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12 NOVEMBRE 2011 - MARIAGE GAY A CABESTANY
12 NOVEMBRE 2011 -
Un couple homosexuel marié «pour faire évoluer la loi»
L'union célébrée par Jean Vila, maire communiste de Cabestany (Pyrénées-Orientales), n'a cependant pas d'existence légale.
Un couple gay, Patrick et Guillaume, a été symboliquement marié samedi matin par le maire communiste de Cabestany (Pyrénées-Orientales), un acte militant pour la légalisation du mariage homosexuel, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ce mariage n'a pas d'existence légale car il ne sera pas inscrit sur le registre de l'état-civil, a précisé le maire.
Sous une pluie de pétales de roses et devant de nombreuses caméras, les deux hommes ont été acclamés par une foule de proches, d'invités et de responsables associatifs.
Le maire souhaite «voir la loi évoluer»
Le maire PC de Cabestany Jean Vila a célébré le mariage en bonne et due forme, mais l'acte de mariage et un livret de famille portent la mention: "ce document n'a malheureusement pas de caractère officiel, la loi interdisant aujourd'hui le mariage entre personnes de même sexe, mais marque la volonté de la municipalité de voir la loi évoluer".
M. Vila avait laissé planer le doute sur ses intentions. S'il avait fait enregistrer officiellement le mariage, comme le maire écologiste de Bègles Noël Mamère l'avait fait en 2004, il se serait exposé à une suspension et le parquet aurait probablement demandé son annulation, comme ce fut le cas pour le mariage de Bègles.
Le mariage homosexuel est illégal en France alors qu'il est autorisé dans dix pays européens.
11 NOVEMBRE 2011 - PRESCRIPTION BIENTOT POUR 1 AN ??
11 NOVEMBRE 2011 –
La prescription pour injures homophobes bientôt allongée à un an?
Actuellement fixé à trois mois, le temps de recours juridique suite à une discrimination homophobe en public pourrait être aligné sur celui des insultes racistes, selon une loi qui sera bientôt débattue à l'Assemblée.
L'Assemblée nationale va débattre le 17 novembre de supprimer ou non une discrimination: celle du délai de prescription permettant de porter plainte lorsque l'on a été victime d'une injure ou de discrimination homophobe en public. Actuellement de trois mois, comme pour les injures en général, selon la loi sur la liberté de la presse de 1881, il a pourtant été élevé en 2004 à un an, dans le cadre d'insultes à raison de l'origine, de l'ethnie, de la nationalité, de la race ou la religion.
L'UMP s'abstient
Pourquoi ne pas amener à un an toutes les prescriptions discriminatoires? C'est le sens de la loi proposée par Catherine Quéré, députée socialiste de Charente-Maritime. Elle suggère d'inclure les insultes à raison de l'orientation sexuelle, du sexe ou du handicap dans cette extension du délai. «Alors que les sanctions sont à présent les mêmes pour ces délits, les délais de l'action pénale varient suivant le motif de la discrimination dont la personne est victime», explique-t-elle à l'AFP.
Hier, la commission des affaires culturelles de l'Assemblée a adopté cette proposition de loi, avec l'abstention des députés UMP. Elle devra donc être votée en séance publique dans le cadre de la «niche parlementaire» réservée aux textes de l'opposition, puis passer devant le Sénat.
«Insupportable hiérarchisation»
«Il est temps de mettre un terme à cette impasse juridique à laquelle les victimes sont confrontées», insiste Hussein Bourgi, président du Collectif contre l'homophobie, qui a été auditionné par la députée. Il appelle aujourd'hui les parlementaires à voter la loi. «Dans un pays prétendument universaliste, cette insupportable hiérarchisation témoigne de l’inégalité de traitement qu’inflige le législateur aux victimes d’injures à caractère discriminatoire. Il est temps de mettre un terme à une hiérarchisation inique dans la lutte contre les discriminations», ajoute-t-il.
Pour rappel, en France, les peines encourues pour l'accusé de discrimination publique sont, en revanche, alignées: jusqu'à 1 an de prison et 45.000 euros d'amende dans le cas de provocation ou de diffamation en public, la moitié dans le cas d'une injure.
10 NOVEMBRE 2011 - MR SARKOZY REFLECHIRAIT AU MARIAGE GAY
10 NOVEMBRE 2011 –
Nicolas Sarkozy réfléchirait au «mariage homo»
C’est un cadre (anonyme) de l’UMP qui l’aurait dit au site Atlantico: ««Il n’y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l’homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c’est le mariage homo».
Cette réflexion (dont on notera qu’elle distingue mariage et famille, comme si les deux sujets n’étaient pas liés) découlerait des récentes déclarations de David Cameron (lire David Cameron: «Je soutiens le mariage gay parce que je suis conservateur»). «Le probable candidat de la majorité en France pourrait-il s’inspirer de cette initiative et introduire dans son programme des éléments allant dans le sens de plus de reconnaissance du couple homosexuel?», s’interroge Yves Derai sur Atlantico.
Voilà qui déplairait à la Droite populaire, et à Christine Boutin qui, cette fois, ne devrait pas retirer sa candidature (lire En 2007, Nicolas Sarkozy a promis à Christine Boutin qu’il n’autoriserait pas le «mariage homosexuel»), tout en privant la gauche, pour qui la question du mariage et, dans une certaine mesure, celle de l’homoparentalité (hors GPA) semblent réglées depuis longtemps, d’un des points essentiels de son image de modernité. À condition, bien sûr, que Nicolas Sarkozy réussisse à convaincre qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle promesse de campagne, dont on a pu juger depuis 2007 le poids qu’il leur accordait.
09 NOVEMBRE 2011 - CINEMA "On ne choisit pas sa famille"
Sortie Cinema : «On ne choisit pas sa famille»
Un Film de Christian Clavier
Avec Christian Clavier, Muriel Robin , Jean Reno…
Sortie en Salles : 09 Novembre 2011
Christian Clavier est habitué à l'exercice promotionnel, mais cette fois, il a une énorme pression sur les épaules. En effet, l'ex-Bronzé va dévoiler dans toutes les salles de France son premier long métrage, On ne choisit pas sa famille. L'acteur et désormais réalisateur a choisi la comédie, domaine qu'il maîtrise particulièrement bien, pour faire rire les spectateurs et les émouvoir également. A Lille ou à Paris, le marathon promo a commencé.
