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EQUAL'INFOS - ASSO EQUALITY
05 AVRIL 2012 - UN LIVRE HOMOPHOBE TOUJOURS PUBLIE SUR INTERNET
Le 11/04/2012
05 AVRIL 2012 –
Lille: une asso dénonce «l'inertie» de la justice
contre un pamphlet homophobe
L'asso L'Egide avait saisi la justice en mars 2011. Depuis, ce texte qui appelle clairement au meurtre des homos est toujours visible sur internet...
L'ouvrage appelle aux meurtres des homos... et il est encore accessible sur internet, plus d'un an après le dépôt d'une plainte contre son auteur. L'association L'Egide – la maison régionale des associations LGBT à Lille – a dénoncé mercredi «l'inertie» de la justice après la publication, en janvier 2011, d'un pamphlet islamiste homophobe. Le texte incriminé, intitulé Tariq Ramadan et l'homosexualité et signé par Maamar Metmati, auteur de plusieurs ouvrages auto-édités sur des questions ayant trait à l'islam, avait été distribué gratuitement dans de nombreuses boîtes aux lettres de la métropole lilloise en février 2011.
Provocation à la haine
Dans ce texte de 80 pages, présenté comme un pamphlet contre les positions jugées trop libérales de l'intellectuel musulman Tariq Ramadan vis-à-vis des homosexuels, l'auteur assimile l'homosexualité à une «perversion» et à une «infamie», et les homosexuels à des «criminels» ou à des «pédophiles».
L'Egide avait déposé plainte auprès du parquet de Lille le 30 mars 2011 pour «provocation à la haine, la violence et à la discrimination» et «injures publiques», dénonçant un ouvrage «nauséabond». «Depuis notre dépôt de plainte, le dossier a été transféré à Pontoise parce que l'auteur du livre est domicilié dans le Val-d'Oise, mais rien n'a bougé», a assuré l'avocat de l'association, Me Jean-Yves Moyart. «J'ai contacté plusieurs fois le parquet, qui ne m'a pas répondu», a-t-il dénoncé.
«N'importe qui peut le télécharger gratuitement»
Le parquet de Pontoise a lui confirmé avoir été saisi du dossier en août 2011, mais assuré que l'affaire était en cours d'instruction. «Une enquête préliminaire a été ouverte, le dossier n'est pas oublié (...) Ce genre d'enquête prend du temps», a-t-il précisé.
Selon Alexandre Marcel, vice-président de l'association de défense des homosexuels Idaho (International day against homophobia and transphobia), «le principal problème, c'est que le livre est toujours visible sur internet, notamment sur un site créé par l'auteur, où n'importe qui peut le télécharger gratuitement. (...) On a été reçus deux fois place Beauvau. Le conseiller spécial de M. Guéant nous a dit qu'il s'occupait du dossier. Mais on n'a pas eu de nouvelles. Ce livre et ce site internet appellent pourtant clairement au meurtre des homosexuels».
05 AVRIL 2012 - IDEE D UN DEBAT PRESIDENTIEL SUR INTERNET
Le 11/04/2012
05 AVRIL 2012 –
Présidentielle : candidats, venez débattre sur internet
En France, Internet est depuis longtemps le lieu de l'échange politique. Cinq sites d'informations s'associent et proposent la tenue d'un vrai débat.
Internet est depuis longtemps en France le lieu du débat politique, de la confrontation d’idées et d’échanges. Devant les innombrables difficultés rencontrées par les médias audiovisuels à organiser un grand débat entre les principaux candidats à la présidence de la République, et pour répondre aux besoins d’information des électeurs, Dailymotion, Le Lab Europe 1.fr, Yahoo!, Le Nouvel Observateur.com et Le Parisien.fr s’associent pour proposer la tenue d’un vrai débat.
Nous adressons donc aux principaux candidats et à leur équipe une invitation officielle à organiser un véritable débat, abordant les grandes questions de fond qui animent la société française et passionnent nos concitoyens. Trois candidats ont d'ores et déjà accepté l'invitation : Marine Le Pen, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan.
Comme le font les internautes sur le web, les candidats pourrons s’interpeller, échanger et débattre sans contrainte. Ils seront interrogés par des journalistes de talent, ainsi que par des internautes via les réseaux sociaux.
Dailymotion, Le Lab Europe 1.fr, Yahoo !, Le Nouvel Observateur.com et Le Parisien.fr vont entamer des discussions avec les différents candidats afin de trouver la meilleure date et la formule exacte de ce débat dont les grands principes ont été fixés. Ce grand rendez vous sera diffusé en direct et en vidéo sur le web, accessible à tous.
