfraie en "découvrant" à travers le programme bleu Marine, que le FN est un parti homophobe, je réitère ma question : mais à quoi vous attendiez vous donc d'un parti extrémiste ?
Et aux LGBT qui voudraient voter pour la blonde au sourire carnassier : si on vous demandait de courir un marathon, vous vous tireriez vraiment une balle dans le pied au préalable vous ?
Et si vous désirez en savoir plus sur le FN et/ou sur Marine Le Pen, vous pouvez consulter pendant une semaine encore l'excellent reportage de France Télévision : Marine Le Pen l'histoire d'une héritière.
* je m'en réfère à cet article d'Audrey Banegas, journaliste consciencieuse, publié sur Mediapart par Judith Silberfeld, autre journaliste consciencieuse, au sujet du cas Vénussia Myrtil cité en début d'article.
23 FEVRIER 2012 - HOLLANDE A LA RECH D' UN NOUVEAU SOUFFLE
23 FEVRIER 2012 –
François Hollande cherche un nouveau souffle
François Hollande n'a pas encore trouvé la pierre philosophale. Celle qui lui permettra non pas de changer le plomb en or mais de passer du rejet de Nicolas Sarkozy, qui le porte, à l'adhésion à sa personne, qu'il recherche. Le candidat socialiste l'expliquait d'ailleurs ce week-end en Corrèze: la présidentielle s'apparente à un référendum contre le président sortant. Mais il ajoutait: «Le référendum est un rejet et un choix.» Il espère que les Français se tourneront vers lui de manière positive: «Le choix est pour moi.» À l'heure où les deux camps observent l'évolution des sondages, François Hollande poursuit sa campagne sans vouloir s'inquiéter.
Pour l'instant, donc, ça ronronne. Le candidat socialiste décline son projet de manière thématique. Mercredi 22 février, il a rendu visite à l'association AC Le Feu, dans un squat parisien. Dans l'après-midi, il se trouvait dans l'Essonne pour parler de la recherche. Jeudi, il est en Mayenne pour évoquer les questions d'agriculture. La semaine prochaine, il sera au Salon de l'agriculture, puis ira à Londres. Souvent, le même cérémonial se répète, ou presque: entouré d'une nuée de journalistes, il décline ses propositions et éventuellement dit son mot sur la polémique du jour. Puis, parfois, il participe à une table ronde. Et, à la fin de la journée, il tient un meeting.
Sauf que, depuis une semaine, le contexte a changé, avec la candidature de Nicolas Sarkozy. La question se pose d'adapter la campagne socialiste… Officiellement, la réponse est non. «Nous avons notre propre rythme, notre propre temporalité», assure le porte-parole Bernard Cazeneuve. «Nous n'allons pas faire campagne en fonction de celle de Nicolas Sarkozy et de sa stratégie de Dark Vador: musique martiale, on brandit des lances… C'est le bruit, le tohu-bohu, l'agitation et la Guerre des étoiles en permanence.»
Le ton se durcit
Dans l'équipe Hollande, on assure néanmoins avoir anticipé cette «séquence Sarkozy». On entre dans une nouvelle phase», reconnaît la députée de l'Indre-et-Loire Marisol Touraine. «Après l'installation (à la suite de la primaire), après le lancement de la campagne (en janvier), on entre dans la phase de la confrontation. Il semble que l'on aille vers un match à deux.» C'est ce que pronostiquent les sondages qui placent en tête Hollande et Sarkozy. Le candidat socialiste s'attend-il à un rebond du chef de l'État? «Il va prendre un point avec les ralliements de Christine Boutin et Hervé Morin», relativisait-il, il y a quelques jours, en continuant d'insister, souvenir du 21 avril oblige, sur l'importance du premier tour.
Mais, autour de lui, on évite désormais de se fixer comme objectif d'être en tête le 22 avril et on relativise les conséquences d'une éventuelle inversion des courbes. «On peut être en tête au premier tour et ne pas avoir de réserve de voix pour le second», fait-on remarquer. Il faut tenir encore deux mois. Mais pas question pour l'heure de faire de nouvelles propositions. «Je pourrais en présenter d'autres mais je ne veux pas lasser», a prévenu Hollande mercredi en meeting à Évry, signe que la question est posée. Hormis quelques détails, par exemple, sur la décentralisation en mars, ou pour réagir à l'actualité. «Nous n'allons pas réécrire les 60 propositions, mais il n'est pas exclu qu'à tel ou tel moment de la campagne nous puissions exprimer des idées nouvelles», explique prudemment Cazeneuve. «Une campagne, ce n'est pas l'organisation d'une espèce de bouquet final permanent.»
Si le fond reste le même, le ton se durcit. Maintenant que Hollande a un adversaire qui lui répond, ses critiques en paraissent plus virulentes. Par exemple, la charge sur «l'impartialité de l'État». Avant l'entrée en lice de Sarkozy, il avait déjà envisagé des changements dans l'administration sans avoir beaucoup d'écho. Désormais, ses propos font polémique. Dans Acteurs publics, il dénonce «les nominations politiques, surtout au ministère de l'Intérieur et à la Chancellerie». Il n'en faut pas plus pour qu'à droite on s'indigne et qu'on l'accuse de vouloir mener «une chasse aux sorcières». Que François Hollande le veuille ou non, le paysage de la présidentielle a changé.
23 FEVRIER 2012 - VANNESTE NON EXCLU MAIS QUITTE L UMP
23 FEVRIER 2012 –
Vanneste n'est pas exclu mais quitte l'UMP
Le parti présidentiel n'a pas tout à fait tenu parole. Le bureau politique de l'UMP a évité d'exclure Christian Vanneste hier malgré la levée de bouclier provoquée la semaine dernière par les propos du député nordiste.
Christian Vanneste avait évoqué, sur un site internet, « la légende de la déportation des homosexuels en France » pendant la deuxième guerre mondiale, une thèse réfutée par les historiens.
En revanche, l'UMP a, comme prévu, décidé d'investir un autre candidat dans la 10e circonscription du Nord. C'est Gérald Darmanin, directeur de cabinet du ministre des Sports David Douillet, qui sera proposé à la commission des investitures le 28 février.
Mais le jeune Tourquennois, qui souhaite être « loyal » vis-à-vis de Christian Vanneste, affirme qu'il ne se présentera pas si le député sortant brigue un nouveau mandat sans l'UMP. Christian Vanneste a d'ailleurs annoncé hier soir qu'il quittait le parti de lui-même, content de « quitter un tel machin ».
22 FEVRIER 2012 - SARKOZY : 5 PROPOSITIONS, FRANCE FORTE
22 FEVRIER 2012 –
Sarkozy : 5 propositions pour une France forte
Ce 22 fevrier, Nicolas Sarkozy était l’invité de David Pujadas au journal télévisé de 20h de France 2. Dans une longue interview, le chef de l’Etat a avancé cinq propositions fortes car « pour qu’une campagne soit utile, il faut qu’il y ait une confrontation des idées. Les Français doivent avoir la possibilité de choisir entre des projets, entre des personnes, entre des tempéraments » a-t-il affirmé.
Réformer la prime pour l'emploi, tout d’abord. C'est la principale proposition du Président de la République alors que « cette prime ne marche pas » et que « reprendre un emploi doit toujours plus être plus payant que l’assistanat ». La méthode : alléger les charges sur les bas salaires, entre 1 200 et 1 400 euros nets par mois. Cela devrait permettre aux 7 millions de salariés concernés de « gagner 1 000 euros par an en plus ».