On ne choisit pas sa famille raconte l'histoire d'Alex et Kim, couple lesbien qui désire plus que tout adopter une fillette thaïlandaise de 5 ans. La législation de Thaïlande interdit l'adoption au couple de même sexe ou aux célibataires, alors Alex fait appel à son frère, César, au bord de la ruine, lui proposant de sauver son garage, et en échange, il doit jouer au mari de Kim et puisse adopter l'enfant légalement. Sortie en salles le 9 novembre.
L’histoire?
Vivant largement au dessus de ses moyens, César Borgnoli (Christian Clavier), concessionnaire de voitures italiennes, est au bord de la ruine. Sa sœur Alex (Helena Noguerra), qui vit en couple avec sa compagne Kim (Muriel Robin), lui propose de sauver le garage familial en lui mettant un marché en mains. César doit se faire passer pour le «mari» de Kim afin d’aller adopter légalement en Thaïlande la petite Maï, une adorable fillette de 5 ans, que le couple de femmes désire accueillir plus que tout au monde. César s’imagine partir pour un week-end joignant l’utile à l’agréable. Mais, entre lui et Kim, sa «nouvelle femme», le courant ne passe pas vraiment…
09 NOVEMBRE 2011 - NOUVELLE PROPOSITION DE LOI
09 NOVEMBRE 2011 –
Délai de prescription: Le Collectif contre l’homophobie soutient la proposition de loi
L’allongement du délai de prescription pour les injures liées à l’orientation sexuelle, au sexe et/ou au handicap fait partie des sujets sur lesquels le Collectif contre l’homophobie travaille depuis longtemps. Dans un communiqué, l’association se félicite donc du dépôt de la proposition de loi de Catherine Quéré
En pratique, le CCH est régulièrement confronté à la question. «En 7 ans nous avons accompagné une centaine de victimes ayant déposé plainte pour injures liées à l’orientation sexuelle, dans quasiment 4 cas sur 5 ces procédures n’ont pu aboutir à cause d’un problème de délai de prescription trop court, explique l’association, qui a été auditionnée par la députée de Charente Maritime le 26 octobre. Tantôt c’est la lenteur d’une enquête qui n’a pas abouti dans le délai de 3 mois (difficultés pour identifier le mis en cause, mis en cause en voyage à l’étranger…) sans qu’il n’y ait eu d’acte de procédure interrompant les délais de prescription. Tantôt c’est la surcharge de travail au Parquet qui n’a pas permis au magistrat en charge des discriminations d’examiner et de statuer sur le renvoi de l’affaire devant une juridiction. Tantôt c’est la surcharge de travail dans les bureaux d’ordre des tribunaux qui n’a pas permis d’audiencer l’affaire avant l’écoulement du délai de prescription de 3 mois. Enfin dans certains cas de diffusion d’injures homophobes dans des livres ou des CD, la découverte des propos litigieux est intervenu plus de 3 mois après l’édition des supports litigieux.»
«Le paradoxe est que dans ces cas, l’infraction homophobe était caractérisée, attestée par des témoins et/ou reconnue par le(s) mis en cause, souligne le communiqué. Cette situation provoque systématiquement de l’amertume chez certaines victimes qui vivent ce déni de justice comme une profonde injustice. À l’inverse les mis en cause, coupables mais non condamnés, ressentent un véritable sentiment d’impunité allant jusqu’à narguer leurs victimes.»
Pour conclure, le CCH invite les associations et personnes LGBT «à se mobiliser en écrivant à leur député-e, quelle que soit son appartenance politique, pour lui demander de voter la proposition de loi de Catherine Quéré. C’est ce que nous venons de faire en direction de toues les députés du Languedoc-Roussillon».
07 NOVEMBRE 2011 - HOMOPARENTALITE RECONNUE A BORDEAUX
07 NOVEMBRE 2011 –
Devenir une mère aux yeux de la loi
La fillette de 6 ans, a officiellement, depuis août, deux mamans.
« S'il arrive quelque chose à ma compagne, que va-t-il se passer pour notre petite fille ? », une question qui angoissait Sandrine avant qu'elle n'obtienne, en août dernier, la reconnaissance de son autorité parentale par le tribunal de grande instance de Bordeaux. En couple depuis 15 ans et pacsée depuis 10 ans avec Suzanne, la mère biologique de la petite, Sandrine n'a plus besoin de lui faire signer des autorisations à tout bout de champ. « La décision du juge des affaires familiales à Bayonne (le 26 octobre dernier) n'était donc pas exceptionnelle, estime Suzanne, qui pense que les magistrats prennent en compte les situations juridiques mais aussi humaines. »
« Une famille comme les autres »
Peu après la naissance de leur fille, Suzanne a demandé une tutelle testamentaire au bénéfice de Sandrine. « Quand elle a eu 3 ans, son père ayant confirmé sa volonté de ne pas la reconnaître, nous avons bien préparé le dossier. Nous voulions éviter l'appel car la procédure aurait pu alors durer des années », explique Sandrine. La petite fille, qui connaît très bien toute son histoire, s'est montrée un peu agacée : « mais je le sais bien que tu es ma mère ! » m'a t-elle dit, se souvient Sandrine. Au quotidien, la reconnaissance de son autorité parentale facilite la vie de Sandrine qui va pouvoir, par exemple, devenir déléguée des parents d'élèves et partir en vacances plus sereine. « Pour sortir du territoire avec la petite, il me fallait une autorisation. Une fois, je me suis retrouvée bloquée là-bas car Suzanne était rentrée en France pour son travail, elle a dû faire l'aller-retour », raconte t-elle. Pour Suzanne cela confirme que « nous sommes une famille comme les autres ». Il s'agit aussi d'une belle preuve d'amour que de partager, aux yeux de la loi, le statut de maman.
06 NOVEMBRE 2011 - MANIF DES 3 VILLES BILAN INEGAL
06 NOVEMBRE 2011
Lille, Paris, Dijon: Mobilisation inégale contre l’homophobie
Si à Dijon et à Paris, les rassemblements ont été modestes, à Lille, les organisateurs se disent très satisfaits, au soir du samedi 5 novembre. L’idée d’organiser des rassemblements contre l’homophobie dans plusieurs villes est venue à Pascal Barbarin, salarié de Aides, après le meurtre d’un jeune homosexuel en Écosse. Sur la page Facebook en soutien au chanteur Monis, les bonnes volontés se sont exprimées. Selon Pascal Barbarin, il y avait à Paris 60 manifestants (photo), dont des militants de quatre associations (Aides, Contact,Pari-T, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence). Stéphane Martinet, maire adjoint du XIe arrondissement, Louis Georges Tin du comité Idaho et David Auerbach Chiffrin de Tjendé Rèd étaient également présents.
