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EQUAL'INFOS - ASSO EQUALITY
10 JUILLET 2012 - MARIAGE POUR TOUS UN DEBAT VOLCANIQUE
Le 02/10/2012
10 JUILLET 2012 –
Mariage pour tous:
la caricature à la une de «Minute»
Les débats autour du mariage et de l'adoption par les couples de même sexe s'annoncent d'ores et déjà volcaniques. Et même si aucun texte n'est encore dans les tuyaux, les homophobes s'organisent.
On peut en être désormais sûr, les débats sur le mariage pour tous n'échapperont pas aux outrances et aux caricatures qui ont accompagné la naissances du pacs il y a plus de dix ans. Après les catholiques de l'Institut Civitas qui ont lancé «une campagne de lobbying» contre le mariage des couples de même sexe en éditant des autocollants homophobes - c'est désormais au tour du journal d'extrême droite Minute d'en remettre une couche.
En couverture de son prochain numéro, à paraître demain, l'hebdo reprend une photo de deux hommes prise au cours d'une gay pride. En titre: «Bientôt, ils vont pouvoir s'enfiler... la bague au doigt.» Une photo qui semble avoir du succès dans les milieux anti-gay, puisqu'elle apparaît aussi sur les autocollants de Civitas avec la mention: «Confieriez-vous vos enfants à ces gens-là?»
«Bourrage de crâne»
Parmi les autres titres développés dans le dossier de Minute «Sida: malgré les risques ils vont vous donner leur sang» et «Bourrage de crâne: le mariage homo enseigné à vos enfants.»
Heureusement, les lecteurs affligés par tant de mauvaises nouvelles pourront se divertir avec une enquête bien plus hétérosexuelle et qui sent bon le terroir, dont on aperçoit aussi le titre sur la couverture: «Tour de France, la vie sexuelle des champions.» Tout un programme.
08 JUILLET 2012 - UNE GAYPRIDE A MARSEILLE ASSEZ TENDUE
Le 02/10/2012
08 JUILLET 2012 –
Marseille: une marche des fiertés
qui fait douter de l'Europride
Même s'il n'y a eu finalement qu'un défilé samedi, les querelles intestines menacent le rassemblement européen de l'an prochain.
L'honneur des Marseillais est sauf. Ils peuvent remercier la préfecture. En ordonnant aux deux organisations concurrentes de partager le même parcours, elle a contribué à ce que les marches des fiertés s'entremêlent hier.
Du coup, la 19e gay pride marseillaise qui partait divisée en a imposé dans la torpeur estivale des grandes avenues résidentielles du Prado: une quinzaine de chars, un essaim d'associations, de syndicats, de partis et de décibels et entre 10.000 marcheurs (selon la police) et 25.000 d'après les organisateurs.
Ambiance délétère
Tout s'est donc bien passé, mais seulement en apparence. Comme on pouvait le redouter, l'ambiance était délétère en coulisses. Vice-présidente de l'association LGP Marseille qui détient le label «gay pride», Suzanne Ketchian reconnaît que «le début a été très compliqué». Cacophonique même, à l'exemple des podiums prêtés à chaque camp par le conseil général et installés à touche-touche. Tandis que celui de la LGP déversait des décibels, l'autre association, Tous & Go, a eu bien du mal à faire entendre sur le sien la chorale gay Vocifiers. Après avoir tenté de faire reconnaître un Madonna et deux Lady Gaga, l'un des six chanteurs est sorti de scène fou de rage.
Plus diplomates mais tout aussi décontenancés, les quelques rares élus qui ont accepté de se frotter au guêpier n'ont cessé d'être tiraillés entre les uns et les autres. «Je suis venu porter les engagements forts de François Hollande pour l'égalité des droits dans l'intérêt des minorités sexuelles et j'ai la désagréable impression que les préoccupations tiennent davantage à des conflits pour lesquels je refuse d'être instrumentalisé», s'indigne Henri Jibrayel, député PS. Même embarras pour cet associatif neutre: «Dans cette polémique qui nous dépasse, on essaie de ménager tout le monde, mais c'est désagréable et contreproductif.»
Assis en travers d'un char
La grande préoccupation du moment consistait à déterminer le char qui ouvrirait le cortège. Pour barrer la route à leurs opposants, des militants de la LGP complétés par des membres de la Coordination interpride de France (Cif) sont allés jusqu'à s'asseoir devant leur camion! Tous & Go revendique avoir finalement «accepté que leur char passe devant, parce que c'est celui de l'Europride.»