03 AVRIL 2012 - UN SUJET SUR LES FEMMES POLICIERS LESBIENNES
Le 11/04/2012
03 AVRIL 2012 –
Le quotidien d'une policière lesbienne:
vocation, sex-appeal et homophobie?
Elles font fantasmer beaucoup de filles, aiment leur métier et le font par vocation. Ce qui n'empêche pas certaines d'être victimes de lesbophobie de la part de leurs collègues policiers ou gendarmes...
Lorsqu’on demande à des policières s'il y a, comme la rumeur le veut, beaucoup de lesbiennes dans la police et la gendarmerie, la réponse est claire: un grand «oui!» à l’unisson... Et si ça plaît aux filles? L'uniforme fait fantasmer... «Et c’est vrai que certaines sont curieuses voire fascinées par nos interventions», reconnaît Nat, 39 ans, qui travaille de nuit depuis 12 ans dans la police. Charlotte, 33 ans, confirme: «Tu représentes quelqu’un de solide, presque une sauveuse. Mais il m’est aussi arrivé, sur un site de rencontres, qu’on ne me parle plus du tout après avoir dit que j’étais fonctionnaire de police! C’est à double tranchant...»
Une vocation
Si elles ont choisi d’être flic, ce n’est pas pour plaire mais par vocation. Nat est fille de militaire et s’est toujours intéressée à la criminologie. Mais même si ce métier était une évidence, la peur de ne pas être acceptée en tant que lesbienne était bien présente au départ. «C’était ma crainte, explique Nat. Mais je n’ai jamais eu de problème, mes collègues sont très ouverts».
«On a souvent droit à des blagues salaces sur les homos» Laure, 31 ans, policière depuis 11 ans, n’est pas aussi catégorique: «Mes collègues sont au courant et je n’ai jamais été ouvertement victime de moquerie, mais on a quand même souvent droit à des blagues un peu salaces sur les homos...» Charlotte a connu, elle, des débuts très difficiles: «J’ai dû changer de brigade à cause de mes collègues.» Pendant deux ans, sept personnes de son service s’en prennent à deux collègues masculins en lançant continuellement des blagues homophobes dans leur dos. «Ils savaient très bien que j’étais lesbienne et observaient mes réactions, faisaient aussi des blagues sur moi.»
«L'homophobie est souvent insidieuse»
Ils vont jusqu’à publier, sur internet, des montages photos représentant l’un de ses collègues sur des scènes pornos entre hommes. Charlotte essaie de masquer sa colère, jusqu’à ce qu’elle craque et leur demande d’arrêter. «A partir de là j’ai été mise en quarantaine, plus personne ne me parlait. Je me suis tellement sentie à l'écart que je suis tombée malade.» Elle décide alors d'aller voir son supérieur, qui la change de brigade le jour même. «Ça s’est passé il y a 4 ans et j’ai encore du mal à digérer tout ça.»
Par peur de représailles, Charlotte n’a pas donné suite. «Les victimes hésitent souvent à porter plainte car l’affaire se retourne contre elles, explique Mickaël Bucheron, président de l’association Flag!, qui défend policiers et gendarmes LGBT. On considère qu’elles n’ont pas été solidaires avec l’institution». Les affaires de harcèlement moral sont en outre difficiles à régler. «Les actes sont souvent insidieux, il est difficile d’obtenir des témoignages et l’affaire touche parfois une hiérarchie haut placée, avec des enjeux politiques.»
Un couple de femmes harcelé
Sihem Souid en a fait les frais fin 2010. A la publication de son livre Omerta dans la police (éditions du Cherche Midi), cette fonctionnaire de police est suspendue par le ministère de l'Intérieur pour avoir manqué au «devoir de réserve». Un livre dans lequel elle dénonce notamment le harcèlement subi par un couple de femmes dans son service.
L'association Flag!, qui compte 500 adhérents, lutte depuis plus de 10 ans contre l’homophobie dans la gendarmerie et la police. «Les filles sont généralement moins ciblées que les hommes, mais la lesbophobie existe réellement. Deux filles ont été séparées pour être placées dans deux services différents car elles étaient ensemble, raconte Mickaël Bucheron. Alors qu’un couple hétéro n'aurait posé aucun problème». Le combat n’est pas encore gagné.
03 AVRIL 2012 - BAUDIS EN FAVEUR DES HOMOSEXUELS
Le 11/04/2012
03 AVRIL 2012 –
L'homophobie bientôt sur le même plan
que les discriminations raciales?