Deuxième proposition : donner du travail aux bénéficiaires du RSA. « Avec François Fillon, nous avons créé le RSA, il coûte 10 milliards d’euros à la collectivité et aide 1,8 millions de personnes. Il a rempli parfaitement son travail en matière de lutte contre l'extrême pauvreté ». Mais « le RSA n'est pas suffisant pour réintégrer les gens dans le travail ». C’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat propose désormais que les bénéficiaires du RSA sans aucune activité consacrent 7 heures de travail d’intérêt général par semaine, rémunérées au niveau du smic. C’est tout l’enjeu de la réinsertion dans le travail et « c'est la logique des droits et des devoirs » a t-il ajouté.
Troisième proposition : rendre publiques plus de données salariales de l’entreprise. Nicolas Sarkozy propose de rendre la politique salariale des entreprises plus transparente en rendant obligatoire la publication des écarts de salaire au sein d'une même société, en plus des salaires de ses dirigeants.
Quatrième proposition : faire de la troisième année du bac professionnel une année en apprentissage dans les entreprises. Le chef de l'État entend pour cela s'appuyer sur l'augmentation des quotas d'apprentis en entreprises, annoncée lors du sommet social au mois de janvier dernier. « Le travail, l’effort, le mérite, c’est la réponse à la crise » a-t-il expliqué.
Dernière proposition avancée par le Président de la République : interdire les retraites chapeaux et les parachutes dorés. C’est un appel à la responsabilité que le Président de la République a ainsi lancé alors même qu’« une partie des dirigeants ne veut pas comprendre que le monde a changé ».
C’est aussi un message de détermination et de totale implication que Nicolas Sarkozy est venu délivrer ce mercredi aux Français. « Je me suis engagé dans mes fonctions à un point que vous n’imaginez pas ». « Le jour où on imagine que l’échec n’est pas possible alors ce jour-là, dans sa vie professionnelle comme personnelle, on perd ce à quoi on est attaché. » A chacun de comprendre que c’est bien à la France forte que le Président de la République entend ne jamais renoncer.
22 FEVRIER 2012 - HOLLANDE EST IL LE CANDIDAT DE L EGALITE DES SEXES?
22 FEVRIER 2012 -
Hollande, candidat de l'égalité des sexes ?
Selon un sondage publié ce mercredi, les socialistes et leur candidat sont considérés comme les plus à même de promouvoir l'égalité hommes-femmes.
Le Parti socialiste et son candidat François Hollande apparaissent comme les mieux à même de «promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes», suivis du Front national de Marine Le Pen, selon un sondage Mediaprism pour l'organisation féministe Le Laboratoire de l'Egalité.
A la question «quel parti vous semble le plus promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes?», 22% des sondés répondent «le Parti socialiste» tandis que 15% estiment que c'est le Front national qui est en pointe dans ce domaine.
Vient ensuite Europe Ecologie/Les Verts, dont le candidat est aussi une femme, Eva Joly, avec 13% des sondés.
EELV est suivi de près par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon (12%), de l'UMP et du Modem (11% chacun) et de Lutte ouvrière dont la campagne est conduite par une femme Nathalie Arthaud (8%).
Viennent ensuite les autres mouvements écolos (comme Génération écologie), qui remportent l'adhésion de 4% des sondés, le Parti communiste (2%), le Nouveau centre, le NPA, le Parti radical, le PRG et le Mouvement pour la France (tous à 1%).
A la question de savoir : «Parmi les candidats ou probables candidats à l'élection présidentielle, laquelle ou lequel vous semble le plus à même de mettre en oeuvre l'égalité femmes-hommes ?», c'est François Hollande qui arrive en tête (23%), suivi de loin par Nicolas Sarkozy (14%).
Ce dernier est suivi de près par Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (13%), puis par Eva Joly (12%).
Viennent ensuite Jean-Luc Mélenchon (10%), Corinne Lepage (8%), Christine Boutin (5%), qui a, depuis l'enquête, retiré sa candidature, Dominique de Villepin (1%) et de Philippe Poutou, du NPA (1%). Nicolas Dupont-Aignan comme Hervé Morin (qui n'est plus candidat) font un score de 0%.
Pour autant, 74% des personnes interrogées estiment que l'égalité «n'est pas une idée marquée politiquement», contre 23% qui la jugent «plutôt de gauche» et 3% «plutôt de droite».
Enquête réalisée par internet du 6 au 10 février auprès d'une communauté de 1 186 internautes, échantillon redressé de façon à assurer la représentativité des répondants (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle, lieu de résidence).
22 FEVRIER 2012 - VANNESTE CRITIQUE L UMP DE CEDER AUX MEDIAS GAYS
22 FEVRIER 2012 –
Christian Vanneste critique l'UMP
qui a annoncé son retrait de la vie politique
Le député UMP du Nord Christian Vanneste en veut aux dirigeants de l'UMP d'avoir annoncé, mercredi 22 février, qu'il allait "quitter la politique".
Le bureau politique de l'UMP devait se prononcer, mercredi matin, sur son exclusion à la suite des propos tenus sur "la légende de la déportation des homosexuels en France". "Il nous a informés qu'il renonçait à son investiture et il nous a donné sa parole d'homme qu'il allait quitter la politique", ont annoncé en début de réunion Jean-François Copé, le secrétaire général du parti, et Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint. Cette décision de M. Vanneste suspend de ce fait la procédure d'exclusion qui devait être engagée à son encontre.
"Copé a déformé mes propos !", proteste le principal intéressé. Selon Marc-Philippe Daubresse, "Bernard Gérard, secrétaire fédéral UMP du Nord, a eu une longue conversation avec Vanneste. Il a dit qu'il allait se retirer de la compétition législative et qu'il quittait l'UMP. Donc acte. Si c'est vérifié, il n'y a plus lieu d'exclure. Si cela n'est pas vérifié, Jean-François Copé en tirera les conséquences."
M. Copé, lui, indique que "Christian Vanneste a fait connaître à Marc-Philippe Daubresse et Bernard Gérard, secrétaire fédéral UMP du Nord, son intention de ne pas solliciter l'investiture de l'UMP aux prochaines élections législatives. En conséquence, l'UMP a investi un nouveau candidat : Gérald Darmanin."
"UN POIS CHICHE DANS LA TÊTE"
"J'ai bougrement envie de quitter ce marigot le plus rapidement possible", reconnaît Christian Vanneste. "En novembre, j'ai déjà fait savoir mon intention de mettre un terme à ma carrière parlementaire, mais l'UMP a insisté pour me retenir. Aujourd'hui, l'exécutif du parti veut m'exclure et utilise depuis une semaine tous les moyens pour faire pression sur moi et me faire partir. Je considère que ce n'est pas des manières et un manque de respect pour un vieux militant. Ce n'est pas au secrétaire général de l'UMP [Jean-François Copé] de prendre cette décision à ma place."
"Je prends mon temps pour rendre mes décisions et j'ai prévu de rencontrer ce soir les militants et cette semaine plusieurs maires", précise Christian Vanneste. "La méthode utilisée pour m'évincer n'est pas digne", poursuit le député, avant de lancer à l'intention du patron de l'UMP : "Il a un pois chiche dans la tête et pas la carrure d'un homme d'Etat."
"LA PUISSANCE MÉDIATIQUE DU LOBBY GAY"
"Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", avait assuré Jean-François Copé mercredi 15 février. Sur TF1, Nicolas Sarkozy avait assuré quelques heures plus tard que "tout ce qui peut paraître de près ou de loin de l'homophobie, je l'ai en horreur".
M. Vanneste avait reproché à l'UMP de céder à "la puissance médiatique du lobby gay". "S'ils sont assez bêtes pour obéir à un lobby, ils commettront une erreur".