Dans ce contexte justement, «l'Europride à Marseille dans un an, ça promet!», ricanent deux marcheurs. «Vu ce qu'il s'est passé aujourd'hui, il est illusoire de croire que les problèmes seront surmontés dans un an», maugrée un président d'association.
A Londres, un demi-échec
«Pas si on rend aux Marseillais cette Europride qui est pour l'instant confiée à la LGP, c'est-à-dire deux dirigeants qui, à défaut de soutien local, ne comptent que sur la Cif qui méprise royalement les Marseillais, fulmine Christophe Lopez, président de Tous & Go. Justement, le collectif des associations marseillaises va exiger que soit réattribué à un comité impliquant tous les acteurs LGBT locaux la souveraineté de cette organisation.»
Il n'en est pas question pour Stéphane Corbin. Le président de la Cif est venu mettre en garde les Marseillais contre «les tentatives de manipulation d'une association» que «ses méthodes de gestion» ont, selon lui, définitivement mise hors-jeu. Même sentiment de la part de Childéric Muller, conseiller municipal Modem: «Je suis le boulot que font Suzanne et Gilles (Dumoulin, président de “LGP”) depuis 2007. C'est à eux que revient légitimement cette organisation. Nous allons tout faire pour les y aider.»
Le succès n'est jamais certain: le même jour, la WorldPride de Londres a été un demi-échec, entraînant la démission du président du comité organisateur. Mais pour l'heure, pas d'inquiétude à nourrir, à en croire Suzanne Ketchian: «Les choses avancent bien». La preuve, conformément à la tradition, «Il y aura une star à l'Europride. Son nom sera bientôt rendu public!»
05 JUILLET 2012 - UN JEUNE GAY TORTURE TOUTE UNE NUIT
Le 11/07/2012
05 JUILLET 2012 –
Il fait «des avances» à un ami:
un jeune gay torturé toute une nuit
Une soirée entre amis a dégénéré lorsque l'un des garçons aurait voulu draguer son hôte. Le bourreau a été interpellé.
Nuit d'horreur, mardi, à Ornans (photo). Dans ce village paisible du Doubs, une soirée entre deux amis a viré au cauchemar, lorsque l'un des hommes aurait, selon l'enquête, fait des avances à l'autre. Pris d'un accès de violence, ce dernier s'est acharné pendant plusieurs heures sur son camarade. Il a été placé mercredi en garde à vue.
«Je vais te tuer»
Les choses ont basculé après un début de soirée arrosé entre les deux hommes qui se connaissent bien. L'un d'eux, âgé de 25 ans, fait des avances à son hôte, plus jeune d'un an. Le déchaînement de violence commence alors.
Pendant près de quatre heures, le jeune gay va subir la colère de l'autre homme. Roué de coups, blessé avec un couteau à l'abdomen et brûlé sur tout le corps avec un briquet, son agresseur lui inflige de nombreux sévices. Tronçonneuse en main, il l'aurait également menacé: «Je vais te tuer.»
Ce n'est que vers trois heures du matin, mercredi, que le jeune homosexuel parviendra à s'en sortir. La sœur de la victime aurait été contacté par téléphone par le jeune homme, l'invitant à les rejoindre. Affolée, elle a donné l'alerte.
Comparution immédiate
Les gendarmes ont interpellé peu de temps après le suspect dans son appartement «alors que ce dernier faisait une pause cigarette», explique une source proche de l'enquête. Il a été placé en garde à vue et devrait être présenté cet après midi au parquet pour «séquestration et tentative de meurtre avec actes de torture et de barbarie».
La victime a été hospitalisée dans un état grave. De source policière, ses jours ne sont plus en danger. Il devra cependant subir plusieurs opérations et une période d'hospitalisation d'au moins quinze jours.
03 JUILLET 2012 - PROMESSE MARIAGE ET ADOPTION POUR TOUS POUR 2013
Le 11/07/2012
03 JUILLET 2012 –
Mariage et adoption pour tous les couples:
«au premier semestre 2013»
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault l'a confirmé, dans l’apres-midi du 03 juillet, à l'heure de faire devant l'Assemblée son premier discours de politique générale.