À Dijon, la presse régionale s’est fait l’écho du rassemblement. Selon Le Bien Public, la manifestation « n’a pas réuni beaucoup de monde ». Une dizaine de personnes ont distribué des tracts sur la place de la Libération.
PLUS DE 200 PERSONNES À LILLE
Lille a été beaucoup plus militante et la presse a largement relayé la manifestation. Sur Facebook, Frank Danvers de la LGP Lille, écrit: « Superbe après-midi à Lille. Plus de 200 personnes ont répondu présent. Le cortège a démarré à 16h, nous avons effectué une boucle dans les rues du centre-ville pour revenir à République à 17h20.
Nous avons défilé avec comme slogans: « Crimes homophobes, on n’en veut pas, agressions homophobes, on n’en veut pas, mariage pour tous: oui, oui, oui!!! », ou encore: « Pourquoi tant de haine pour de l’amour? ».
Dalila Dendouga, adjointe en charge des Droits de l’Homme à la mairie de Lille, était présente, ainsi que plusieurs associations dont SOS Homophobie et L’Égide.
Si vous avez des infos sur les rassemblements organisés dans d’autres villes, merci d’utiliser l’espace commentaires.
05 NOVEMBRE 2011 - TOULOUSE MANIF CONTRE L EVANGELISME
05 NOVEMBRE 2011
Toulouse: Démonstration de force contre un groupe évangélique qui prétend «soigner les homos»
Ils prétendent «guérir» les gays et les lesbiennes de leurs «tendances homosexuelles» grâce à Jésus en organisant des séminaires. Mais pour le moment, c’est plutôt eux qui en sont pour leurs frais. Hier soir, les associations LGBT toulousaines et leurs sympathisant-e-s ont montré leurs muscles aux évangélistes de Torrents de Vie.
ENTRE 200 ET 300 PARTICIPANT-E-S
Alors que Michel Megnin, secrétaire de l’association Arc En Ciel Toulouse (à l’origine du rassemblement), attendait «une centaine de participants» tout au plus, ils étaient finalement entre 200 et 300 à battre le pavé devant la petite église évangélique. «Le plus important rassemblement LGBT organisé à Toulouse, hors Gay Pride», précise Michel Megnin, non sans fierté.
Pour l’occasion, un large panel associatif, allant du mouvement homo et chrétien David et Jonathan à des associations laïques et féministes, en passant par des représentants de partis politiques de gauche, avait fait le déplacement. Objectif: dénoncer le discours sexiste et homophobe de Torrents de Vie.
Les protestataires ont trouvé porte – et fenêtres – closes. Ce qui ne les a pas empêché-e-s de donner de la voix. «Non, nous ne sommes pas malades!», ont-ils martelé. «330€, je suis trop pauvre pour devenir hétéro», disait le panneau d’un militant faisant référence au prix du séminaire. «Depuis Sexion d’Assaut, nous voulons être vigilants. Se faire avoir par des délais de prescription – toujours discriminants d’ailleurs – ça suffit!», déclare Michel Megnin, qui se félicite du succès de la mobilisation.
ALERTER
Au-delà de la ville de Toulouse, l’association veut également «faire connaître publiquement les écrits d’Andrew Comiskey [l'inspirateur de Torrents de Vie]», qui sont en vente sur les sites de distribution en ligne mais surtout, «alerter sur les dangers de ces séminaires payants de «restauration» d’une «saine» hétérosexualité qui essaiment depuis 2010 dans toute la France depuis les States [États-Unis] et qui véhiculent pour «guérir» de l’homosexualité les pires clichés sexistes et homophobes».
Pour autant, si les associations LGBT ont obtenu l’annulation de ce week-end de séminaire à Toulouse, les évangélistes de Torrents de Vie ne semblent pas abandonner leurs velléités de guérison. Tout en plaidant le «malentendu» et se défendant d’être homophobe, l’association a indiqué à nos confrère de La Dépêche qu’elle entendait bien poursuivre ses activités. Toutefois, son site internet est inactif depuis hier soir. Un signe divin, peut-être?
04 NOVEMBRE 2011 - BAYONNE ELLES ONT 2 MAMANS
04 NOVEMBRE 2011 –
Elles ont deux mamans
La justice a reconnu l'autorité parentale de Cécile Jacquey et Marie-Catherine.
Marie-Catherine Dumont et Cécile Jacquey, avec leurs filles Jeanne et Suzanne : la justice reconnaît les deux mères. photo patrick bernière
C'est écrit noir sur blanc, signé du juge aux affaires familiales de Bayonne : Cécile Jacquey et Marie-Catherine Dumont « exerceront conjointement l'autorité parentale » sur Jeanne et Suzanne. La vérité de leur foyer est devenue, par décision du tribunal de grande instance (TGI) en date du 26 octobre, une réalité légale. Admise par l'administration engoncée dans sa grande rigueur. Un peu moins engoncée, aujourd'hui… C'est un précédent dans le débat sur l'homoparentalité.
« J'avoue que j'ai pleuré devant mon ordinateur, quand j'ai reçu par mail la décision. » Cécile Jacquey est la mère biologique des petites de 20 mois qui vibrionnent dans le salon familial. « J'ai tout de suite appelé ma compagne. » Qui a vite prévenu ses parents : « Ils étaient eux aussi très émus. Ils devenaient ''officiellement grands-parents'', c'est leur expression. » Les deux femmes s'aiment depuis 5 ans. « Chacune de notre côté, on n'a jamais conçu la vie de couple sans enfant », témoigne Marie-Catherine Dumont.
Pacsées voilà deux ans, elles vont donner naissance à ce projet de vie de l'autre côté des Pyrénées. « C'est fou comme les gens, là-bas, s'étonnent du retard de la France sur les questions de l'homosexualité. » Dans cette Espagne paradoxale de catholicisme chevillé et de fulgurances modernistes (mariage homosexuel par exemple), il ne faut pas six mois à Cécile pour être enceinte. « La première consultation pour insémination a eu lieu en février 2009 et en juin, j'attendais nos enfants », confie-t-elle.