21 FEVRIER 2012 - L ASSEMBLEE NATIONALE VOTE OUI A LA TVA SOCIALE
21 FEVRIER 2012 –
L'Assemblée vote le texte créant la "TVA sociale"
Les députés français ont adopté mardi par 301 voix contre 207 le projet de loi de finances rectificative pour 2012 qui prévoit notamment la création d'une "TVA sociale". Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté ce "collectif" budgétaire que le Sénat examinera à son tour mercredi.
Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté ce "collectif" budgétaire que le Sénat examinera à son tour mercredi.
Les groupes PS et Front de gauche ont voté contre. L'opposition de gauche avait mené une longue bataille contre le texte, défendant un à un ses nombreux amendements après avoir tenté, en vain, de soumettre la "TVA sociale" à référendum.
Ce "collectif" budgétaire présenté par la ministre du Budget Valérie Pécresse reprend les principales mesures annoncées le 29 janvier par le président Nicolas Sarkozy.
Ainsi, outre la mise en place au 1er octobre prochain de la "TVA sociale", il prévoit la création au 1er août prochain d'une taxe sur les transactions financières, des annulations de crédits à hauteur de 1,2 milliard d'euros et une hypothèse du taux de croissance pour 2012 ramenée de 1 à 0,5%.
Le projet de loi prévoit également de supprimer les cotisations patronales affectées à la protection sociale -à hauteur de 13,6 milliards d'euros- et de les compenser par une hausse de 1,6 point de la TVA, à 21,2%, ainsi qu'une augmentation de deux points de la CSG sur les revenus du capital.
Cette mesure, qui avait été rejetée en commission des Finances faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité, devrait s'appliquer au 1er octobre, après les élections présidentielle et législatives du printemps.
Un amendement prévoit que les achats de biens immobiliers sur plan resteront taxés à 19,6% si le contrat de vente a été signé avant le 9 février 2012, date de la présentation de ce texte en Conseil des ministres.
Le texte entérine également la création d'une taxe sur les transactions financières d'un taux de 0,1% qui s'appliquera dès le 1er août à toutes les transactions réalisées sur des actions de sociétés cotées dont le siège social est en France et dont la capitalisation est supérieure à un milliard d'euros.
Un amendement UMP-NC exonère de cette taxe les achats d'actions dans le cadre des dispositifs d'épargne salariale.
Ce "collectif" budgétaire comporte par ailleurs une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre la fraude fiscale, propose des dispositions visant à développer les formations en alternance et fixe à 84,9 milliards d'euros le déficit prévisionnel pour 2012.
Il prévoit en outre un versement de 6,5 milliards d'euros au futur Mécanisme européen de stabilité (MES), destiné à se substituer en juillet au Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Ce projet de loi devrait être définitivement adopté par le Parlement avant le 7 mars, date à laquelle députés et sénateurs interrompront leurs travaux pour cause de campagne électorale.
21 FEVRIER 2012 - BERNARD DEBRE - HOMOPHOBE OU PAS?
21 FEVRIER 2012 –
Bernard Debré:
«Une lopette, cela n'a rien à voir avec un homosexuel»
Le député UMP de Paris, en voulant dénigrer François Hollande, l'a comparé à une «lopette», un terme clairement homophobe. «Le retour du refoulé» réagit le militant David Auerbach Chiffrin.
Sa «grande gueule», il l'assume et même la revendique, en participant régulièrement à l'émission de radio du même nom, sur RMC. Mais cette fois, le député de Paris Bernard Debré (UMP) ne semble pas complètement la maîtriser, puisque assure ne pas comprendre le sens des mots qu'il a lui-même prononcés.
«On avait tous considéré qu'Hollande était une lopette»
Vendredi dernier, lors de cette émission, le député UMP s'exprimait sur la candidature de François Hollande à la présidentielle. «On avait tous (…) considéré qu'Hollande était une lopette, en disant c'était rien du tout, que c'était un ectoplasme, il va s'effondrer, eh bien pas du tout», a-t-il lancé.
Aussitôt, le collectif d'associations Total Respect–Tjenbé Rèd avait dénoncé l'usage du mot «lopette», et «s'indigne de ces propos, qui suivent de peu les nouvelles provocations homophobes de Christian Vanneste (autre député UMP), explique-t-il dans un communiqué. Elle proposera dans les meilleurs délais à son conseil fédéral de porter plainte en justice contre M. Debré.» L'association a déjà saisi le CSA.
«Je n'ai rien à voir avec Christian Vanneste»
L'équipe de campagne socialiste n'a pas souhaité réagir directement. En déplacement dans son fief de Corrèze, François Hollande, interrogé par la presse sur la violence de la campagne, a répondu vendredi: «Je ne veux pas me mettre à ce niveau (…) parce que je considère que ça finirait par lasser les Français.»
Le site du Parisien, en revanche, a obtenu Bernard Debré une précision sur le terme de «lopette», en niant le caractère homophobe de ce mot. «Une lopette, cela n'a rien à voir avec un homosexuel, a-t-il déclaré. On est complètement givrés maintenant! Arrêtons avec la censure des mots et surtout de leur donner un mauvais sens. Ne me comparez surtout pas à Christian Vanneste, je n'ai rien à voir avec ce type.» Le député UMP a voté contre le mariage des homosexuels et s'est prononcé pour le retrait des manuels scolaires évoquant l'identité de genre, et s'était fortement opposé en 2005 à la tenue des Gay games à Paris.
«Il faudra lui offrir un dictionnaire»
«Si Bernard Debré ne connaissait pas le sens de ce mot, c'est bien le seul, réagit David Auerbach Chiffrin, le porte-parole de la fédération Total Respect. C'est étrange, c'est pourtant un homme cultivé. Admettons, il faudra se cotiser pour lui offrir un dictionnaire.»
Le militant pointe, à raison, que «péjoratif» pour «homosexuel» est précisément la première définition fournie par les dictionnaires pour le mot «lopette» – il provient même du terme «lope» utilisé au 19e siècle pour dénigrer les homosexuels! David Auerbach Chiffrin écrit encore: «J'y vois une sorte de retour du refoulé de la part de M. Debré (…), mal dissimulé par le “tous contre Vanneste” soudainement entonné par l'UMP alors que l'intéressé tient constamment le même genre de propos depuis 2004.»
21 FEVRIER 2012 - ROYAUME UNI : ECOLES DROIT PROMOUVOIR HOMOPHOBIE
21 FEVRIER 2012 –
Au Royaume-Uni, les écoles ont le droit de promouvoir l'homophobie
Les termes de l'Equality Act, la loi sur l'égalité de 2010, conduisent en Grande-Bretagne à un étrange paradoxe. Les écoles peuvent promouvoir l'homophobie en classe mais doivent la punir en cours de récré...
Les écoles Britanniques doivent réprimer les actes homophobes. En revanche, rien ne leur interdit d’encourager l’homophobie. Un beau paradoxe. C’est pourtant ce qu’a affirmé le ministre de l’Education, Michael Gove, la semaine dernière. Début 2012, le président de la Fédération des syndicats britanniques (TUC) a interpellé le ministre. Il venait d’appendre qu’un livret homophobe avait été distribué dans une école du Lancashire, au nord de l’Angleterre, par un pasteur américain en 2010. La réponse du ministre a été claire: «La clause de l’Equality Act de 2010, qui condamne toute discrimination basée sur (...) l’orientation sexuelle, ne s’applique pas aux enseignements. Tout support utilisé dans les cours d’éducation sexuelles et relationnelles ne sont, par conséquent, pas soumis à cette clause».