«Notre société évolue, les modes de vie et les mentalités changent aussi. Des aspirations nouvelles s’affirment. Le gouvernement y répondra, au nom du principe d’égalité. Au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l’adoption sera ouvert à tous les couples, sans discrimination.»
«Faire progresser la société entière»
Telle était la déclaration de Jean-Marc Ayrault, placée entre l'annonce d'un plan à l'automne de lutte contre la grande pauvreté et une nouvelle impulsion pour l'égalité hommes-femmes, aujourd'hui à l'Assemblée, durant son discours de politique générale. Laurent Fabius lisait, pratiquement mot pour mot, la même déclaration au Sénat au même moment.
«Cette victoire ne sera pas celle des uns contre les autres, a aussitôt déclaré Gilles Bon-Maury d'Homosexualités et socialisme (HES). Il s'agit de liberté et d'égalité. L'ouverture du mariage, du partage de l’autorité parentale, de l’adoption et de l’assistance médicale à la procréation fera progresser la société toute entière, en renforçant nos institutions communes, dans le respect de chacun.»
Conforme aux engagements
L'engagement de calendrier du Premier ministre est conforme aux propos de François Hollande à TÊTU durant sa campagne. Nicolas Sarkozy s'y était dit hostile, une opposition confirmée ce week-end par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé. La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, avait pris place samedi dernier en tête de la Marche des fiertés à Paris. Elle s'était dite «confiante» pour que la loi «sorte en 2013». «Je vais partout où l'avenir de la famille se joue», a-t-elle affirmé, ajoutant elle aussi que «toute avancée sociétale profite à l'ensemble de la société».
Les homosexuels et bisexuels représentent environ 6,5% du corps électoral, soit plus que les catholiques pratiquants (4,5%), selon l'Ifop. Tandis que, selon un sondage BVA publié en janvier, 63% des Français sont favorables au mariage pour les homosexuels et 56% à l'adoption. Quelque 200.000 enfants vivraient dans des familles homoparentales, selon les associations LGBT.
03 JUILLET 2012 - LES HOMOS ONT ILS TJR UNE PLACE A L UMP
Le 11/07/2012
03 JUILLET 2012 –
GayLib à Jean-François Copé:
«Les homos ont-ils toujours leur place à l'UMP?»
Devant l'hostilité affichée dimanche par le secrétaire général de l'UMP envers le mariage pour les couples de même sexe, GayLib s'est fendu ce matin d'une lettre ouverte. Extraits.
GayLib, l'association LGBT de l'UMP, demande au secrétaire général du parti Jean-François Copé si les homosexuels y sont «encore les bienvenus», regrettant dans une lettre ouverte publiée mardi son opposition au mariage homosexuel.
Mots extrêmement durs
«François Fillon a, lors de la campagne présidentielle, eu des mots extrêmement durs et sectaires à l'encontre des homosexuels. Si maintenant même vous, monsieur le secrétaire général, vous mettez dans une telle posture, je vous pose la question très solennellement: Les homosexuels sont-ils encore les bienvenus à l'UMP?», s'inquiète dans ce courrier Emmanuel Blanc, président de GayLib.
«Les deux défaites électorales que nous venons de subir méritent pour le moins une remise en question de certaines options, dont le refus affiché de l'égalité des droits pour les homosexuels», écrit-il.
Une «erreur historique»
«En vous positionnant aussi fermement dans le refus de l'accès au mariage à tous les couples, vous fermez le débat et risquez de mettre notre famille politique dans la même impasse que lors du débat délétère sur le Pacs en 1998», juge-t-il. Emmanuel Blanc met en garde contre une «erreur historique» de l'UMP alors que le mariage homosexuel «fait de plus en plus consensus dans la société française».
Dimanche, Jean-François Copé avait indiqué «ne pas être favorable» au mariage homosexuel, rappelé que Nicolas Sarkozy s'y était opposé durant la campagne présidentielle et mis en garde contre un débat «qui va générer beaucoup de tensions.»
02 JUILLET 2012 - JEAN FRANCOIS COPE EST CONTRE LE MARIAGE GAY
Le 11/07/2012
02 JUILLET 2012 –
Jean-François Copé est contre l'ouverture
du mariage aux couples homos
Fin du suspense: l'actuel secrétaire général de l'UMP est opposé au mariage pour tous: «il ne peut pas y avoir d'un côté les intelligents qui ont compris tout avant les autres et de l'autre les idiots qui ne comprennent rien», dit-il.
