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EQUAL'INFOS - ASSO EQUALITY
25 OCTOBRE 2012 - CHOMAGE EN FRANCE, 17EME HAUSSE DE SUITE
Le 26/11/2012
25 OCTOBRE 2012 -
Bond du chômage en septembre,
17e hausse de suite
Le chômage a augmenté pour le 17e mois consécutif en France en septembre 2012, la hausse du nombre de demandeurs d'emploi étant la plus forte depuis avril 2009 dans la catégorie phare et leur nombre atteignant son plus haut niveau depuis mars 1999.
Les travailleurs les plus jeunes et les plus âgés ont une nouvelle fois été les plus touchés et le nombre de chômeurs de longue durée a continué d'augmenter.
L'analyse des entrées à Pôle emploi semble montrer que l'ajustement des effectifs continue à se faire d'abord sur les contrats à durée déterminée et les intérimaires.
Les entrées pour licenciement économique reculent par rapport au mois précédent, ce qui suggère que l'impact des nombreux plans sociaux annoncés ces derniers mois n'est pas encore pris en compte.
En septembre, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A (ceux n'ayant exercé aucune activité) a augmenté de 46.900 (+1,6%) en France métropolitaine pour s'établir à 3.057.900, son niveau le plus élevé depuis plus de 13 ans.
Sur un an, la progression en catégorie A est de 10,1%.
"C'est comme un navire lancé à pleine vitesse", a déclaré le ministre du Travail, Michel Sapin, qui prévoit que la hausse du chômage se poursuivra dans les prochains mois.
Il a ajouté sur Canal+ que l'objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013 était "raisonnable", revisitant au passage l'engagement de François Hollande d'obtenir cette inversion en un an.
PLUS DE 4,5 MILLIONS EN A, B, C
Michel Sapin rappelle dans un communiqué les mesures prises par le gouvernement comme les "emplois d'avenir" et le "contrat de génération" ainsi que la négociation en cours entre les partenaires sociaux sur une meilleure "sécurisation de l'emploi".
En tenant compte des personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d'emploi a progressé de 0,5% en septembre, soit 20.900 personnes de plus, pour atteindre 4.515.500 (+8,3% sur un an).
Avec les départements d'Outre-mer, le nombre de demandeurs d'emploi en catégories A, B et C était de 4.797.200 fin septembre.
Les plus âgés et les plus jeunes ont été les plus touchés.
Le nombre de demandeurs d'emploi âgés de plus de 50 ans a ainsi progressé de 2,3% en catégorie A (+17,5% sur un an) et de 1,4% en A, B, C (+15,4% sur un an).
Le nombre de demandeurs d'emploi âgés de moins de 25 ans a quant à lui augmenté de 2,2% en catégorie A (+10,6% sur un an) et de 0,8% en A, B, C (+8,9% sur un an).
Le nombre des chômeurs de longue durée (inscrits depuis plus d'un an) a progressé de 1,3% en catégories A, B et C (+10,1% sur un an), alors que le nombre de personnes inscrites depuis moins d'un an était stable (+7,1% sur un an).
Les entrées à Pôle emploi pour fins de contrat à durée déterminée ont augmenté de 1,3% sur un mois, les fins de mission d'intérim de 2,8% et les "autres licenciements" de 2,7%. Les entrées pour licenciements économiques ont baissé de 7,6%.
Parallèlement, le nombre d'offres d'emploi collectées par Pôle emploi a baissé de 4,4% en France métropolitaine (-17,0% sur un an), le nombre d'offres d'emplois d'une durée de plus de six mois baissant de façon nettement plus marquée que les offres plus courtes.
24 OCTOBRE 2012 - UN BAISER DE LESBIENNES FAIT LA UNE
Le 26/11/2012
24 OCTOBRE 2012 -
«Quand on s’est embrassées,
les anti-mariage nous ont traitées de dégueulasses!»
EXCLUSIF. C'est la photo qui a fait le tour des réseaux sociaux hier: deux jeunes femmes répondaient par un très beau baiser aux rassemblements contre l'ouverture du mariage à tous. TÊTU a retrouvé les deux étudiantes, qui expliquent leur geste.