Les écoles peuvent donc légalement s’appuyer sur des textes condamnant l’homosexualité, comme ce livret: «Masculinité pure: comment devenir l’homme que Dieu veut que tu deviennes». A l’intérieur on peut y lire: «L’acte homosexuel est une maladie, (il va) à l’encontre du projet de Dieu».
«L’acte homosexuel est une maladie»
Les Faith Schools (écoles religieuses), qui sont environ au nombre de 8.000 au Royaume-Uni, sont donc contraintes à l'hypocrisie puisqu’elles peuvent enseigner que l’homosexualité est condamnable mais doivent punir l’élève qui maltraite un de ses pairs à propos de sa sexualité réelle ou supposée. Toutes les écoles du pays, religieuses ou laïques, sont dans la même situation.
Pour Tony Fenwick, co-président de l’association «LGBT History Month», la déclaration du ministre signifie que «les établissements peuvent échapper à la loi et discriminer les personnes LGBT à travers leurs enseignements». Selon le Guardian, la controverse actuelle prouve que l’éducation sexuelle n’est pas encadrée de façon cohérente au Royaume-Uni. Le quotidien ajoute qu’un programme visant à en définir les objectifs a été mis au panier avec le changement de majorité, en mai 2010.
Deux tiers des élèves gays victimes d’actes homophobes
Le Premier ministre David Cameron avait pourtant, lors de la campagne, estimé que les écoles devaient enseigner «l’importance de légalité, qu’on soit homo ou hétéro». Le Syndicat national des enseignants britanniques avait, au printemps dernier, dénoncé le manque d’efforts effectués par les Faith Schools pour condamner l’homophobie: «Certaines de ces écoles se pensent au-dessus des lois et agissent en fonction de leurs croyances religieuses».
Selon l’association LGBT Stonewall, deux-tiers des élèves gays du pays auraient été maltraités à cause de leur sexualité, et 41% d’entre eux auraient été agressés physiquement.
20 FEVRIER 2012 - L EGALITE DES DROITS N EST PAS UNE MODE
20 FEVRIER 2012 –
L'Inter-LGBT répond à Nicolas Sarkozy:
«L'égalité des droits n'est pas une mode»
Hier lors de son premier grand meeting de campagne, Nicolas Sarkozy a déclaré, sur les questions de la famille et du mariage, ne pas vouloir «sacrifier notre identité à la mode du moment». «Inquiétant», juge le porte-parole de l'Inter-LGBT.
«L'égalité des droits n'est pas une mode», ont rétorqué hier des associations de défense des droits des homosexuels à Nicolas Sarkozy qui, dans son discours de Marseille, a jugé qu'il ne fallait pas «sacrifier à la mode du moment» concernant des sujets comme la famille et le mariage. «Considérer que c'est une mode du moment, c'est mépriser les citoyennes et les citoyens qui aspirent à plus d'égalité», a déclaré Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT. Pour lui, «une société qui laisse de côté des milliers de familles homoparentales au nom des convictions de quelques-uns, ce n'est pas une république qui protège», a-t-il ajouté.
Un argument de campagne
«La famille, le mariage restent des repères, des références profondément ancrées dans notre conscience collective et qui font partie de notre identité. Nous ne voulons pas que l'on sacrifie notre identité à la mode du moment», a déclaré le président-candidat lors de son premier grand meeting de campagne. Dans un entretien au Figaro Magazine le week-end dernier, M. Sarkozy disait qu'il n'était «pas favorable» au mariage homosexuel ou à l'adoption par des couples de même sexe.
Le discours d'hier «est dans la droite ligne» de cette interview, a estimé Nicolas Gougain. «Simplement, le fait que Nicolas Sarkozy enfonce le clou montre qu'il a apparemment décidé d'en faire un argument de campagne, et c'est inquiétant», a-t-il jugé.
«Cela se fera avec ou sans Sarkozy»
«Ce sont un peu les mêmes arguments qu'on a entendus dans les années 1970, quand Valéry Giscard d'Estaing voulait réformer le divorce, en créant le divorce par consentement mutuel», a par ailleurs noté Emmanuel Blanc, président de Gaylib, cercle de réflexion gay dans l'UMP. Les adversaires «disaient qu'on allait fragiliser la famille, mettre en péril la société et que ça allait être une catastrophe en cette période de crise», a-t-il poursuivi, estimant «assez cocasse de la part de Nicolas Sarkozy» de ressortir ces arguments.
«Mais Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas cédé, parce qu'il a cru que c'était un bien pour la société française de se moderniser». «VGE a été visionnaire», selon le président de Gaylib, «convaincu que l'ouverture du mariage à tous les couples, y compris homosexuels, se fera». «Cela se fera avec ou sans Nicolas Sarkozy. Il a choisi de ne pas le faire, ce sera donc sans lui, en 2012 ou en 2017», a-t-il conclu.
17 FEVRIER 2012 - VANNESTE SE DEFEND PAR UNE LETTRE
17 FEVRIER 2012 –
La lettre de Christian Vanneste aux députés UMP
et la leçon qu’il faut en tirer.
D’après le site extrémiste Nouvelles de France, Christian Vanneste aurait fait parvenir une longue lettre aux députés UMP, suite à la menace d’exclusion qui pèse sur lui. Dans un dernier accès de délire paranoïde, il s’en prend directement à GayLib et aux Jeunes pop, et en particulier à Benjamin Lancar.
Cher(e)s Collègues,
Comme vous le savez, je suis attaché aux valeurs de la famille traditionnelle dans notre civilisation, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris position depuis longtemps contre les revendications du lobby gay. Celui-ci, très influent au sein de notre mouvement, avec Gaylib et les cadres des jeunes pop, cherche à tout prix mon exclusion, au mépris de la liberté d’expression et des valeurs qui ont toute leur place dans un mouvement issu du gaullisme, de la démocratie chrétienne et du libéralisme.
C’est ainsi que Monsieur LANCAR a osé déclarer dans Têtu : « VANNESTE n’a rien à faire chez nous », moi qui suis à l’UJP depuis 1968 et n’ai jamais quitté ma famille politique.
M. LANCAR a par ailleurs dit tout le bien qu’il pensait de Pierre LAVAL. Il n’a pas été exclu.
Gaylib a critiqué les valeurs défendues et les choix opérés par le Président Nicolas SARKOZY dans son entretien au Figaro Magazine. Il a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Président pour les prochaines élections. J’espère que les menaces d’exclusion qui pèsent sur moi ne sont pas la contrepartie nécessaire à son ralliement.
Depuis des années, je combats un lobby qui fait du mensonge systématique son arme favorite. C’est dans cet esprit que j’ai procédé au rappel des faits. S’il y a eu une déportation des homosexuels en Allemagne (30 000 ou 40 000) et en Alsace Moselle (210), il n’y en a pas eu dans le reste de la France. Cette communication, faite sur un site catholique, avait deux mérites.
D’abord, celui de répondre à l’attente d’un public dont je suis naturellement proche, et qui doit pouvoir soutenir notre candidat. Ensuite, celui de s’en tenir strictement aux données réelles du problème. Le seul argument qui a pu m’être opposé a reposé sur une étude plus récente, qui évoque non pas 210, mais 63 déportés, dont 7 en territoire occupé. Il n’est pas sûr que ces derniers aient été déportés en raison de leur homosexualité.
Les faits que j’évoque sont donc avérés, ce ne sont pas des jugements de valeur, mais un simple rappel historique. Ils ne remettent nullement en cause la déportation, mais uniquement son extension à la France non annexée. Serge KLARSFELD confirme entièrement mes propos et trouve ridicule qu’on parle d’exclusion à propos de quelqu’un qui s’est contenté de rappeler les faits. Car le problème est là : a-t-on le droit à l’UMP de s’opposer aux revendications du lobby gay ? Oui, puisque le Président s’est lui-même prononcé. Peut-on énoncer des faits afin de dénoncer la désinformation pratiquée par le lobby ? A l’évidence, oui, car on ne peut pas condamner la vérité.