Décalage
« C'était possible en France, mais beaucoup plus long. » Les chiffres, forcément difficile à vérifier, situent entre 30 000 et 40 000 le nombre d'enfants de parents homosexuels en France. La loi française n'a jamais nuancé le dogme de la parentalité hétérosexuelle.
C'est en cela que la décision de la juridiction locale bouge les lignes. Le couple ne peut que constater « une législation un peu bâtarde ». « Par exemple, sur notre déclaration d'impôts, nous sommes inscrites toutes les quatre », relèvent-elles. Cécile : « La CAF m'a demandé les fiches de paie de Marie-Catherine. On se dit que lorsqu'il s'agit d'argent, l'autre existe, mais pas pour l'éducation. »
Le décalage semble de plus en plus patent avec les mœurs. « La société », disent les deux mères. « Ce n'est que notre expérience, mais les gens autour de nous n'ont jamais fait la différence. La loi voudrait que l'on produise des attestations pour que Marie-Catherine aille chercher les filles chez la nounou, mais il n'en a jamais été question. » À la maternité, c'est elle qui a donné le premier bain à Jeanne et Suzanne. « Ce n'était un problème pour personne parmi le personnel de l'hôpital. »
Référence masculine
À nos confrères de l'AFP, Me Colette Capdevielle, avocate des mamans dans la procédure devant le TGI, résume le décalage entre temps judiciaire et temps social : La jurisprudence est faite pour évoluer en fonction de la société et des débats qui l'agitent. »
Bien des réflexions « agitent » aussi les deux mères. « On a beaucoup réfléchi avant l'insémination, raconte Marie-Catherine. Elles n'auront pas de papa, comment ça va se passer ? On a pensé à la référence masculine, aux questions qu'elles nous poseraient un jour. Mais on savait qu'elles seraient aimées. » Et puis l'entourage ne manque pas d'hommes. Les parents, les amis, "trois parrains"… »
Appel possible
« Finalement, poursuit Cécile, le souci n'est pas la référence masculine, mais le fait qu'elles n'auront pas dans leur entourage d'autres enfants dans leur situation, avec des parents homos. » Alors quand, « au parc », elles croisent un autre couple de femmes avec un enfant et dans l'attente d'un second, elles nouent le contact pour ajouter des « références ».
Les mamans n'osaient pas croire en la décision favorable du juge. « Entre l'audience et l'annonce du jugement, on n'osait pas trop en parler… » La décision peut connaître un appel dans le délai d'un mois. Quoi qu'il advienne, leur histoire aura une jolie résonance, dans le contexte très proche d'une campagne présidentielle où l'homoparentalité marquera certainement un clivage. Mais quoi qu'il advienne, rien ne changera ce fait : Jeanne et Suzanne sont deux mamans.
04 NOVEMBRE 2011 - LOURDE AMENDE A MONTREUIL
04 NOVEMBRE 2011
Montreuil: Prison ferme et lourde amende pour avoir tabassé deux lesbiennes
En octobre 2010, Victoria et Amandine, en couple, avaient été passées à tabac en sortant du métro. Aujourd'hui devant le TGI de Bobigny, le caractère homophobe de l'agression a été reconnu.
Un an plus tard, les deux jeunes femmes vont enfin pouvoir tourner la page. Le 12 octobre 2010, vers 23h, Amandine vient chercher sa compagne Victoria à la sortie du restaurant où elle travaille. Toutes deux sont âgées d'une vingtaine d'années. C'est près d'une station de métro, à Montreuil, que trois hommes les accostent et commencent à les draguer, avant de comprendre que les deux filles forment un couple. Des insultes homophobes sont lâchées. La situation dégénère, coups de pieds et de poings fusent. Les deux victimes s'en sortiront avec trois jours d'ITT chacune.
Dix jours pour faire appel
Aujourd'hui comparaissait devant le Tribunal de Grande Instance de Bobigny celui qui a reconnu avoir porté les coups. Le procureur avait requis 18 mois avec sursis contre l'agresseur, âgé de 22 ans. Ce dernier a finalement été condamné à six mois de prison ferme et 3 200 euros de dommages et intérêts, pour «agression physique avec circonstance aggravante de l'orientation sexuelle». Ce que l'avocate du couple, Maître Sophie Maltet, qualifie d'«exceptionnel» -le caractère homophobe d'une agression étant toujours difficile à prouver.
«On est contentes, on ne s'attendait pas à de la prison ferme mais plutôt à du sursis, a réagi Victoria. Cela fera réfléchir. C'est plus que ce que l'on espérait. Au moins c'est terminé, on en a fini avec cette histoire, c'est la libération.» «A la sortie du procès, l'avocate de l'agresseur a laissé entendre qu'elle ne ferait pas appel, précise Maître Maltet. On attend de voir, ils ont dix jours».
04 NOVEMBRE 2011 - 3 VILLES MANIFESTENT CE SAMEDI
04 NOVEMBRE 2011
Samedi, Lille, Paris et Dijon disent stop aux violences homophobes
Dans ces trois villes, des associations ont répondu à l'appel du collectif Stop-Homophobie Agissons et organisent des rassemblements pour dénoncer la recrudescence des violences contre les LGBT.
Suite à l'appel lancé par le collectif Stop-Homophobie Agissons, de nombreuses associations invitent à se rassembler samedi 5 novembre pour protester contre la recrudescence des crimes homophobes observée ces dernières semaines en France et en Europe. A Charleville-Mézières ou Bordeaux, dans le Val d'Oise, mais aussi un peu plus loin de nous en Écosse, les agressions contre les gays et lesbiennes se sont multipliées ces dernières semaines.
A Paris, Lille et Dijon
Dans ce contexte, de nombreuses associations ont décidé de faire entendre leurs craintes et leur voix le 5 novembre prochain. La mobilisation a par exemple trouvé un écho à Lille: «Nous avons répondu à l'appel lancé par Stop Homophobie Agissons pour dire notre inquiétude et notre ras-le-bol d'un climat de plus en plus réac' explique Franck Danvers, président de la LGPLille contacté par Têtu.com. Insultes et agressions touchent bon nombre d'homos, et transgenres au quotidien, à l'école, au travail, avec des voisins, dans l'accès au logement, dans la rue.... et conduisent parfois au meurtre!» ajoute le président de l'association, qui co-organise la manifestation avec six autres signataires dans la Capitale des Flandres.
