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EQUAL'INFOS - ASSO EQUALITY
08 MARS 2012 - Y A T IL TROP DE DEPUTES A L'ASS NATIONALE ??
Le 18/03/2012
08 MARS 2012 –
Présidentielle: y a-t-il trop de députés à l'Assemblée nationale?
Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen veulent réduire le nombre de nos parlementaires. A tort ou a raison?
Lors de son premier grand meeting de campagne à Marseille ce dimanche 19 février 2012, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il faudrait «arriver à réduire le nombre de nos parlementaires» au plus vite. Le 8 mars, il a précisé sa pensée en déclarant qu'il souhaite une baisse de 10% à 15% du nombre des parlementaires s'il est réélu. Marine Le Pen a elle aussi proposé de réduire le nombre de députés après les législatives de 2012.
En novembre dernier déjà, Joseph Thouvenel, vice-président du syndicat CFTC, proposait de diminuer de presque moitié le nombre de députés(de 577 actuellement à 300) dans le cadre du plan de rigueur du gouvernement. Une solution qui rapporterait selon lui 277 millions d’euros par an. Peut-on vraiment calculer le coût d’un député? Peut-on vraiment réduire leur nombre? Et si oui, doit-on le faire?
L’Assemblée nationale compte actuellement 577 députés, dont 556 représentants de la métropole, 10 pour les collectivités d’Outre-mer et 11 pour les Français de l’étranger depuis le redécoupage de la carte électorale de 2009.
Fait inhabituel, ce redécoupage ne s’est pas accompagné d’un changement du nombre de députés, et pour cause: en prévision de la création des 11 représentants des Français de l’étranger, l’Assemblée nationale avait décidé en 2008 d’inscrire dans la Constitution le nombre plafond de 577 députés impossible à dépasser. Une constitutionnalisation du nombre de députés inédite sous la Ve République.
S’il est donc désormais impossible d’augmenter le nombre de députés, rien n’interdit en revanche de le diminuer. Cela ne veut pas dire pour autant qu’une diminution est réaliste. Le nombre de députés a certes changé à plusieurs reprises au cours de la Ve République, mais presque toujours pour augmenter. Seule exception: la 2eme législature en 1962 où l’hémicycle avait perdu presque 100 députés, notamment ceux de l’Algérie nouvellement indépendante.
Un député correspond à une circonscription, et donc à une réalité géographique et politique complexe. Il n’y a qu’à voir la longueur des négociations autour du redécoupage de 2009 pour comprendre que supprimer la moitié des députés serait un véritable casse-tête.
Pour Luc Rouban, chercheur au CNRS et au Cevipof spécialisé des institutions politiques et de l’administration, la proposition est «fantaisiste», «politiquement infaisable» et même «irresponsable»:«on peut quand-même s’interroger sur l’absence totale de sens politique de certains commentateurs».
La Fondation Ifrap, think tank libéral qui prône la réduction du poids de l’administration, proposait en 2009 de revenir au nombre de députés d’avant la dernière augmentation, à savoir 487, soit une diminution de 90 sièges. Outre les économies d’une telle réduction, le think tank souligne que la France connaît un double transfert de pouvoir (vers les régions avec la décentralisation et vers l’Europe avec le parlement européen) qui réduit le champ de compétence de l’Assemblée nationale, et donc sa masse de travail. Le syndicaliste Joseph Thouvenel n’hésite pas à dresser une comparaison avec les délocalisations qui touchent l’économie française:
«Cela fait des décennies que les salariés subissent des délocalisations. Une partie du travail part à l’étranger, et cela entraîne des suppressions de postes en France. On arrive aujourd’hui à une situation où 70% des textes qui s’imposent à la France viennent de l’Europe. La tâche des députés s’est allégée, c’est aussi une sorte de délocalisation.»
Un constat que ne partage pas Luc Rouban. Pour le chercheur, les députés n’ont «jamais eu autant de travail», notamment parce que le travail législatif est «beaucoup plus technique qu’autrefois». Auteur d’une étude des profils sociaux et professionnels des députés depuis 1958, il assure que ceux-ci sont de plus en plus qualifiés et que l’on assiste à une professionnalisation de la fonction.
Une balle dans le pied?
Mais qu’il s’agisse d’une diminution de moitié ou de «seulement»90 sièges, une cure d’amincissement de l’Assemblée se heurte à un obstacle de taille: il faudrait une réforme votée par… les députés eux-mêmes. C’est un peu comme si on demandait aux salariés d’une entreprise de valider un plan social prévoyant le licenciement de la moitié d’entre eux.