Le 23 Octobre 2012, l'association Alliance Vita appelait les anti-mariage et adoption pour tous à se rassembler dans 75 villes françaises. A Marseille, face à ce mouvement homophobe, deux jeunes femmes ont eu la plus savoureuse des réactions: elles ont échangé un beau baiser devant une foule médusée. Un moment immortalisé par une superbe photo qui n’en finit plus de circuler sur internet et les réseaux sociaux.
Le Magazine TÊTUE a retrouvé les deux Marseillaises qui nous ont offert cette belle image: Julia, 17 ans (à droite), et Auriane, 19 ans (à gauche), nous racontent comment elles se sont retrouvées dans la manifestation par hasard, comment l’idée du baiser a germé… et comment elles ont eu le culot de passer à l'acte!
TÊTU.com: Ce baiser était-il complètement spontané?
Julia: Oui! D’ailleurs on s’est retrouvées complètement par hasard à la préfecture où étaient les manifestants.
Auriane: En fait leur slogan nous a interpellées, on trouvait ça marrant au début.
Julia: Avec leur «On ne ment pas aux enfants», on a de suite pensé qu’il s’agissait d’un rassemblement bon enfant. On est quand même allé leur demander pourquoi ils étaient là, et là ils nous ont expliqué qu’ils étaient contre le mariage gay et l’adoption, on les a un peu écoutés... Pas très loin d’eux on a rencontré une poignée de contre-manifestants. Ils avaient envie de répondre au rassemblement mais ils ne savaient pas comment…
Auriane: J’ai lancé l’idée à Julia, je lui ai dit «Allez, on se met en plein milieu et on s’embrasse devant tout le monde!». Au début c’était sur le ton de la rigolade.
Julia: Cinq minutes après on y était!
Pendant que vous vous embrassiez, vous aviez conscience de la réaction des manifestants autour de vous?
Julia: Sur la photo, on voit toutes ces femmes en train d’ouvrir la bouche comme si on venait de faire un truc horrible (rires)! Pendant qu’on s’embrassait, elles étaient en train de crier «Vous êtes dégueulasses! Vous êtes pas belles!»
Auriane: Les gens ne s’y attendaient pas du tout. Le baiser a duré une quinzaine de secondes, c’était pas juste un bisou, on a tenu!
Vous êtes hétéros toutes les deux. Quel sens donnez-vous à ce baiser?
Julia: Je pense qu’on n’a pas besoin d’être homo pour les soutenir! C’est un geste de solidarité pure et simple. Je suis pour ce que ces manifestants ne veulent pas. Face à eux on n’était tellement peu… Ça ne servait à rien de leur parler car ils campent sur leur position. Et ça ne servait à rien non plus de crier ni de les insulter au risque qu’ils se braquent.
«Ma mère m'a dit qu'elle était fière de moi!» Quelle était la réaction que vous vouliez provoquer chez eux?
Auriane: Sur le moment on a surtout voulu les faire chier! Même si on n’est pas lesbiennes, une femme avec une femme, on trouve ça complètement banal.
Julia: Personnellement j’avais vraiment envie de les embêter, de les provoquer un peu… Sans pour autant vouloir faire de scandale.
Après votre baiser, que s’est-il passé?
Julia: Les manifestants sont venus nous dire qu’ils essayaient de faire une chorégraphie bien cadrée et ils nous ont demandé de partir… Trois d’entre eux se sont alors donnés la main, ont fait une sorte de barrage et nous ont poussé derrière. Il n’y a pas eu d’altercation ensuite. Simplement un vieux Monsieur qui est venu nous dire qu’on était des fachos!
Vous n’avez jamais eu peur?
Julia: Non parce qu’on n’a vraiment pas pris le temps de réfléchir! Ce n’est qu’après que je me suis dit qu’on avait eu du culot de le faire!
Vous avez essayé de discuter avec les manifestants ou vous n’en aviez pas envie?
Julia: Si, justement, nous on avait envie de discuter avec eux et une dame a bien voulu nous écouter. On a discuté avec elle pendant une bonne demi-heure d’ailleurs. Bon, bien sûr on n’a pas réussi à lui faire comprendre pourquoi on contestait leur manif…
Quelle a été la réaction de vos amis et de vos parents quand ils ont vu la photo?
Auriane: Sur internet, il n’y a que des gens qui nous soutiennent, ça fait super plaisir!