A plusieurs reprises, j’ai déjà été victime de ces procédés, qui consistent à me condamner publiquement, sans m’avoir lu ou écouté, sans même avoir pris contact avec moi.
Je considère que ma fidélité au mouvement mérite davantage de respect. L’UMP est un parti de droits et de devoirs, je ne pense pas avoir trahi notre philosophie politique.
Bien à vous,
Christian VANNESTE – Député du Nord
Cette lettre, pleine d’outrance grossière et de menaces tous azimuts, nous montre cependant que Christian Vanneste est suffisamment rusé pour savoir nuire sans s’exposer à être puni par la loi. Les associations LGBT, et les citoyens soucieux de lutter contre ce genre de personnage prêt à tout, ne doivent pas se laisser embarquer dans le petit jeu de Christian Vanneste.
En effet, c’est contre l’ensemble de l’interview donnée par Vanneste que doit porter l’indignation des LGBT et des citoyens français. Il ne s’agit pas seulement d’ergoter et de pinailler sur le nombre de déportés pour homosexualité appartenant à telle ou telle zone géographique. Sur ce plan-là, Vanneste aura toujours beau jeu de dire que les historiens débattent, et qu’il parle de bonne foi. En revanche, comme beaucoup l’ont déjà remarqué, les propos qui entourent ces déclarations sont proprement abjects, et ne visent qu’à attiser la haine de la population contre les LGBT. C’est donc pour l’ensemble de l’interview (qui dure 20 minutes !), et non seulement pour ses propos sur la déportation, que Vanneste doit être exclu de l’UMP.
Notons qu’un autre type de lettre est en train de circuler à l’UMP : il s’agit de lettres-types à envoyer en tant que militants et sympathisants de l’UMP pour s’opposer à l’exclusion de Vanneste.
Enfin, parmi les trois commentaires que cette lettre a suscités sur le site Nouvelles de France, soulignons l’élégance et la pertinence du second commentaire :
Bravo pour la pertinence de vos propos concernant le lobby des excités du trou de balle.
Ne serait-ce pas un commentaire homophobe, et dûment réprimé par la loi ?
17 FEVRIER 2012 - NOUVELLE PRESIDENTE DE SOS HOMOPHOBIE
17 FEVRIER 2012 –
Elizabeth Ronzier:
«SOS homophobie va continuer de se développer en région»
INTERVIEW. Tout juste élue à la tête de SOS homophobie, Elisabeth Ronzier veut poursuivre le travail de l’association, notamment son développement en région. L'association interpelle aussi les candidats à l'élection présidentielle.
TÊTU: Vous venez d’être élue à la tête de SOS homophobie. Quel a été votre parcours associatif?
J’ai commencé à militer pour les causes LGBT il y a huit ans, au sein de l’association étudiante HBO (Homos et bis d’Orsay), puis j’ai rejoint l’Inter-LGBT. J’ai notamment participé à l’organisation de la Marche des fiertés LGBT et à la commission politique. Il y a deux ans, j’ai adhéré à SOS Homophobie, avant tout pour me rapprocher du terrain et apporter mes connaissances juridiques (Elisabeth Ronzier est doctorante en droit, NDLR) aux victimes de LGBT-phobies.
Quelles seront les priorités de votre mandat?
Ces deux dernières années, SOS a connu un développement incroyable, passant de 200 à 600 membres. Depuis deux mois, grâce à une campagne sur les réseaux sociaux, nous avons encore enregistré 250 nouvelles adhésions. Cette croissance a permis de développer nos activités en région et nous avons maintenant des délégations dans la plupart des grandes villes. Notre priorité est de solidifier cette présence sur l’ensemble du territoire. Si elles le souhaitent, les victimes peuvent être orientées vers ces délégations régionales, dont les coordonnées sont disponibles sur notre site internet.
«Le nombre de témoignages que nous recevons sur la ligne d’écoute ne faiblit pas.» La nouvelle équipe a également à cœur de prendre en compte toutes les dimensions des LGBT-phobies. Nous nous intéressons autant aux gays qu’aux lesbiennes, aux bis et aux trans. Nous développons également de nouvelles plages d’accueil de notre ligne d’écoute, qui aide et conseille les victimes, et dont les appels constituent la base de notre rapport annuel. La ligne est ainsi ouverte en nocturne un lundi par mois de 22h à minuit et, en plus du téléphone, nous proposons maintenant des tchats écoute sur notre site.
Poursuivrez-vous les actions de sensibilisation en milieu scolaire?
Oui. SOS homophobie a reçu un agrément national pour intervenir auprès de classes de collèges et de lycées. C’est capital de lutter contre les LGBT-phobies dès le plus jeune âge et de déconstruire les clichés à l'heure où ils se forment. En 2010-2011, nous avons mené des réunions dans plus de 350 classes, dont la moitié en Ile-de-France. Plus de 7.000 élèves ont ainsi été sensibilisés. Par ailleurs, nous animons un site internet à destination des jeunes gays, lesbiennes, bis et trans, cestcommeca.net.
L'homophobie marque-t-elle un recul en France?
Non, toujours pas! Le nombre de témoignages que nous recevons sur la ligne d’écoute ne faiblit pas et demeure aux alentours de 1.500 par an. Internet reste un défouloir pour les homophobes et beaucoup nous signalent encore des actes homophobes dans les lieux publics. Les agresseurs se sentent encore la légitimité d'agir aux yeux de tous, souvent en toute impunité. Cela doit pousser à approfondir le travail de prévention. Et à l’approche des élections, nous attendons que tous les partis clarifient leurs engagements pour lutter contre les discriminations et en faveur de l’égalité des droits. Les citoyens doivent pouvoir voter en connaissance de cause.
17 FEVRIER 2012 - FILLON DEMANDE L EXCLUSION DE VANNESTE
17 FEVRIER 2012 –
François Fillon: «Il faut exclure Christian Vanneste de l'UMP»
Sans être précis sur le traitement qu’il entendait lui réserver, Nicolas Sarkozy avait fermement condamné le dérapage homophobe du député Christian Vanneste mardi. Ce matin sur RTL, François Fillon a dit souhaiter son exclusion de l'UMP.
François Fillon s'est à son tour exprimé sur le cas Christian Vanneste, en déclarant ce matin sur RTL qu'il fallait «exclure» le député de l'UMP après ses propos niant la déportation d'homosexuels français durant la Seconde guerre mondiale. «Il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels (...) Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu une répression et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés, mais il n'y en a pas eu ailleurs», avait déclaré le député du Nord dans une vidéo en ligne sur la site catholique libertépolitique, ajoutant qu’«il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France». Des propos qui avaient provoqué un tollé, tant à gauche que dans sa propre famille politique.
«Arrêter ces polémiques qui blessent»
Le député, habitué des dérapages homophobes, pourrait être exclu mercredi prochain de l'UMP et perdre son investiture aux législatives. «Il faut l'exclure pour les propos qu'il a tenus et il faut arrêter ces polémiques qui blessent des catégories entières de la population française et qui divisent», a déclaré le premier ministre. «Ce n'est pas la première fois que les choses se produisent», a-t-il rappelé, concluant: «Il faut qu'on en tire toutes les conséquences».
Mardi soir, lors de l'interview de déclaration de sa candidature sur TF1, Nicolas Sarkozy avait dû réagir à la polémique. Sans se montrer précis sur le traitement qu’il entendait réserver à Christian Vanneste, il avait déclaré qu’il avait «en horreur» «tout ce qui peut paraître de près ou de loin de l'homophobie. Par conséquent, on n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au 21e siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas».