Lors d'un point avec les associations LGBT, Dominique Baudis, Défenseur des droits, a rappelé qu'il avait saisi les ministres concernés pour que les délais de prescription pour la provocation à la discrimination en raison de l'orientation sexuelle soient étendus.
Lors d'une réunion, hier, du comité LGBT, instance de dialogue qui réunit une vingtaine d'associations et de collectifs de lutte contre les discriminations homophobes et transphobes, Dominique Baudis a rappelé qu'il avait saisi les ministres de la Culture et de la Justice pour que la loi sur la liberté de la presse soit réformée. Le Défenseur des droits s'est ainsi exprimé pour que soient étendus à un an les délais de prescription pour la provocation à la discrimination en raison de l'orientation sexuelle.
Dominique Baudis souhaite donc que le délai des prescriptions pour les injures, diffamations et provocation à la haine, la violence ou la discrimination en raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou du handicap (actuellement de trois mois), soit aligné sur celui des infractions de même nature fondées notamment sur l'origine ou la religion (c'est-à-dire un an). Une proposition de loi en ce sens, déposée par la députée Catherine Quéré, est examinée actuellement au Sénat.
En faveur du don du sang par les homos
Le Défenseur des droits a également rappelé qu'il s'était prononcé en faveur de la levée de l'interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang. Lors de cette réunion a été également évoquée «l'inclusion d'un focus LGBT dans la 5e édition du baromètre OIT sur la perception des discriminations au travail, paru en janvier 2012. Ce baromètre comportait pour la première fois des questions spécifiques liées à l'identité de genre (trans) au travail»
De plus, la question des engagements des entreprises sur les questions LGBT et des droits ouverts aux personnes pacsées a fait l'objet d'une nouvelle enquête portant sur plus d'un million de salariés, dont les résultats, communiqués aux participants, seront prochainement disponibles sur le site internet du Défenseur des droits.
02 AVRIL 2012 - BILAN SIDACTION 2012
Le 11/04/2012
02 AVRIL 2012 –
Cette année, le Sidaction fait moins recette qu'en 2011
Le Sidaction 2012 a franchi la barre des 4,2 millions d'euros de promesses de dons au profit de la recherche contre le sida, soit 1 million d'euros de moins qu'en 2011 (soit 20% de baisse). Les organisateurs croient que les dons vont continuer.
«C'est un retard, et non une baisse des dons, veut croire un responsable de l'association Sidaction, nous avons eu plus d'appels le samedi que le dimanche.» «Les dons sont stables depuis trois ans, les donateurs partent aussi en week-end, et ils peuvent continuer à donner», a indiqué de son côté François Dupré, directeur général de Sidaction, en assurant être confiant. «Il y aura un rattrapage. La baisse n'atteindra pas les 10%. Toute cette semaine, les donateurs pourront continuer d'appeler le 110 pour faire des dons. Le compteur des promesses de dons tournait jusqu'à minuit dimanche, mais les gens savent qu'ils peuvent continuer à donner jusqu'au 11 avril. Lucide, François Dupré le reconnaît, «c'est un moment ponctuel. Nous sommes dans une période incertaine, avec une crise économique importante.»
Le sida est l'affaire de tous
«L'argent du Sidaction est utilisé directement sur l'action. De manière très concrète, une baisse des dons se traduirait par des arbitrages sur des programmes», explique encore François Dupré.
L'association consacre la moitié des fonds nets collectés aux programmes scientifiques et médicaux, et la moitié aux programmes de prévention et d'aide aux malades. L'argent collecté l'année dernière a notamment permis de financer les travaux de 99 jeunes chercheurs pour un montant de près de 3 millions et de permettre à plus de 35.000 personnes d'avoir accès à des traitements. Temps fort de sensibilisation du grand public et de prévention, le Sidaction, qui existe depuis 1994, avait pour slogan cette année: «Ensemble, vous n'imaginez pas le pouvoir que nous avons». Les organisateurs souhaitant rappeler que le sida «est l'affaire de tous».
En France, 6000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année
Le coup d'envoi avait été donné vendredi soir à la télévision par une édition spéciale de l'émission de TF1 Qui veut gagner des millions?. Les artistes avaient réuni 193.500 euros au profit de l'opération. Samedi soir, France 2 a pris le relais avec une émission spéciale à 20h35, Les stars chantent la tête dans les étoiles, animée par Stéphane Bern, en présence notamment de Sofia Essaidi, Thomas Dutronc, Jean-Louis Aubert, Christophe Willem. Sur le terrain, plus de 300 animations ont été organisées tout le week-end dans de nombreuses villes de France.