Julia: Mes potes ont été surpris dans le bon sens, ils nous ont félicitées! Ma mère, et c’est un concours de circonstance, je l’ai eu au téléphone trois minutes avant d’embrasser mon amie! Quand je lui ai annoncé ce qu'on voulait faire, elle m’a répondu «Mais t’as pas peur de te faire frapper?». Depuis elle a vu la photo et elle m’a dit que j'allais au bout de mes convictions, que c’était tout à mon honneur et qu’elle était fière de moi!
22 OCTOBRE 2012 - POUR BAYROU LE MARIAGE POUR TOUS "EXPLOSIF"
Le 26/11/2012
22 OCTOBRE 2012 -
Pour Bayrou, le sujet du mariage des homos
«devient explosif»
Le leader du MoDem confirme sa ligne pour plus de droits aux homos mais contre le mariage, dans un interview radio. Il dit craindre la violence des débats sur le mariage pour tous.
Le président du MoDem François Bayrou a déclaré dimanche que le sujet du mariage pour tous était en train de devenir explosif, réaffirmant son hostilité à l'emploi dans la loi du mot «mariage» pour les couples de même sexe.
«C'est un sujet qui devient explosif, et il n'est pas bon, dans la période où nous sommes, qu'il y ait de tels déchaînements dans la société française. Et donc, une solution de sagesse me paraît bonne et juste», a affirmé le dirigeant centriste, invité de l'émission «Tous politiques» France Inter/Le Monde/AFP.
«Justice»?
Selon lui, cette solution consisterait à parler, s'agissant de deux personnes de même sexe, d'«union», et non de «mariage». «Une union, c'est bien, parce que ça respecte le droit à la reconnaissance, à un certain nombre d'avantages (…) et, en même temps, il est bien de respecter aussi ceux qui ont sur leurs épaules le poids fertile de la tradition», a affirmé François Bayrou, faisant allusion à une tribune du grand rabbin de France, Gilles Bernheim.
Dire qu'on donne des droits aux couples homosexuels sans appeler cela un mariage, «c'est quelque chose qui rend justice aux deux sensibilités», a résumé l'ex-député béarnais. Il développe cette ligne depuis sa candidature de 2007 à l'élection présidentielle.
22 OCTOBRE 2012 - EXISTRANS RECLAME UN CHANGEMENT ETAT CIVIL
Le 26/11/2012
22 OCTOBRE 2012 -
Existrans: des assos unies
pour un changement d'état civil libre et gratuit
Samedi, la 16è édition de l'Existrans a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris. Avec un objectif clair: déconnecter l'obtention de nouveaux papiers d’identité de toutes procédures médicales.
La pluie n’a pas arrêté les manifestants de la marche Existrans samedi après-midi à Paris. Environ 1.000 personnes selon les organisateurs - 400 selon la police - ont défilé de la Place de la Bastille à la Place de l’Hôtel de Ville en passant par République. Le mot d’ordre 2012, «Des papiers si je veux quand je veux», était brandi en tête de cortège sur une banderole violette, couleur de la communauté trans.
Libre disposition de son corps
Ali Aguado, l’un des porte-parole du collectif Existrans, explique: «On a choisi ce mot d’ordre en référence au slogan féministe ‘‘Un enfant si je veux quand je veux’’». Un autre débat mais qui, selon lui, rejoint une même revendication: la possibilité de disposer librement de son corps. Un droit dont les personnes trans sont aujourd’hui privées puisque pour obtenir des papiers conformes à leur identité de genre, elles doivent être stérilisées. Des papiers quand je veux, d’accord, mais pourquoi «si je veux»? Ali précise: «On pense que la mention F ou H ne devrait pas être obligatoire sur les papiers d’identité.» Une revendication qui, d’après lui, ne concerne pas que les trans mais l’ensemble de la société puisqu’elle remet en cause la binarité des sexes et ouvre la possibilité à la multiplicité des identités de genre.
«Cette année il y a eu un grand ralliement des associations LGBT, féministes et de lutte contre le sida autour des droits des trans», poursuit Ali. De fait, derrière Outrans, Acceptess-T ou ACHTE, on trouvait également Bi’Cause, SOS homophobie ou AIDES ainsi que des formations politiques et syndicales comme les Verts ou la CGT. Toutes portaient le même combat: l’urgence de pouvoir changer d’état civil gratuitement et sans conditions médicales. Une manifestante commente: «C’est réjouissant de voir que malgré les divergences qu’il y a eu ou qu’il peut encore y avoir dans la communauté trans, on peut se réunir autour d’un objectif commun, c’est un signal fort.»