Initialement prévue dans quatre grandes villes de France (Paris, Lille, Montpellier et Dijon), la manifestation de samedi n'aura vraisemblablement pas lieu à Montpellier, la ville ayant rencontré des problèmes organisationnels. À Lille et à Paris, le rendez-vous est fixé sur les places de la République, à Dijon, sur la place de la Mairie, à 15h dans chaque ville. Dans le Nord, l'événement prendra la forme d'un rassemblement ou d'une manifestation dans les rues du centre-ville en fonction du nombre de participants. Les organisateurs espèrent donc désormais réunir le plus grand nombre de manifestants possibles, même si parapluies et cirés risquent d'être de rigueur.
Rendez-vous samedi 5 novembre 2011 à 15h00, Place de la République à Lille et Paris, et Place de la Mairie à Dijon.
02 NOVEMBRE 2011 - JEUNE GAY TABASSE AU VAL D OISE
02 NOVEMBRE 2011
Val-d'Oise: un jeune gay tabassé reste entre la vie et mort
Un appel à témoin est lancé par la police de Saint-Ouen-l'Aumône, suite à l'agression violente d'un homosexuel de 20 ans, mi-octobre. La piste homophobe n'est pas exclue.
Alexandre Ponsot, 20 ans, est actuellement entre la vie et la mort à l'hôpital de Pontoise (Val-d'Oise).
Le jeune homme a été retrouvé le dimanche 16 octobre vers 11h30, près d'un arrêt de bus situé en face du lycée Edmond-Rostand, avenue de Paris à Saint-Ouen-l'Aumône. On parle d’un traumatisme cranien et facial : sa tête, tuméfiée, portait des traces de multiples coups au visage et sur le crâne. «Il était dans un piteux état», confie une source proche de l'enquête. On lui avait en outre volé son téléphone portable. L’Etat du jeune homme s’est aggravé serieusement deux jours après (d’apres un article de presse), les médecins ont dû le plonger dans un coma artificiel avant qu'il n'ait pu être auditionné par les enquêteurs.
Le 03 Novembre au soir, le groupe Facebook « Soutenons Alexandre Ponsot », créée par les amis de la victime, annonce la nouvelle rassurante : « Bonne nouvelle, Alex commence à se reveiller doucement »
Agression homophobe? Appel à Temoins
Le jeune homme, qui porte un piercing aux lèvres, était «gay, très sérieux, employé chez McDonald's», indique la source policière. La piste de l'agression homophobe n'est pas exclue, mais «tous les éléments (motivant ce geste) sont envisagés», les circonstances exactes du drame demeurant inconnues.
C'est pourquoi les policiers de la sûreté départementale du Val-d'Oise invitent toute personne pouvant détenir des informations à les contacter par téléphone, au 01.34.43.20.39 begin_of_the_skype_highlighting 01.34.43.20.39 end_of_the_skype_highlighting ou au 01.34.43.21.55 begin_of_the_skype_highlighting 01.34.43.21.55 end_of_the_skype_highlighting
26 OCTOBRE 2011 - AU BRESIL LA COUR SUPREME EN FAVEUR DU MARIAGE HOMO
26 OCTOBRE 2011 -
Brésil: La Cour suprême statue en faveur du mariage pour les homos
La plus haute juridiction brésilienne a décidé qu'un couple de lesbiennes pouvait légalement se marier car «l'orientation sexuelle ne doit pas être un prétexte» pour refuser le mariage aux homos.

La cour suprême du Brésil, à Brasilia.
Cinq mois après avoir reconnu les unions civiles pour les homos, la Cour suprême du Brésil a statué mardi que les personnes de même sexe pouvaient légalement se marier, répondant favorablement à la demande d'un couple de lesbiennes, préalablement déboutées par deux tribunaux.
Après un vote à 4 contre 1, la plus haute juridiction du Brésil a décidé qu'en vertu de la Constitution «il était possible que les unions civiles deviennent des mariages». En effet, a ajouté la Cour suprême dans un communiqué, «l'orientation sexuelle ne doit pas être un prétexte pour exclure les familles de la protection que représente le mariage d'un point de vue légal».
Bientôt une loi?
Si les tribunaux d'Etats ne seront pas obligés de suivre la décision de la Cour suprême lors de prochains jugements, la décision de la plus haute instance judiciaire brésilienne devrait les encourager à aller dans la même direction et inciter la République fédérale à légiférer pour autoriser le mariage des homosexuels, selon les analyses d'experts cités par l'AFP.
Pour l'heure, le mariage entre personnes de même sexe n'est toujours pas légalisé au Brésil, le plus grand pays catholique du monde, et l'Argentine reste le seul pays d'Amérique latine à avoir ouvert le mariage aux homos.
23 OCTOBRE 2011 - GAYFREE SOUHAITE CREER UN COLLECTIF BORDELAIS
ASSOCIATION GAYFREE - SOUHAIT DE CREER UN COLLECTIF
A BORDEAUX
CONTRE TOUTES LES DISCRIMINATIONS
Communiqué du 23 Octobre 2011 - Association Gayfree
23 OCTOBRE 2011 - UNE MANIF LE 05 NOVEMBRE DANS TOUTE LA FRANCE
APPEL MANIFESTATION LE 05 NOVEMBRE 2011
DANS TOUTE LA FRANCE !!
Par le Groupe Facebook : Stop Homophobie Agissons !!

Lien Evenement Facebook : http://www.facebook.com/event.php?eid=218467948220006*
La violence contre un citoyen homosexuel ne serait elle pas la même que toutes les autres violences?
qui nous soutient chez nos politiques?
Avis de l'association Gayfree :
Ou se Derouleront les manifestations, renseignez vous ici :
RDV dans toutes les grandes villes pour dire "ASSEZ !!" à 15h
déjà Paris, Dijon, Lille, Montpellier (voir ci-dessous)
rdv PARIS place de la république
référants Paris: Pascal Barbarin + JP Paris
rdv DIJON
référants Maxime Herdoin + Fafa Donat
http://www.facebook.com/event.php?eid=266733050029297
Rdv LILLE
référents Lille: Noémie Mannecier, Corin Naïade
http://www.facebook.com/event.php?eid=150493541714653
rdv MONTPELLIER
référents: Franck Jaouen et Marion Gil
http://www.facebook.com/event.php?eid=226230224107015
Pour faire les événements de votre ville, merci de demander à Stop Homophobie Agissons
avec vos sifflets , vos voix, votre panneau tout prêts: "crimes homophobes la honte!" ça pourrait être votre enfant! rejoignez la non violence et l'égale justice pour tous les citoyens !"