Dans le monde, 34 millions de personnes vivent avec le virus du sida (VIH), et chaque jour la maladie emporte 5000 personnes. En France, 150.000 personnes vivent avec le VIH et plus de 6000 découvrent leur séropositivité chaque année. Parmi eux, 12% ont moins de 25 ans et 18% plus de 50 ans. Il est toujours impossible d'en guérir et de détruire le virus dans l'organisme. Les contaminés attendent toujours un vaccin, bien que des traitements comme des trithérapies existent. L'année dernière, le montant des dons avait atteint 5 millions d'euros.
01 AVRIL 2012 - L UMP HUE AU MEETING LGBT EGALITE 2012
Le 11/04/2012
01 AVRIL 2012 -
Meeting LGBT : l'UMP sous les huées
«Homophobe!», «Égalité!», « Sarko, ça suffit!»…C’est sous les sifflets et les huées que le représentant de Nicolas Sarkozy, Geoffroy Didier, secrétaire national de l'UMP et conseiller régional d'Ile-de-France, a été accueilli le samedi 31 mars au « Meeting LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) pour l’égalité ». Ce grand rassemblement, organisé aux Folies Bergères (Paris IXe) par la campagne Égalité LGBT 2012 – qui regroupe l'Inter-LGBT, la Fédération LGBT et la Coordination InterPride France (CIF) – a réuni, selon les associations, plus de 1.000 personnes.
Confirmé en toute dernière minute, le représentant du candidat UMP a essayé de défendre, durant un petit quart d’heure, le bilan du quinquennat en matière d’égalité des droits hétéros/homos, évoquant le « respect » de Nicolas Sarkozy pour les questions LGBT. Vaine tentative tant la salle des Folies Bergères était remontée contre les dernières prises de positions du chef d'État sur ces questions :
Revenant sur l’une des rares promesses du candidat Sarkozy de 2007, le contrat d’union civile, Geoffroy Didier a expliqué, comme l’avait fait avant lui Camille Bedin mi-février lors d'un débat politique organisé par l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qu'un tel contrat s'était avéré « inconstitutionnel ». « Ils n’ont qu’à faire une sixième République et changer la constitution !, affirme Clémentine Autain (Front de Gauche) à l’issue du meeting. En fait, l’union civile, c’était un angle tactique parce que le mariage c’était trop frontal. Mais la vérité, c’est qu’ils n’ont jamais voulu le faire et qu’ils ne le feront jamais. »
Également interrogée sur l’intervention de Geoffroy Didier, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande et représentante du candidat PS à la soirée, reconnaît que « ce n’est jamais agréable de faire face à une salle hostile » : « Il a eu le courage de venir, mais il est venu défendre des choses un peu indéfendables : on ne peut pas sérieusement dire que Nicolas Sarkozy ait fait avancer la question de l’égalité des droits des personnes LGBT depuis son arrivée au pouvoir. Il avait pris un certain nombre d’engagements en 2007 et pourtant, je n’ai pas eu le sentiment que les choses aient bougé. »
« Sur la question de l’égalité des droits, ce n’est pas seulement les mesures que l’on prend ou que l’on ne prend pas, c’est aussi les discours que l’on tient ou que l’on ne tient pas, poursuit la porte-parole de François Hollande. Depuis, cinq ans, on n’a pas beaucoup entendu de discours de rassemblement. On a, en revanche, entendu beaucoup de dérapages, y compris dans la majorité présidentielle. Un cas symptomatique, c’est le cas Vanneste (Christian Vanneste, député UMP du Nord, coutumier des déclarations polémiques sur les homosexuels). »
Faute d’un véritable bilan et de propositions concrètes pour faire avancer l’égalité des droits hétéros/homos, Geffroy Didier a fait pâle figure face aux autres candidats ou représentants de, venus, eux aussi, présenter leurs propositions au « Meeting LGBT pour l’égalité ». Seule la responsable des questions d'intégration et d'égalité des chances au Modem et représentante de François Bayrou à la soirée, Fadila Mehal, a également été chahutée par le public des Folies Bergères. En justifiant, par la religion, le refus de son candidat d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, elle s’est attirée quelques sifflets : « Il très croyant et très respectueux du caractère sacré du mariage », a-t-elle déclarée face à une salle scandant le mot « Laïcité ! ».