Et après?
Outre cette revendication fédératrice, les pancartes des associations présentes demandaient pêle-mêle: l’arrêt de la mainmise des psys sur le parcours de changement de sexe, l’abolition de la loi sur le racolage public, la régularisation des personnes trans migrantes ou encore des campagnes nationales de lutte contre la transphobie.
Mais comment faire pression auprès des responsables politiques, étonnamment absents de la manifestation cette année? Ali explique: «Le collectif Existrans n’est pas une association de loi 1901 et ne peut donc pas participer au groupe de travail sur les questions trans de la commission interministérielle de lutte contre les LGBTphobies. Néanmoins, plusieurs associations membres du collectif y portent notre voix. On appelle aujourd’hui le gouvernement à s’inspirer de la loi argentine relative à l’identité de genre.
18 OCTOBRE 2012 - NOUVEAU SONDAGE ADOPTION ET PMA
Le 26/11/2012
18 OCTOBRE 2012 -
Les Français sont-ils plus favorables
à la PMA qu'à l'adoption?
Selon un sondage publié par le nouvel observateur, 51% des Français sont favorables à la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes, quand seulement 49% sont favorables à l'adoption.
49% des Français favorables à l'adoption par les couples de même sexe, mais 51% favorables à la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes: le sondage LH2 publié mardi par le Nouvel Observateur semble aller à l'encontre des projets du gouvernement, qui a décidé d'exclure la PMA de son projet de loi d'ouverture des droits aux couples homos.
Inconscient collectif
Même si elle est minime, voire insignifiante rapportée aux marges d'erreur des sondages, est-il possible d'expliquer une plus grande adhésion à un procédé médicalisé, qui touche directement à la naissance, plutôt qu'à un mode d'accès à la parentalité plus «traditionnel»? Du côté de l'institut de sondage, on avoue ne pas avoir vraiment de réponse. «On était très étonnés du résultat, explique Anne-Laure Gallay, directrice adjointe du département opinion de LH2. On ne saurait expliquer cette différence, si ce n'est peut-être que la PMA concerne uniquement les femmes.»
«Dans l'inconscient collectif, la femme trouve l'épanouissement dans son rôle de mère. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que 8 foyers monoparentaux sur 10 sont des femmes. Il y a peut-être une prise de conscience de la part des femmes d'un combat universaliste» suppute Dominique Boren, co-président de l'Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), qui nuance néanmoins: «Il y a pour le moment une bienveillance sympathique mais je serais étonné que l'opinion reste majoritairement favorable. A partir du moment où on rentre dans le vif du sujet, il y a des décrochages, comme pour l'adoption.»
Ignorance
Un avis partagé par Alexandre Urwicz, directeur adjoint de l'Association des Familles Homoparentales (ADFH), pour qui l'interprétation de ce résultat tient plus d'une ignorance collective: «J'accorde une importance mesurée à ce résultat. La majorité des sondés ne connaît pas la procréation médicalement assistée. C'est un concept assez éloigné du quotidien des gens, alors que l'adoption est acquise comme une réalité parentale. La bonne question à poser, c'était de savoir si tous les couples mariés doivent être égaux en droits, ces droits incluant la PMA et l'adoption, estime-t-il. Là les sondés auraient sans doute été en majorité favorables.»
Jean-Marc Ayrault a rappelé mardi que la PMA ne figurerait pas dans le texte proposé le 31 octobre au gouvernement. Un amendement, proposé par Bruno Le Roux et plusieurs députés PS, doit venir compléter une loi imparfaite pour certains organismes LGBT, et contraire aux engagements pris par le candidat Hollande lors de sa campagne. Pourtanrt pour Dominique Boren ce sondage montre que l'opinion publique est «prête pour tout», et qu'il n'y aurait «aucun souci pour proposer une loi plus large.» De son côté, Alexandre Urwicz se refuse à condamner le gouvernement: « Le jeu statégique de la prudence assure de bâtir un socle mariage/adoption solide et fédérateur, sans mettre en danger le projet de loi. Le gouvernement nous donne des garanties, il faut être en mesure de lui faire confiance.»