15 FEVRIER 2012 - LE REFUGE LANCE UN APPEL AU SECOURS
15 FEVRIER 2012 –
Le Refuge lance un appel au secours
«Nous avons une vingtaine de jeunes dans la rue en ce moment sur Paris», s’inquiète Nicolas Noguier, le président de l’association Le Refuge qui propose un hébergement temporaire aux jeunes LGBT en rupture familiale. L’hiver est toujours une période particulièrement difficile, les grands froids de ces dernières semaines sont venus aggraver la situation.
«Les dispositifs gérés par l’association sont saturés, l’association est confrontée à une liste d’attente alarmante. Aujourd’hui, nous devons tous nous unir afin qu’aucun jeune ne dorme dans un hall d’immeuble, à la rue ou au domicile d’une personne mal intentionnée, indique l’association qui en appelle à la solidarité. Par déontologie et par nécessité d’un accompagnement social et psychologique, les jeunes ne peuvent être orientés chez des particuliers. Ils sont orientés vers des structures hôtelières.»
Pour apporter votre aide ou faire un don, rendez-vous sur le site de l’association ou appelez le 06 31 59 69 50.
Suite à ça, le président du Refuge appelle l’Inter LGBT et ses membres au dialogue :
Pour ceux qui ne connaissent pas, l'Inter-LGBT est une fédération d'associations franciliennes de lutte contre l'homophobie.
Son porte-parole use et abuse de commentaires perfides, notamment via Facebook.
Cela mériterait d'être anodin mais cela devient pesant pour nous qui travaillons jour et nuit et perturbe notre travail auprès des jeunes de plus en plus nombreux.
Néanmoins le dialogue reste toujours notre priorité et par souci d'ouverture et de travail en partenariat, nous ouvrons la porte et demandons au président de la fédération et aux associations qui la composent de venir nous rencontrer et échanger avec les jeunes, le jeudi 15 mars 2012 à 17h
15 FEVRIER 2012 - L UMP VA EXCLURE VANNESTE POUR PROPOS HOMOPHOBE
15 FEVRIER 2012 –
L'UMP exclura Vanneste après ses propos sur les homosexuels
PARIS (Reuters) - L'UMP a annoncé mercredi l'expulsion prochaine du député du Nord Christian Vanneste pour avoir tenu des propos "intolérables" niant la déportation d'homosexuels en France pendant la Seconde Guerre mondiale.
Lors de sa traditionnelle réunion du mercredi, le bureau politique de l'UMP "à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos profondément choquants et intolérables, a déclaré le secrétaire général Jean-François Copé.
Il a ajouté que l'exclusion de Christian Vanneste de l'UMP serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion du bureau politique, le 22 février, "et naturellement, cela va de soi, la suspension immédiate de son investiture pour les législatives".
Un candidat de l'UMP sera investi dans sa circonscription pour qu'il n'y ait "aucune ambiguïté", a-t-il dit.
Christian Vanneste a dit ne voir "aucun motif d'exclusion", affirmant n'avoir fait que "citer des faits". "Je condamne évidemment fermement la déportation des homosexuels", a-t-il dit sur Europe 1, dénonçant la pression d'un "lobby".
Le député s'est emporté contre ses collègues de l'UMP. "Je commence à en avoir assez de leurs manières de parler d'exclusion à tout propos, sans jamais engager de dialogue pour essayer de comprendre ce que j'ai dit."
Membre de la Droite populaire, l'aile "dure" de l'UMP, Christian Vanneste avait fait l'objet de poursuites en 2006 et 2007 pour des propos homophobes, mais sa condamnation a été annulée par la cour de cassation. Cette décision avait provoqué la consternation des associations à l'origine des poursuites.
Il s'est exprimé cette fois dans une vidéo diffusée par le site internet Liberté Politique, animé par une association chrétienne.
Interrogé sur les sondages indiquant qu'une majorité de Français est favorable au mariage homosexuel, il répond que ce résultat est le fruit d'un "bourrage de crânes" dû au fait que les homosexuels sont surreprésentés dans le monde médiatique, ce qui leur permet de faire progresser leurs idées avec un "art consommé de la déformation systématique des faits".
62 DÉPORTÉS EN FRANCE
Qualifiant l'homosexualité de "refus de l'autre", Christian Vanneste cite à titre d'exemple "la fameuse légende de la déportation des homosexuels".
"En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés. Et il n'y en a pas eu ailleurs (...) Il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France", dit-il.
GayLib, mouvement de défense des homosexuels associé à l'UMP, a été le premier à réclamer son exclusion.
"On ne peut que s'indigner, on ne peut qu'être choqués", a réagi Catherine Michaud, secrétaire générale de GayLib, assimilant les propos de Christian Vanneste à ceux de Jean-Marie Le Pen qualifiant les chambres à gaz de "point de détail".
D'autres personnalités de l'UMP ont condamné le député du Nord, dont la ministre chargée de l'apprentissage, Nadine Morano, qui a déclaré en bureau politique : "Il faut le virer ! Ce n'est pas possible qu'il porte nos couleurs".
Chef de file de la Droite populaire, le ministre des Transports Thierry Mariani a lui aussi pris ses distances avec l'élu, déclarant: "Je ne peux me résoudre à le laisser continuer à s'engager, s'agissant de la question de l'homosexualité et des homosexuels, sur le terrain de la provocation permanente et, désormais, sur celui du négationnisme."
Louis Aliot, le numéro deux du Front national, a lui aussi désapprouvé le député.
"Je pense qu'il faut que Monsieur Vanneste relise un peu ses livres d'Histoire", a-t-il dit sur France 2.
Pour Delphine Batho, porte-parole du candidat socialiste François Hollande, les propos de Christian Vanneste "sont non seulement homophobes mais aussi négationnistes."
L'historien Mickaël Bertrand, qui a dirigé un ouvrage collectif sur la déportation pour motif d'homosexualité, estime à 62 en France le nombre de "déportés qui ont été envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité".
"Cela ne signifie pas pour autant que des centaines d'homosexuels français n'ont pas été déportés en tant que juifs, communistes et/ou résistants", écrit-il sur son blog.
14 FEVRIER 2012 - COMMUNIQUE GAYFREE - COMBAT POLITIQUE
Communiqué Gayfree du 14 février 2012 :
Présidentielle 2012 - Gayfree dans le combat politique
Notre association Gayfree en ce début d'année 2012 se consacre aux elections présidentielles et législatives 2012. En aucun cas nous donnerons notre consigne de vote. Nos axes seront : l'égalité des droits pour tous, la lutte contre toutes les formes de discrimination, les droits fondamentaux (logement, emploi, santé).
Au mois de fevrier notre association entrera en campagne. Nous nous présenterons evidemment pas en tant que candidats, mais notre but etant de sensibiliser les candidats politiques a notre maniere sur les combats que nous menons.
Nous voulons egalement adresser un message aux grandes associations et aux federations LGBT. Nous vous soutenons à 100% concernant la campagne "Egalité LGBT 2012", nous remarquons un début d'union entre associations LGBT, nous en sommes ravis. Toutefois ne mettez pas l'ecart les petites associations LGBT qui ont autant de volontés et de punch que les grandes associations pour faire avancer les combats LGBT.