Un tout autre accueil a été réservé aux candidats et représentants de la gauche, sortis grands gagnants de la soirée. Najat Vallaud-Belkacem (PS), Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) ont tous trois été chaudement applaudis. « Toute la gauche est aujourd’hui d’accord pour ouvrir le mariage aux couples de même sexe, s’est félicitée Clémentine Autain. Ça n’a pas toujours été le cas… »
29 MARS 2012 - ENQUETE SUR LA DOUBLE DISCRIMINATION
Le 11/04/2012
29 MARS 2012 –
Homosexualité et origine:
L'Autre cercle a enquêté sur la double discrimination
Quand on est à la fois homo ou trans et d'origine étrangère, comment s'en sortir au travail? C'est ce qu'a cherché à savoir l'association, au travers d'une vingtaine de témoignages accablants.
Il serait difficile, à moins de l'avoir vécu, de se rendre compte des difficultés que rencontrent au travail des personnes à la fois homosexuelles et d'origine étrangère, sans avoir lu l'enquête que vient de publier L'Autre cercle. Toujours attachée à lutter contre les difficultés professionnelles des LGBT, l'association a minutieusement enquêté sur ces personnes condamnées à cette «double peine» si particulière.
Condamnés à l'invisibilité
Parmi la vingtaine de grands témoins interrogés pour cette enquête, Ludovic Mohamed Zahed était présent mardi au colloque sur le sujet organisé à la mairie de Montreuil. Celui qui a, depuis, fondé l'association Homosexuels musumans de France (HM2F) a raconté la voix tremblante ses «années de déchirements» sur son identité, et de galère pour trouver un emploi et un appart, bien que bardé de diplômes. «Le rejet n'engendre pas forcément la haine, mais certainement la colère, qui est mêlée dans le même temps à une certaine honte.»
Cette honte, Brahim Naït-Balk en a aussi parlé, évoquant les injures dont il était victime en tant qu'éducateur sportif dans une cité. «Plus on m'insultait, plus je culpabilisais, parce que j'étais arabe et gay.» Un état d'esprit dont il est finalement sorti en faisait son coming out au travers d'un livre: «Ce n'est qu'à ce moment que je me suis enfin senti libre. A vouloir se cacher par peur d'être montré du doigt, on ne se rend pas service à soi-même.»
«Un peu de diversité aurait été encouragé. Mais arabe, gay, séropo… c'était un peu trop de diversité à leur goût.» Diversité plurielle
Mais avant cette sortie par le haut, il y a toute une série de stratégies afin d'échapper à la double discrimination. «Consciemment ou pas, les employés d'origine étrangère et LGBT savent que le milieu professionnel est l'un des terrains les plus propices aux actes homophobes. Se déclenche alors un mécanisme de défense afin, le plus souvent, de devenir invisibles», raconte Marie-Hélène Goix, qui fait partie du pôle de L'Autre cercle ayant mené l'enquête. Elle cite ainsi l'exemple de Samia, lesbienne d'origine algérienne, qui confie qu'elle «aimerait être lesbienne, c'est plus simple, (mais) avec mon nom, on voit déjà que je suis arabe, je ne vais pas ajouter un problème de plus.»
Ludovic Mohamed Zahed ne dit pas autre chose, en racontant la difficulté de son parcours au sein de la vénérable Ecole normale supérieure. «Un peu de diversité aurait été encouragé. Mais moi, arabe, gay, séropo, c'était un peu trop de diversité à leur goût. Je ne regrette pas d'avoir lutté en permanence… J'aimerais juste, parfois, devoir être un peu moins fort pour résister à tous les bâtons qu'on nous met dans les roues», souffle-t-il.
Prix de la Diversité
Forte d'un constat aussi accablant, que peut faire L'Autre cercle? Encourager les bonnes initiatives, déjà: c'était le cas mardi avec la remise du 3e grand Prix de la Diversité à Armelle Carminati, directrice générale diversité de la société Accenture, qui a su promouvoir la diversité sans y oublier les LGBT. L'association émet aussi des préconisations, parmi lesquelles «plus d'action, de protection, de communication» de la part des entreprises.
«Il faut traiter l'ensemble des critères de discriminations, pointe Marie-Hélène Goix, car si chacune d'entre elles est importante, c'est vite insupportable pour ceux qui les cumulent.» Présent aussi mardi, le président de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, Louis-Georges Tin, se bat lui aussi contre «la politique de la diversité à la carte». «La diversité existe en entier, ou n'existe pas, insiste-t-il. «Imaginerait-on un Etat dire: “d'accord, on est racistes, mais au sujet du handicap on est excellents”?»
27 MARS 2012 - ENGAGEMENTS DES CANDIDATS CONTRE L HOMOPHOBIE
Le 11/04/2012