Pour les autres villes , proposez vos lieux de rendez-vous et les personnes référentes
20 OCTOBRE 2011 - BAYROU PARLE A SON TOUR DU THEME LGBT
François Bayrou dans TÊTU:
«Accepter la différence, ça vaut dans les deux sens»
Dans une grande interview au magazine, le leader centriste demande que l'on accepte sa différence... d'opinion sur le mariage des couples homosexuels. Il renouvelle son opposition à cette forme d'union.
«Pendant très longtemps, le combat de la communauté homosexuelle était accepter la différence. Accepter la différence, au fond, ça vaut dans les deux sens.» Dans une grande interview pour le dernier numéro de TÊTU*, le président du MoDem François Bayrou se prononce pour l'adoption, le partage de la parentalité, des droits pour les personnes transgenres… mais pas pour le mariage des couples homosexuels.
«Parmi nos concitoyens, il y a bien des différences de sensibilité, parfois venues d'autres traditions culturelles, parfois plus traditionnelles (…) Ceux-là aussi ont droit à la compréhension», fait valoir le patron du MoDem dont l'inspiration politique est démocrate-chrétienne. «Le mariage, c'est l'union d'un homme et d'une femme», développe-t-il notamment.
Il s'est tout de même prononcé pour un contrat d'union civile, dont les droits seraient similaires à ceux du mariage: ce nouvel «engagement doit être contracté dans les mêmes conditions de solennité, y compris par l'état civil de la nation, devant le maire. Mais pour moi, il s'agit d'une union, pas d'un mariage», a-t-il précisé.
Reconnaître les enfants nés de GPA
Sur l'homoparentalité, le leader centriste constate: «l'homoparentalité existe, l'adoption homosexuelle existe (…) Le fait que deux personnes (…) élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés ensemble, soient reconnues toutes les deux comme parents me paraît un droit logique et de bon sens», explique-t-il. Il trouve «absurde» que des couples de femmes homosexuelles puissent avoir accès à l'insémination artificielle en Belgique et pas en France, et se disant encore favorable à la reconnaissance juridique des enfants conçus à l'étranger en gestation pour autrui (GPA).
Enfin, concernant les droits des personnes transgenres, le patron du MoDem estime «normal de faciliter le changement» de leur «état civil».
20 OCTOBRE 2011 - DEPENALISATION HOMOSEXUALITE - BIENTOT 30 ANS DEJA !
«Dépénalisation de l’homosexualité par la CEDH: Trente ans déjà!»
Le 22 octobre 1981, la Cour européenne condamnait pour la première fois un État européen – le Royaume-Uni – pour criminalisation de l’homosexualité. À l’occasion du 30e anniversaire de l’affaire Dudgeon c. Royaume-Uni, le juriste Daniel Borrillo revient sur cet arrêt et les leçons qui peuvent, encore aujourd’hui, en être tirées.
«DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ PAR LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME: TRENTE ANS DÉJÀ!», PAR DANIEL BORRILLO
L’acquis des droits fondamentaux (droit à la vie, droit à l’intégrité physique, droit à la vie privée, droit à la liberté d’association et d’expression…) a été le fruit, en Europe, d’un lent et difficile processus. Entre la dépénalisation de la sodomie effectuée par la Révolution française et l’abrogation des dispositions discriminatoires sous la présidence de François Mitterrand, deux siècles se sont écoulés, pendant lesquels (spécialement sous le régime de Vichy), les gays et les lesbiennes continuaient à être persécuté-e-s. À l’occasion de la dernière réforme du Code pénal en 1991, certains sénateurs de droite, en particulier Charles Jolibois et Michel Rufin, ont essayé de réintroduire les termes de l’infraction d’homosexualité dépénalisée en 1982, preuve qu’un retour en arrière est toujours possible.
Au niveau européen, il faut souligner que pendant plus de 25 ans, entre 1955 et 1981, les juges de la Cour européenne considéraient irrecevables les plaintes des gays allemands contre le célèbre paragraphe 175, en statuant que la pénalisation de l’homosexualité tombait dans la marge d’appréciation de l’Allemagne afin de protéger «la santé de la population et d’éviter la perturbation des adolescents». Cette jurisprudence était particulièrement choquante sachant que les requérants avaient été déportés dans les camps de concentration à cause de cette même disposition pénale. Il a fallu attendre l’an 2000 pour que ceux qui portaient le triangle rose soient officiellement reconnus comme victimes du nazisme. Il faut se rappeler qu’après la Deuxième Guerre Mondiale aucun instrument de protection des droits de l’Homme n’avait prévu une protection contre les discriminations envers les gays et les lesbiennes. Bien au contraire, les rapports homosexuels continuèrent à tomber sous le coup de la loi pénale partout en Europe.
Une première dépénalisation a eu lieu le 22 octobre 1981. En effet, dans l’affaire Dudgeon c. Royaume Uni et Irlande du Nord, la Cour européenne a statué que la sanction des rapports sexuels entre adultes consentants constituait une violation de la vie privée. Trente ans après, pénaliser l’homosexualité nous semble de la préhistoire et pourtant combien de gays ont dû se battre pour arriver à ce qui nous paraît aujourd’hui une évidence! Je voudrais saluer le combat de Jeffrey Dudgeon qui seul et contre les autorités du Royaume-Uni a réussi, il y a 30 ans, à abolir une législation victorienne qui criminalisait les rapports sexuels entre hommes adultes consentants et a ouvert la voie au processus de dépénalisation de l’homosexualité en Europe. La victoire de Dudgeon est également la victoire de tous ceux qui se sont battus contre la morale puritaine et la barbarie nazie. Un homme seul a été plus fort qu’un ancien empire et des siècles de préjugés. Le mouvement LGBT ne doit rien aux États ni aux juges. Les droits fondamentaux n’ont pas été donnés aux gays et lesbiennes, ils furent arrachés par eux!