Un message maintenant aux candidats aux présidentielles, nous avons remarqué les avis partagés des candidats sur le mariage gay et l'adoption homoparentale. En 2012, l'homosexualité en France n'a pas l'air encore d'etre au gout de tous, contrairement aux Etats Unis qui petit a petit montrent l'exemple. En France, ils sont presque tous forgés : "Le mariage est l'union entre un homme et une femme" " contre l'homoparentalité pour la stabilité de l'enfant qui doit etre elevé avec une mere et un pere". En france, les mentalités n'evoluent pas, nous continuerons a montrer que etre homosexuel, c'est un homme et une femme comme un autre capable de faire les choses comme tout le monde.
Nous voulons egalement sensibiliser sur le suicide chez les jeunes, toujours aussi inquietants et qu'il ne faut pas negliger. Nous voulons egalement sensibiliser sur la montée des agressions homophobes, qu'il faut éradiquer, nous demandons entre autre une meilleure sécurité par la police, et des condamnations exemplaires pour toute agression homophobe (quelle que soit le support, musique, livre, television, films, radios etc... ) par la justice en France. Nous demandons aussi une meilleure sécurité sur internet face à la montée en puissance des actes homophobes et discriminatoires sur le net, incitant à la haine et violence ( que ce soit sur les reseaux sociaux, videos, blog, forum, etc...)
Concernant le combat contre les discriminations, il y a eu certains progres, mais pas encore suffisants. Notamment sur les rejets des etrangers venant en France. Nous sommes evidemment contre les abus administratifs, et contre les profits au niveau social. Seulement que nous soyons Francais ou etrangers, noirs ou blancs, quelle que soit notre race ou notre origine, nous restons avant tout des etres humains, et non des dechets a jeter comme des malpropres.
Concernant les droits fondamentaux, le logement est un droit fondamental, tout le monde a droit à un logement avec des loyers à prix raisonnables et non hors normes (notamment pour les personnes avec de faibles revenus), le combat contre la misere doit reprendre, il faut baisser le taux de la pauvreté en France. Combattre le mal logement, que tout le monde ait un logement decent et convenable.
Concernant l'emploi, l'acces à l'emploi n'est pas suffisant, il est toujours difficile de trouver facilement un CDD ou CDI, notamment quand il y a des obligations derriere (permis B, experiences professionnelles, diplomes). Le chomage augmente, les licenciements continuent, et à coté tres peu de moyens d'avoir un emploi facilement. Les formations obligatoires peuvent etre un tremplin pour les demandeurs d'emploi, mais ne suffisent pas pour avoir un emploi stable et durable par la suite. La retraite à 62 ans c'est honteux !! Et Pourquoi pas baisser les salaires tant qu'on y est???
La crise economique est bien là !! Les francais sont prets a faire des efforts, mais ne pas non plus demander trop d'efforts !! La hausse possible d'une TVA condamne autant les plus riches que les plus pauvres, les impots sur les revenus augmentent, l'electricité et le gaz augmentent, tout augmente. A force les francais ne pourront plus vivre voir etre obligés de faire des credits pour pouvoir survivre, non ce n'est pas une bonne solution.
Concernant la santé, nous souhaitons que les handicapés obtiennent la CMU, il est impensable que les handicapés avec de faibles revenus, presque sans aide sociale à coté, doivent payer une mutuelle pour se soigner, c'est inconcevable.
Notre association Gayfree, se battra jusqu'au bout dans tous ces domaines, que ce soit contre l'homophobie, contre les discriminations et les contre les exclusions.
Ecrit par les membres du Bureau de Gayfree le 14 fevrier 2012
14 FEVRIER 2012 - SOS HOMOPHOBIE ENTRE EN CAMPAGNE
14 FEVRIER 2012 –
SOS homophobie entre en campagne
A l’occasion de la Saint-Valentin, SOS homophobie organise sa première action de médiatisation en amont de l’élection présidentielle. Des militant-e-s sillonneront les rues de Paris pour passer la bague au doigt des passant-e-s. L’action se terminera à 19h sur le parvis de l’Hôtel de Ville. L’association invite toutes celles et tous ceux qui revendiquent le droit des couples homos à se marier à se joindre à ce rassemblement, où des couples de même sexe se passeront à leur tout la bague au doigt (les célibataires sont les bienvenu-e-s et pourront trouver un-e partenaire sur place).
D’autres actions suivront chaque semaine, qui s’inscrivent dans la mobilisation de SOS homophobie tout au long de la campagne présidentielle et s’articulent autour du questionnaire que l’association a envoyé aux candidat-e-s. Les 12 questions:
1. Légaliserez-vous le droit au mariage dans sa forme actuelle pour les couples de même sexe?
2. Instaurerez-vous l’égalité des droits dans l’accès à la parentalité pour toutes et tous?
3. Ajouterez-vous l’identité de genre aux critères de discrimination reconnus par la loi?
4. Porterez-vous le délai de prescriptions pour les injures dans le cadre privé à 12 mois?
5. Inclurez-vous explicitement l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les motifs ouvrant droit au statut de réfugié-e?
6. Donnerez-vous les moyens à un organisme public de lutter efficacement contre l’homophobie et la transphobie sur Internet?
7. Ouvrirez-vous le don du sang aux homosexuels?
8. Mettrez-vous en place un plan national de prévention spécifique sur la santé sexuelle des lesbiennes?
9. Inclurez-vous dans les programmes scolaires la sensibilisation à la diversité des relations amoureuses et à la question du genre, et ce dès l’école primaire?
10. Formerez-vous vous le personnel de l’Aide sociale à l’enfance pour qu’il détecte l’homophobie et la transphobie dont peuvent être victimes les adolescent-e-s dans leur famille?
11. Demanderez-vous officiellement aux entreprises de mettre en place des formations de lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes LGBT au travail?
12. Inscrirez-vous dans la formation initiale des agent-e-s de la fonction publique un module de sensibilisation à l’homophobie et à la transphobie?
Pour chaque question, SOS homophobie demande le délai de mise en œuvre en cas de réponse positive et les propositions des candidats en cas de réponse négative. À suivre…
14 FEVRIER 2012 - CHRISTINE BOUTIN RETIRE SA CANDIDATURE
14 FEVRIER 2012 –
Christine Boutin retire sa candidature:
Ce n’est pas une surprise. Hier soir, sur le plateau de TF1, dans l’émission Parole directe, Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, a annoncé qu’elle retirait sa candidature à l’élection présidentielle. L’une des farouches opposantes à l’égalité des droits explique qu’elle a obtenu ce qu’elle voulait: abandon de l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les homosexuel-le-s, refus de l’euthanasie.
VALEURS FONDAMENTALES
Dans une déclaration solennelle lue un peu laborieusement, Christine Boutin a précisé qu’elle était «attachée à la famille, aux valeurs judéo-chrétiennes et à la dignité de la personne». Selon elle, la France est «à un choix de société» et «François Hollande est l’adversaire de toutes ces idées» et c’est pourquoi elle fait aujourd’hui alliance avec le président sortant pour défendre ces valeurs fondamentales.
Lors de la présentation de son programme présidentiel, le 5 décembre dernier, Christine Boutin avait précisé les conditions de son ralliement: elle exigeait l’inscription «dans la Constitution» du mariage comme étant l’union d’un homme et d’une femme. Elle ne l’a pas évoqué hier, mais cela pourrait-il faire partie du pacte passé avec le candidat de l’UMP non encore déclaré?