18 OCTOBRE 2012 - MARIAGE POUR TOUS, REPORTE A JANVIER 2013
Le 26/11/2012
18 OCTOBRE 2012 -
Mariage pour tous:
le débat à l'Assemblée reporté d'un mois
pour «étudier le texte sereinement»
L'information annoncée par le jdd.fr a été confirmée par le président de la commission des lois à l'Assemblée nationale.
Le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour tous ne sera pas examiné en séance à l'Assemblée nationale «avant fin janvier 2013», a indiqué jeudi Jean-Jacques Urvoas (PS), président de la commission des lois, confirmant une information du jdd.fr.
«Programme d'auditions»
«Le Parlement doit disposer du temps nécessaire pour étudier ce texte sereinement», affirme Jean-Jacques Urvoas qui précise que le rapporteur désigné, Erwann Binet (PS), a prévu «un large programme d'auditions».
«Au regard de l'ampleur des auditions auxquelles le rapporteur souhaite procéder et de façon à permettre au Parlement de jouer tout son rôle, je souhaite que le texte ne soit pas examiné en séance publique, en première lecture à l'Assemblée nationale, avant fin janvier 2013», indique le président de la commission des Lois dans un communiqué.
«Engagement fort»
Il souligne par ailleurs que «le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels est une réforme nécessaire et un engagement fort de la majorité» et qu'«un débat serein doit être engagé pour déterminer les conditions, notamment juridiques, dans lesquelles cette réforme pourra être mise en oeuvre».
Sur ce projet de loi sur le mariage pour tous, qui doit être présenté en Conseil des ministres par la garde des Sceaux Christiane Taubira le 31 octobre, des divergences de vues sont apparues entre le gouvernement et le PS, de même qu'entre membres du gouvernement.
Amendement
Pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le texte doit se limiter à l'adoption pour les couples homosexuels, tandis que le PS, emboîtant le pas à de nombreuses associations gays, souhaite y inclure la possibilité de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homos.
Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, a aussi annoncé que son groupe déposerait un amendement sur la PMA. La ministre de la Santé Marisol Touraine a elle-même affirmé dimanche dernier qu'elle était «personnellement favorable» à ce que la procréation médicalement assistée soit accessible à tous.
Les chrétiens et musulmans se réjouissent
Depuis cette annonce, représentants catholiques, protestants et musulmans se frottent les mains… Hier, la Conférence des évêques de France et la Fédération protestante de France ont annoncé espérer que ce report permette un «véritable débat»: «l'opinion bouge, c'est le signal qu'un véritable débat est souhaité. Pour autant, nous n'entendons pour l'instant qu'une intention de différer et notre vigilance ne retombe absolument pas», assure Mgr Bernard Podvin (à gauche ci-dessus), porte-parole de l'épiscopat. «Mais les sondages sont déjà en train d'infléchir la motivation des Français. Cela doit faire réfléchir sur le trouble profond qui est perceptible dans l'opinion. Nous avons là le signe que la précipitation n'est jamais bonne sur des projets aussi essentiels.»
«C’est inespéré»
Egalement interrogé sur le report du débat fin janvier à l'Assemblée nationale, le pasteur Claude Baty (ci-contre), président de la Fédération protestante de France, a déclaré hier: «C'est inespéré, ça montre que tout est possible. J'espère que ce sera l'occasion d'un véritable débat et non d'un semblant de débat (…) Je souhaite que l'ensemble des acteurs sociaux, y compris les représentants des cultes, y soient associés».
De son côté, le Conseil français du Culte musulman (CFCM) espère que le report permette de mieux informer les citoyens et, peut-être, d'infléchir leur opinion. «Tout débat qui se prolonge dans le temps permet de mieux informer les citoyens sur les enjeux», estime le président du CFCM Mohammed Moussaoui (à droite ci-dessus), dont l'institution a publiquement désapprouvé le projet de «mariage pour tous». «Aujourd'hui, le projet est présenté comme un moyen de lutter contre une discrimination, or les discriminations sont quelque chose de répulsif. Mais quand on va entrer dans les détails, les citoyens auront peut-être une autre opinion sur le sujet.»