«C'est un débat extrêmement difficile. A l'UMP, nous avons refusé d'ouvrir cette possibilité dans le projet que nous avons présenté» pour la présidentielle «et Nicolas Sarkozy lui-même était sur cette ligne, considérant – et je suis sur cette ligne aussi – que notre société connaît beaucoup de tensions et que ce débat, qui va générer beaucoup de tensions, nécessitait d'être traité dans des périodes plus apaisées», a déclaré Jean-François Copé.
Le secrétaire général de l'UMP, se prononçait pour la première fois clairement, hier au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, sur le sujet de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels promise par le gouvernement. S'il est «favorable à ce qu'il y ait équité des droits», il «pose en revanche la question du mariage comme étant une question sur la famille».
«Qu'on ne (nous) caricature pas»
«Mon opinion, elle est de ne pas être favorable» au mariage homosexuel «parce que je pense qu'aujourd'hui, le débat est un débat très complexe qui engage aussi la réflexion sur la famille» et «la question de l'adoption», a insisté M. Copé.
Sur de telles questions de société, «il ne peut pas y avoir d'un côté les intelligents qui ont compris tout avant les autres et de l'autre les idiots qui ne comprennent rien», a-t-il ajouté en demandant «qu'on ne caricature pas» l'UMP. «C'est un sujet sur lequel les positions des uns et des autres doivent être respectées».
01 JUILLET 2012 - BILAN GAYPRIDE PARIS 2012
Le 11/07/2012
01 JUILLET 2012 –
La gay pride parisienne
portée par les promesses de François Hollande
Hier après-midi à Paris, il y avait foule derrière les 83 chars qui défilaient à la Marche des fiertés LGBT. En tête de cortège, la ministre de la Famille s'est dit «confiante» pour que la loi relative au mariage pour tous «sorte en 2013».
«On est nettement plus nombreux que l'année précédente, il y a largement plus qu'un demi-million de personnes!», s’exclamait hier Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, en tête de cortège. Record battu? En 2011, les organisateurs avaient comptabilisé «plus d'un demi-million» de participants à la gay pride parisienne. Hier, des dizaines de milliers de personnes, notamment portés par la promesse de François Hollande d’ouvrir le mariage aux homos, ont comme chaque année défilé derrière les 83 chars présents, de Montparnasse à Bastille.
Dominique Bertinotti dans le cortège
Passons sur les estimations de la police, incompréhensibles et sujet à polémique depuis plusieurs années. Pour Nicolas Gougain, notamment aux côté de la marraine de l’événement Zabou Breitman hier, il n’y a pas de doute: «Cette participation exceptionnelle est due aux attentes des personnes LGBT suite aux annonces faites» par le gouvernement. «C'est une marche spéciale, parce que c'est la première fois que nous avons un gouvernement, un président, une Assemblée favorables à certaines avancées», poursuivait-il, tout en soulignant une fois de plus que «tout reste à faire», et notamment qu’il «faut encore avancer sur la question de l'homoparentalité».
La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, était d’ailleurs présente en tête du défilé, se disant «confiante» pour que la loi relative au mariage pour tous et à l'adoption «sorte en 2013». «Je vais partout où l'avenir de la famille se joue», a-t-elle affirmé hier. Sur la même longueur d’ondes, la veille du défilé, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré que le «droit au mariage et à l'adoption pour tous serait institué» durant le quinquennat. Sans toutefois préciser de date, il avait ajouté que «toute avancée sociétale profite à l'ensemble de la société».
Des promesses en l'air?
D'autres personnalités ont accompagné le cortège, dont le maire de Paris, Bertrand Delanoë: «L'année 2012 est l'année de l'espoir parce qu'il y a enfin un président de la République qui a osé faire campagne (...) en prônant l'égalité entre tous, l'égalité devant l'amour», s'est-il réjoui. Egalement présent au sein de la Marche des fiertés LGBT hier, Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, Jack Lang ou encore Henry Chapier.