Trente ans après, la dépénalisation de l’homosexualité en Europe ne doit pas nous faire oublier que presque 80 pays considèrent l’homosexualité comme illégale et pour cinq d’entre eux – l’Iran, la Mauritanie, l’Arabie saoudite, le Soudan et le Yémen – et dans certaines parties du Nigeria et de la Somalie, les actes homosexuels sont punis de mort. C’est pourquoi la victoire est relative puisque comme le disait le philosophe anglais Herbert Spencer: «Nul ne peut être tout à fait libre tant que tous ne le sont pas».
L’association GAYFREE tient à ajouter……
EN France
L’intervention de Robert Badinter à l’Assemblée Nationale a eu lieu le 20 Décembre 1981
Une proposition de loi est présentée en décembre 1981 (proposition reprise de celles du candidat François Mitterrand) et met fin à la pénalisation des relations homosexuelles avec les mineurs de plus de quinze ans (l'homosexualité comme telle ne constituait pas un délit en France à cette date, et ce depuis la promulgation du Code civil).
La suppression définitive de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal, hérité du régime de Vichy (1942) qui incriminait « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe » est votée (loi du 4 août 1982), après que la droite, majoritaire au Sénat s'y est opposée à deux reprises (dernière lecture à l'Assemblée nationale, après trois votes, le 27 juillet 1982[9]).
Dépénalisation de l'homosexualité : Robert Badinter, intervention à l'Assemblée Nationale le 20 décembre 1981
Madame la présidente, mesdames, messieurs les députés,
La proposition de loi qui vous est soumise est de celles auxquelles le Gouvernement s’associe pleinement [...] Une évidence s'impose : pendant cent cinquante ans, comme l’a rappelé Mme le rapporteur, de 1791 à 1942, la loi pénale française a refusé la répression de l’homosexualité en tant que telle, c’est-à-dire entre personnes consentantes, y compris si l’une d’elles ou les deux étaient des mineurs de plus de quinze ans. [...]
Les années 1791 à 1942 ne sont pourtant pas, historiquement, ce qu’on peut appeler une période de libertinage ou de laxisme dans les mœurs ; c'est l'époque du triomphe de la morale bourgeoise, avec ce qu’elle comportait de valeurs et de rigueur au moins proclamées dans le domaine des mœurs. Croit-on vraiment que si les champions de l’ordre moral si exigeants du XIXe siècle – qu’ils s’appellent Odilon Barrot, Mole ou le duc de Broglie - avaient considéré que la sauvegarde des mineurs contre ce qu’ils appelaient le « désordre des mœurs » passait par la répression pénale de l’homosexualité, ils n’auraient pas saisi les assemblées parlementaires, alors composées en majeure partie de notables, de projets de textes répressifs identiques à l’article 331, deuxième alinéa ? Rendons-leur à cet égard, témoignage ; si Oscar Wilde a été condamné par la justice anglaise pour avoir séduit Lord Douglas, nous savons que Verlaine ne pouvait être poursuivi par la justice française pour avoir séduit Rimbaud, âgé de dix-sept ans, à moins d’ailleurs, que la séduction ne fût en sens contraire. Tous les rapports de police de l’époque témoignent que la liaison était notoire Alors, interrogeons-nous ! La justice anglaise s’est-elle trouvée grandie d’avoir détruit moralement et physiquement Oscar Wilde ? Et l'homosexualité chez les jeunes gens de l’aristocratie anglaise s’est-elle trouvée réduite par ces pratiques répressives ? À lire les mémoires de l’époque, il est permis d’en douter.
En réalité, ces législateurs du XIXe siècle savaient fort bien - je n'ose pas dire par expérience séculaire - que jamais la répression pénale n’a eu à l'égard de l’homosexualité, la moindre efficacité. Nul d’ailleurs ne le savait mieux que notre éminent prédécesseur, l’archichancelier de l’Empire, M. Cambacérès l’un des auteurs du Code pénal, bien connu au Palais-Royal sous le sobriquet de « Tante Urlurette ». [...]
L’Assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l’arbitraire, l’intolérance, le fanatisme ou le racisme a constamment pratiqué la chasse à l’homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatible les principes d’un grand pays de liberté comme le nôtre. Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres citoyens dans tant de domaines.
La discrimination, la flétrissure qu’implique à leur égard l’existence d’une infraction particulière d’homosexualité les atteint - nous atteint tous - à travers une loi qui exprime l’idéologie, la pesanteur d'une époque odieuse de notre histoire. Le moment est venu, pour l’Assemblée, d’en finir avec ces discriminations comme avec toutes les autres qui subsistent encore dans notre société, car elles sont indignes de la France.
Robert Badinter - Garde des Sceaux du gouvernement Mauroy
19 OCTOBRE 2011 - BILAN DU FILM "JOSEPH L'INSOUMIS"
Article a venir
19 OCTOBRE 2011 - SEXION D ASSAUT - Accord signé avec la Federation LGBT
Homophobie de Sexion d'Assaut:
accord signé, fin de la polémique?
Retrouvez ci dessous l'exemple de l'accord en format PDF :
ACCORD NATIONAL entre Sexion D'assaut et Federation LGBT
Ça y est, la hache de guerre est enterrée entre les homos et les rappeurs superstars. En tout cas, c'est ce qui est inscrit sur un accord signé entre la Fédération LGBT et le groupe, qui a pris des mesures concrètes.
Il y a un an, des propos du groupe de rap Sexion d'Assaut en interview ont suscité une bronca comme rarement vue, même dans le milieu du rap. La phrase «On est homophobe à 100% et on l'assume», ainsi que d'autres prononcées par Lefa telles que «l'homosexualité est une déviance qui n'est pas tolérable», soufflait sur les braises de l'homophobie de façon frontale. Les LGBT découvraient plusieurs chansons où, dans le passé, Sexion d'Assaut affichait déjà son homophobie. Concerts annulés (en tout cas dans des salles municipales), retrait du programme des MTV Awards, partenariat suspendu avec NRJ… les conséquences furent réelles pour le groupe, forcé de faire amende honorables. Jusqu'à un accord oral avec des associations, rencontrées mi-octobre 2010, lui-même très critiqué car «ne réglant rien»…
Bref, on efface tout et on recommence. Le groupe a signé le 12 octobre de cette année un accord, présenté comme «national», entre l'association Fédération LGBT (centres LGBT) et les membres du groupe ainsi que le manager de leur label, Wati B – avec la bénédiction de la Coordination InterPride France, du Collectif contre l'homophobie, de SOS Homophobie et de l'Autre Cercle.