17 OCTOBRE 2012 - L'AIDE ALIMENTAIRE EN EUROPE SAUVEE JUSQUE 2013
Le 26/11/2012
17 OCTOBRE 2012 –
L'aide alimentaire de l'Europe sauvée jusqu'en 2013
Le programme d'aide alimentaire européen va pouvoir fonctionner encore deux ans. Mais à partir de 2014, le sort des associations qui aident les plus démunis est très incertain.
Les banques alimentaires vont pouvoir souffler pour deux ans. L'Allemagne, principal contributeur au programme européen d'aide alimentaire (PEAD), a finalement accepté lundi de maintenir sa contribution financière à l'aide européenne jusqu'en 2014. Depuis six mois, les associations tremblaient : l'Union européenne avait prévu de diminuer de 80% l'aide distribuée chaque année pour aider les plus démunis à se nourrir. De 480 millions, le budget global devait passer à 113 millions d'euros. Impossible avec une telle réduction de continuer à aider les 18 millions d'Européens qui souffrent de la faim.
«Cela va nous donner deux années pour nous retourner», explique Laurence Champier, responsable de la communication de la Banque alimentaire française. En France, le PEAD représente près de 70% de l'aide alimentaire distribuée. Or près de 4 millions de personnes dépendent de ces aides pour se nourrir. «Et ce nombre augmente toutes les années», souligne-t-elle.
Mis en place lors de l'hiver 1986-1987 par Jacques Delors, alors à la tête de la Commission à Bruxelles, l'aide alimentaire européenne s'appuyait à l'origine sur les surplus agricoles engendrés chaque année par la politique agricole commune (PAC). Au lieu de le jeter,l'Europe a choisi de les valoriser ou de les revendre. Cet argent servait ensuite à acheter des produits alimentaires, redistribués aux pays concernés par la PAC.
Fronde de six pays
La fin des surplus agricole a mis en péril cette structure, et l'Europe a demandé des contributions financières aux pays européens. C'est cette aide financière que les pays du Nord de l'Europe ont remis en question, estimant que la PAC ne devrait pas payer pour l'aide alimentaire et que c'est à chaque État membre de la financer pour son pays. Depuis six mois, l'Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque avaient mené une fronde pour ne plus payer. Ils s'appuient sur une décision de la Cour européenne de justice estimant que le PEAD a dévié de son objectif initial, qui était uniquement d'utiliser les surplus agricoles.
En acceptant de contribuer encore deux ans, l'Allemagne permet au programme de survivre. Mais la ministre de l'Agriculture allemande, Ilse Aigner, a posé ses conditions : Berlin accepte de payer jusqu'en 2014, à condition que ce programme social européen s'arrête à cette date. A partir de 2014, chaque pays doit être capable de s'aider seul, selon le vœu de l'Allemagne. Outre-Rhin, le système est en effet très différent: d'une part, les invendus et les produits presque périmés sont donnés par les supermarchés à des associations locales, qui obtiennent ainsi toute l'aide dont elles ont besoin. D'autre part, les églises, qui touchent un impôt prélevé auprès des croyants, ont des moyens financiers énormes. En échange, l'État a délégué à l'Église catholique et aux églises protestantes des missions d'utilité publique, dont l'aide aux plus pauvres. L'Allemagne se retrouve donc à payer la plus grosse part du budget d'aide alimentaire européen alors qu'elle n'en a pas besoin.
De nouvelles ressources à trouver
«L'aide alimentaire ne représente finalement que 1 euro par an et par Européen», nuance Laurence Champier. «C'est une somme dérisoire par rapport aux moyens mis en place pour aider les banques, par exemple». En réclamant la fin de l'aide sociale européenne, les pays du Nord défendent une autre conception de l'Europe, moins sociale et plus pragmatique.
Les associations ont salué la décision, mais s'inquiètent pour leur futur: «Si cette décision est un soulagement pour les plus démunis et intervient à temps pour parer à l'urgence 2012 et 2013, elle pose toutefois la question de l'après 2013, au moment où la situation économique et politique exigerait que les liens humains et solidaires soient durablement tissés. Face à la conjoncture, il est indispensable que les pouvoirs publics français comme européens renforcent le rôle clef des acteurs de l'urgence sociale», ont fait savoir les Resto du Cœur, la Croix-Rouge, le Secours populaire et la Banque alimentaire dans un communiqué commun.