Dans la foule, certains sont restés sceptiques quant aux promesses de François Hollande et du gouvernement. «Il faudra voir si ce ne sont pas des promesses en l'air», soulignait ainsi Ludovic, infirmier de 25 ans. Venues du Lot, un couple de lesbiennes quinquagénaires était également assez méfiant: «On se méfie des annonces faites la veille de la Gay Pride…»
27 JUIN 2012 - GREVE DE LA FAIM PAR 3 MILITANTS COMITE IDAHO
Le 11/07/2012
27 JUIN 2012 –
Une grève de la faim
pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité
Parce qu'ils considèrent qu'obtenir une résolution à l'ONU est une urgence, trois militants du Comité IDAHO ont cessé de s'alimenter depuis lundi. Le Quai d'Orsay, directement visé, réclame «plus de temps».
Trois militants LGBT ont entamé lundi une grève de la faim. Trois membres du Comité IDAHO, qui organise chaque 17 mai la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie: Louis-Georges Tin (photo), son président, Usaam Mukwaya, réfugié ougandais en France, et Alexandre Marcel, qui en est à sa deuxième action de la sorte puisqu'il avait déjà entamé une grève de la faim contre l'exclusion des gays du don du sang. Depuis cette date, ils n'ont que bu de l'eau.
Contre «l'inaction honteuse du gouvernement»
Leur seule revendication: que la France enclenche activement les manœuvres pour présenter aux Nations-Unis un projet de résolution pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Et ce, au plus vite: le soutien des Etats-Unis sera indispensable, estiment-ils, et seul l'administration de Barack Obama serait susceptible d'œuvrer en ce sens, or celui-ci devra affronter en novembre une élection en vue de sa ré-élection. «Si les conservateurs remportent l'élection, préviennent les militants, on ne pourrait plus compter sur le soutien des Etats-Unis, et tout espoir de résolution serait suspendu pendant 4 ans, voire 8 ou 12 ans».
D'où cette action contre «l'inaction honteuse du gouvernement»: François Hollande, déjà élu mais pas encore installé à l'Elysée, avait promis à Louis-Georges Tin de tenter de faire voter une telle résolution. Il l'avait d'ailleurs déjà promis à TÊTU dans une interview. Or, pour le Comité IDAHO, les choses n'avancent pas assez vite.
«Il nous faut du temps»
Du côté du Quai d'Orsay, l'heure n'est pas encore à la panique. Une source diplomatique, interrogée par TÊTU, trouve cette manœuvre «extrême» et «comprend l'empressement»… tout en rappelant que, le nouveau cabinet ministériel n'étant installé que depuis un mois, les équipes s'occupent avant tout de la crise en Syrie. «Il nous faut plus de temps que cela, la diplomatie ne peut pas se fonctionner en quelques jours. Mais la France reste engagée dans le dossier et, d'ici la fin de l'année, un succès paraît envisageable.»
Une vision à laquelle ne souscrit pas du tout Louis-Georges Tin: «On nous mène en bateau! fustige-t-il. Lorsque Rama Yade avait travaillé avec les Pays-Bas et réussi à passer une simple déclaration pour la dépénalisation universelle, le travail actif avait commencé à la veille du 17 mai 2008. Cette fois, pour une résolution qui est beaucoup plus contraignante, on a déjà moins de temps!»
Une réunion avec les assos LGBT
Pourquoi enfin les Etats-Unis seraient-ils indispensables à toute action contre l'homophobie dans le monde? «Parce qu'on ne peut pas se passer de la première diplomatie du monde», répond Louis-Georges Tin. «Bien sûr il y a un antiaméricanisme dans le monde qui peut rebuter. Hillary Clinton, en particulier, a un engagement très personnel envers les LGBT. Qu'on le veuille ou non, même si notre chauvinisme le fait oubiier, nous n'avons pas d'équivalent en France côté engagement et efficacité. Or elle a annoncé que, réélection d'Obama ou pas, elle ne serait plus Secrétaire d'Etat après novembre.» Une raison de plus, selon les militants, d'agir en urgence.
Ce matin, les trois militants se disent en bonne santé et «toujours aussi déterminés». Ils se rassurent sur la capacité d'écoute du gouvernement avec l'annonce d'une réunion, annoncée lundi au premier jour de leur grève de la faim, entre des représentants du gouvernement et des associations pro-LGBT internationales comme l'ILGA, Human Rights Watch, Amnesty international, Aides, l'Inter-LGBT ou la Fédération des ligues des droits de l'homme. Elle aura lieu demain. «Notre grève les a fait réagir, mais je ne suis pas certain qu'ils soient vraiment convaincus pour autant», souffle Louis-Georges Tin.