14 FEVRIER 2012 - DEBAT POLITIQUE HOMOPARENTALITE AVEC APGL
14 FEVRIER 2012 –
Débat politique de l’APGL:
«Des oppositions véritables sur un sujet très clivant»
Samedi 11 février à la mairie du IXe arrondissement de Paris, le débat de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) sur l’homoparentalité a rassemblé les représentantes de cinq candidat-e-s à l’élection présidentielle: Clémentine Autain pour le Front de Gauche, Véronique Dubarry pour Europe Écologie Les Verts, George Pau-Langevin pour le PS, Dominique Versini pour le Modem, et Camille Bedin pour l’UMP. «C’est scandaleux, il y a de quoi être en colère!», s’est écrié Dominique Boren, président de l’APGL, dans son discours introductif, en brandissant le numéro du Figaro Magazine où Nicolas Sarkozy, probable candidat de l’UMP, a fait connaître ses positions quant au mariage et à l’adoption. Une entrée en matière virulente où le président de l’APGL n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la politique actuelle qui «marginalise» les homoparents et les «maintient dans une seconde zone».
REPENSER LA FAMILLE
George Pau-Langevin (PS) a ouvert le bal en rappelant le travail fourni par la gauche depuis plusieurs années pour lutter contre les discriminations: «La délégation-partage de l’autorité parentale n’est pas suffisante aujourd’hui», a-t-elle constaté. Pour l’ouverture à l’adoption pour tous les couples, c’est un oui sans détours de la part de la chargée des questions sociétales de l’équipe du candidat PS.
Dominique Versini (Modem) a parlé quant à elle au nom de François Bayrou, non sans une certaine prudence: «Malgré une volonté de répondre aux familles et aux couples, il ne veut pas peiner ceux pour qui le mariage représente des valeurs». Pas de mariage, donc, mais la création d’une union civile avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Cependant, comme l’ancienne Défenseure des Enfants l’a affirmé, l’ouverture à l’adoption pour tous les couples sera bien au programme du candidat centriste.
«Je suis minoritaire sur mes convictions aujourd’hui, a avancé Camille Bedin (UMP), bien consciente d’avoir en face d’elle un public loin d’être acquis à sa cause. En aucun cas, je ne porte un jugement sur l’amour ou sur la capacité à être parent.» Mais la secrétaire nationale chargée de l’Égalité des chances n’en est pas moins demeurée fermement attachée aux idées de son clan politique: «Le mariage est une conception sociale reposant sur un modèle biologique et sur l’altérité sexuelle».
Concernant le mariage et l’adoption, Clémentine Autain (Front de Gauche) s’est flattée d’une clarté totale sur les positions du Front de Gauche, ne manquant pas de rappeler la violence inouïe des manifestations devant la mairie de Bègles en 2004 lors du mariage célébré par Noël Mamère auquel elle avait apporté son soutien, ni de fustiger la position «hétéro-conservatrice» et l’hypocrisie de l’UMP. Bouleversant les normes et les rapports féminins/masculins, le combat pour l’homoparentalité dérange, a-t-elle rappelé: «Il s’agit d’un vrai débat de fond».
«Ce n’est pas si compliqué, s’est étonnée Véronique Dubarry (EELV), il s’agit juste de répondre aux couples qui ont un projet parental», critiquant ainsi le climat de suspicion créé autour des couples homosexuels cherchant à adopter: «On leur pose des questions qu’on ne pose pas aux couples hétéros». L’écologiste a également mentionné la question de la gestation pour autrui (GPA) qui, selon elle, doit être portée sur la place politique, et éventuellement soumise à des jurys citoyens et a contrecarré l’argument de l’altérité sexuelle utilisé pour s’opposer à la reconnaissance de l’homoparentalité: «L’altérité, ce n’est pas l’altérité des sexes. L’altérité, ça se construit».
PRISES DE POSITIONS SUR LA PMA
Après un premier tour de table pour cerner les positions de chaque parti, le sujet de la procréation médicalement assistée (PMA) a montré des désaccords marqués entre les partis. George Pau-Langevin s’y est montrée opposée pour les femmes célibataires et a été rejointe par Dominique Versini qui a fait part de son expérience personnelle comme argument dans le débat. Le PS et le Modem semblent alors s’accorder sur ce point en restant sur le schéma du couple binaire, qu’il soit homo ou hétérosexuel, concernant l’aide à la conception: «L’enfant a besoin de deux personnes pour son équilibre», a maintenu Dominique Versini.
«Il n’y a pas de droit à l’enfant, a souligné Clémentine Autain, mais un désir de parentalité.» La représentante de Jean-Luc Mélenchon a refusé catégoriquement de ramener cet enjeu au seul nombre de parents. «Il faut sortir de la binarité, c’est là la vraie révolution du XXIe siècle.» Véronique Dubarry a renchéri en rappelant à quel point le modèle patriarcal actuel est en fait très récent: «Pourquoi deux parents? Un enfant a avant tout besoin d’amour». Camille Bedin, quant à elle, n’a approuvé cette méthode que dans le strict cadre de raisons médicales et si elle est essentiellement réservée aux couples hétérosexuels.
AU-DELÀ D’UN DÉBAT PUREMENT LGBT
À l’issue des échanges, Mathieu Nocent, porte-parole de l’APGL, s’est dit très satisfait du débat: «C’était passionnant parce que très contradictoire. Il y a des oppositions véritables sur ce sujet très clivant. Il n’y a pas d’unanimité.» En abordant le thème de l’homoparentalité, force est de constater que le sujet dépasse largement le cadre des revendications des LGBT. «C’est une question LGBT mais pas uniquement, elle remet en cause la définition de la famille. C’était important de ne pas enfermer cette question dans un débat purement LGBT et on a du mal à faire comprendre ça à certains partis. Ce sont des questions fondamentales qui concernent toutes les familles de la même façon.»
13 FEVRIER 2012 - CEDH AFFAIRE TRACTS HOMOPHOBES EN SUEDE
13 FEVRIER 2012 –
CEDH: la liberté d’expression ne protège pas les tracts homophobes
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rendu jeudi dernier son jugement dans l’affaire Vejdeland contre le royaume de Suède. Tor Fredrik Vejdeland, Mattias Harlin, Björn Täng et Niklas Lundström avaient saisi la Cour suite à leur condamnation pour avoir distribué des tracts homophobes dans une école en 2004. Les tracts en question décrivaient l’homosexualité comme «une tendance sexuelle déviante» ayant «un effet moralement destructeur sur la société». Ils avaient été condamnés en juillet 2006. Accusant la Cour suprême de violation de la liberté d’expression, les quatre hommes ont donc saisi la CEDH début 2007.
Mais la Cour a finalement maintenu «à l’unanimité qu’il n’y avait pas eu de violation de l’article 10 de la Convention» européenne des droits de l’Homme, et donc que la justice suédoise était dans son bon droit. Elle a aussi rappelé que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était aussi grave que celle fondée sur «la race, l’origine ou la couleur».
«UN JUGEMENT IMPORTANT ET DÉCISIF»
L’Ilga-Europe a exprimé sa satisfaction: «C’est vraiment un jugement important et décisif, a souligné Martin K.I. Christensen, co-président du conseil d’administration de l’Ilga-Europe. Pendant des décennies, les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, trans’ et intersexué-e-s ont subi l’avalanche d’une rhétorique insultante, infondée, discriminatoire et diffamatoire. Depuis trop longtemps, ceux qui font ces déclarations clament leur droit à la liberté d’expression et d’opinion. Aujourd’hui la Cour a clairement reconnu que de telles déclarations sont injurieuses pour toute une communauté, et a affirmé que les individus et les organisations exprimant, publiant et répandant de telles remarques ne pouvaient se justifier avec le droit de s’exprimer garanti par la Convention».
Le Centre LGBT Paris IdF a lui aussi réagi à la nouvelle par un communiqué de presse: «Ce jugement est d’importance capitale, il précise clairement l’interprétation de la Convention par la Cour, en matière de propos haineux ou diffamatoires à l’encontre des personnes homosexuelles».