Les associations ne savent pas encore ce qui se passera dans deux ans. «Nous avons peur que le réseau de 5000 petites associations de quartiers disparaisse», s'inquiète Laurence Champier pour la France. Les associations françaises d'aide alimentaire vont devoir trouver de nouveaux mécènes et essayer de conclure des accords avec la grande distribution pour continuer à aider au-delà de 2014 les millions de personnes qui souffrent de la faim en France.
Europe : les associations d'aide alimentaire menacées
Des associations françaises se mobilisent autour de l'Airfood Project afin de sauver le programme européen d'aide alimentaire (PEAD), qui représente aujourd'hui 130 millions de repas distribués en France.
Les banques alimentaires, la Croix-Rouge, les Restos du cœur et le Secours populaire, principales associations françaises d'aide alimentaire, ont lancé cette semaine la campagne Airfood Project. Qu'est-ce que l'«Airfood»? «Vous connaissez l'Air Guitar, qui consiste à faire semblant de jouer de la guitare comme un pro, mais sans guitare? Eh bien, l'Airfood Project, c'est un peu la même chose. C'est un dîner où l'on mange… mais avec des assiettes vides. Car dans quelques mois […] 18 millions d'Européens, eux, ne feront pas semblant», annoncent les représentants de la campagne. Une vidéo promotionnelle représente ainsi de jeunes Européens en train de déjeuner au restaurant autour d'assiettes vides sous le regard consterné des autres clients. À noter que tous ceux qui souhaitent participer à la campagne sont invités à publier sur le site leur propre vidéo d'Airfood, ou encore à interpeller directement les dirigeants européens, comme François Hollande ou José Manuel Barroso, via leur compte Twitter.
Cette campagne vise à sensibiliser les citoyens à la probable fin du programme européen d'aide alimentaire (PEAD). Mise en place en 1987 par la Commission et financée à hauteur de 500 millions d'euros par an, cette politique permet aujourd'hui de venir en aide à 18 millions de personnes en grande difficulté. Pour les associations françaises mentionnées, ce soutien représente de 23% à 50% des denrées alimentaires distribuées, soit 130 millions de repas par an. Le budget européen pour les sept ans à venir sera finalisé en décembre prochain, et le renouvellement du PEAD n'est pas à l'ordre du jour.
Mais les associations sont aujourd'hui prêtes à en découdre avec Bruxelles. Alors que pour Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, cet «arrêt de l'aide humanitaire de l'Europe provoquerait un véritable tsunami alimentaire», Alain Seugé, président de la Fédération Française des banques alimentaires, met en garde contre «une perte de sens de l'esprit européen» et «un signal très fort de renoncement à ses idéaux». Enfin, le président des Restaurants du cœur, Olivier Berthe, appelle quant à lui «à sauver le seul dispositif de solidarité à dimension européenne». «Inutile de prétendre vouloir réduire la pauvreté en Europe, si on laisse se briser ce qui fonctionne déjà», ajoute-t-il.
Les associations françaises menacées
Le budget du PEAD, qui représente 1% de celui de la politique agricole commune (PAC), sert à financer la distribution de produits issus des stocks de surplus communautaires. Or ce mécanisme a été créé à une période où l'agriculture européenne était en surproduction, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Voilà pourquoi certains pays refusent de renouveler leur aide au programme, d'autant plus lorsque existe déjà un système national de redistribution, comme en Allemagne ou en Grande Bretagne.
Si le PEAD est abandonné, l'approvisionnement des associations françaises sera grandement menacé. C'est pourquoi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a réaffirmé aujourd'hui son soutien au programme européen: «Nous avons dépassé la barre des 20 millions de personnes souffrant de la faim en Europe. Les associations caritatives ne peuvent se retrouver en rupture de stocks alimentaires», affirme celui qui se dit prêt à se «battre» pour «maintenir une politique spécifique d'aide alimentaire aux plus démunis». Et ce alors que l'Union européenne s'est engagée à réduire d'un quart le nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté d'ici à 2020.
17 OCTOBRE 2012 - 25 ANS DE LUTTE CONTRE LA MISERE
Le 26/11/2012