Titres retirés du marché
Dans cet accord, dont TÊTU.com a obtenu copie, la Fédération LGBT «prend acte de la réalisation» de ces engagements et «considère la polémique» autour du groupe de rap «éteinte». Elle appelle ses membres «à ne plus lancer d'action de mobilisation» contre Sexion d'Assaut.
En échange, Sexion d'Assaut s'engage à ne plus chanter ses titres homophobes, à retirer du marché les titres encore en vente, et à «continuer leur parcours artistique dans le respect des autres et de leurs différences, en excluant toute expression publique (propos, chansons…) comportant des mentions à caractère raciste, sexiste ou homophobe».
«Pleinement satisfaits»
Pour Stéphane Corbin, porte-parole de la Fédération LGBT, «cet accord est inédit». «A ma connaissance, il n'y a jamais eu de tel accord entre un groupe ou un artiste ayant eu des propos homophobes et des associations de lutte contre l'homophobie», a-t-il déclaré. Il salue notamment «l'acte fort» de Sexion d'assaut , qui «a retiré les titres incriminés de ses albums» (notamment Cessez le feu, qui a disparu d'iTunes), avant de les remasteriser et remettre en vente des versions expurgées.
«Nous sommes pleinement satisfaits», a ajouté M. Corbin, souhaitant que cet accord «ouvre l'ère à de nouvelles pratiques et de nouvelles capacités de lutte contre des propos homophobes», et qu'il fera «jurisprudence» auprès d'autres groupes ou d'autres managers.
18 OCTOBRE 2011 - AGRESSION LESBOPHOBE - Charleville Mezieres
Deux lesbiennes tabassées en pleine rue à Charleville-Mézières
Deux hommes ont roué les jeunes filles de coups lorsqu'ils les ont vues s'embrasser en public.
Les deux agresseurs identifiés
L'Union révèle ce matin que les deux agresseurs présumés, «très vite identifiés par les enquêteurs de la section criminelle de la sûreté départementale», se sont manifestés spontanément. L'un d'eux était déjà connu des services de police. Selon le quotidien régional, un premier agresseur s'est présenté de lui-même au commissariat, dès dimanche. Le second «a téléphoné pour dire que, travaillant toute la semaine en région parisienne», il viendrait s'expliquer vendredi prochain, lorsqu'il remonterait dans les Ardennes.
Deux jeunes lesbiennes ont été agressées sauvagement, samedi 15 octobre, vers 17 heures, en plein centre de Charleville-Mézières, en Champagne, rapporte sur son site internet le quotidien L'Union. Les violences se sont déroulées devant un nombre important de personnes.
La place Ducale était en effet noire de monde, en ce samedi après midi ensoleillé. Les deux femmes faisaient partie d'un groupe d'une dizaine de jeunes gens occupés à discuter sous les arcades de la place. Serrées l'une contre l'autre, elles s'embrassaient. Mais ce baiser d'amour a déplu à deux garçons qui passaient à proximité. Les deux jeunes hommes ont fondu sur le couple. Ils ont attrapé chacune des deux femmes, les jetant violemment contre un pilier des arcades et leur assénant de très sévères coups de poing. Mais les deux garçons ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ensuite jeté leurs victimes à terre et leur ont donné des coups de pied.
Les agresseurs ont pris la fuite
Stupéfaits, choqués, interloqués, les membres du groupe auquel appartenaient les deux jeunes femmes ont mis quelques petites secondes avant de réagir. Des amies du couple sont alors intervenues, tombant à bras raccourcis sur les agresseurs, qui n'ont eu d'autre solution que de prendre la fuite.
Des badauds ont également tenté d'arrêter les deux hommes, en vain. Ils ont réussi à prendre la fuite. Les pompiers arrivés sur les lieux ont pris en charge les deux victimes, qui souffrent de multiples contusions. Elles ont été transportées au centre hospitalier de Charleville-Mézières.
Emoi dans la communauté LGBT
Une élue municipale de Charleville s'est rendue sur place aussitôt après l'agression. La police est également arrivée sur les lieux et a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l'agression et de retrouver les deux hommes. Le témoignage des membres du groupe ayant vu le visage des agresseurs sera précieux aux enquêteurs.
Ce déchaînement de violence a suscité un vif émoi dans la communauté LGBT de la région. L'association LGBT Ex-aequo, à Reims, a décidé d'entrer en contact avec les victimes afin de leur proposer son soutien.
LE 21 OCTOBRE 2011, LA SANCTION EST TOMBEE !!
Prison ferme pour les cogneurs de lesbiennes de Charleville-Mézières

Ils avaient violemment frappé deux jeunes filles parce qu'elles s'embrassaient en public dans les rues de Charleville-Mézières. Deux hommes âgés de 19 et 20 ans ont été condamnés jeudi à 12 et 5 mois de prison ferme. L'auteur des insultes homophobes et des coups les plus violents a été condamné par le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières à deux ans prison dont un ferme et incarcéré à l'issue de l'audience.
Déjà connus de la justice
Le second accusé, poursuivi pour des faits de violences en réunion, a pour sa part écopé de 12 mois de détention dont 5 mois ferme. Selon le procureur de Charleville-Mézières, les deux prévenus étaient déjà connus de la justice pour des faits de violence.
Le 15 octobre, le couple de lycéennes qui échangeait quelques baisers sur la place Ducale de Charleville-Mézières, avait violemment été pris à partie par un premier jeune homme qui avait proféré des insultes homophobes avant de les frapper.
Un Kiss-in de soutien samedi 22 Octobre
Alors que l'une des jeunes filles se défendait à l'aide d'une bombe lacrymogène, un ami de l'agresseur s'est mêlé à la bagarre en la frappant à la volée devant de nombreux témoins qui ont été entendus par les enquêteurs. Les jeunes filles qui ont été choquées, souffrent de contusions et la plus touchée s'est vu prescrire trois jours d'interruption temporaire de travail, a précisé le procureur.
Trois homos,exaequo, Homozygote et Egayons-nous, ont lancé depuis Reims un appel à rassemblement suivi d'un «kiss-in» samedi à 16 heures sur la place Ducale, en soutien aux deux jeunes filles agressées.