Les premiers concernés sont pour le moins sceptiques, voire énervés par de telles propositions. Le député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas, qui avait pourtant milité en 2008 contre l’inscription dans la constitution d’un plafonnement du nombre de députés parce qu’il n’y avait «pas de raison de s’interdire une évolution», qualifie la proposition de Joseph Thouvenel de «dérive populiste».
Alain Marleix, député du Cantal et grand artisan du redécoupage électoral de 2009, confirme que l’on peut «en théorie baisser le nombre de députés», mais s’oppose vivement à l’idée: «Le nombre de députés était bien supérieur sous la IVe République… On pourrait aussi supprimer tous les députés tant qu’on y est, revenir aux idées d’extrême droite, dire que la démocratie ne sert à rien.»
Selon lui, les économies seraient «extrêmement marginales» à côté d’autres grands postes de dépenses, comme la fraude sociale qui «représente 20 milliards d’euros par an». D’autant plus que le calcul de Joseph Thouvenel est certes simple, mais pas des plus rigoureux: en 2010, la dotation de l’Etat pour financer le budget de l’Assemblée nationale s’élevait à 533,9 millions d’euros. Avec 577 députés, cela donne 925.000 euros par député, auxquels «on peut rajouter le coût d’organisation des campagnes législatives pris en charge par l’Etat»et «d’autres frais annexes comme les repas au restaurant de l’Assemblée nationale qui ne coûtent que 7 euros par exemple», soit un résultat d’un million d’euros annuels par député.
Le vice-président de la CFTC concède que son calcul n’est pas d’une précision «à 100 euros près». En se plongeant dans le budget détaillé de l’Assemblée nationale, il semble en effet impossible de savoir exactement combien coûte un député. Les charges parlementaires (indemnités des députés, charges sociales, secrétariat etc.) ne représentent qu’environ la moitié des dépenses de l’institution (288 millions d’euros sur un total de 526 en 2010). Supprimer un député n’aurait pas d’effet direct par exemple sur les 170 millions d’euros utilisés pour la rémunération du personnel de l’Assemblée ou sur les investissements logistiques.
Pas la taille qui compte
Pour Jean-Jacques Urvoas, ce n’est pas le nombre de députés qui est important, mais leur efficacité:
«Ce qui m’intéresse, c’est que les députés occupent la fonction pour laquelle ils sont payés. Un député-maire-conseiller général ne peut pas remplir pleinement sa fonction de législateur. C’est pourquoi je suis pour le non-cumul des indemnités: il n’y a pas de raison pour qu’un député-maire touche deux indemnités. Le député est-il là pour représenter une circonscription ou pour voter des lois applicables au pays? Pour moi c’est la loi qui est plus importante.»
Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’Ifrap, admet que la proposition de son think tank de réduire les effectifs de l’Assemblée est «difficile à mettre en œuvre sur le court terme». Mais elle rejoint le député du Finistère sur un point: ce n’est pas forcément le nombre de députés qui importe, mais plutôt l’organisation du travail:
«Comment les parlementaires peuvent-ils être concentrés sur le contrôle et l’évaluation des dépenses publiques, qui est une de leurs missions les plus importantes selon nous, quand ils sont tout le temps entre 3 endroits différents?»
Y a-t-il un nombre de députés idéal? «C’est un débat qui n’a pas de bonne réponse, estime Jean-Jacques Urvoas. Il n’y a pas de paramètre scientifique qui dirait combien de députés sont nécessaires pour représenter au mieux la population. Tout est question d’organisation.» Une chose est sûre, la France a peu de députés proportionnellement à sa population par rapport à ses voisins européens.
Parmi les 27 pays de l’Union européenne, elle est le troisième pays avec le moins de députés par rapport à sa population, avec en moyenne 113.000 habitants pour un député. Seules l’Allemagne (131.000 habitants par député) et l’Espagne (133.000 habitants par député) ont un nombre relatif de députés plus faible.
Une tendance se dégage, qui explique en parti ce rapport: plus un pays est grand, plus son ratio habitants par député est élevé. La Chambre des représentants américaine ne compte que 435 parlementaires, pour une population de 313 millions, soit une moyenne de 719.000 habitants par représentant.
08 MARS 2012 - SARKOZY QUITTE LA POLITIQUE S'IL N'EST PAS REELU
Le 18/03/2012
08 MARS 2012 -
Nicolas Sarkozy quittera la politique s'il n'est pas réélu
PARIS - "Faites-moi confiance ou je quitte la politique", a déclaré jeudi en substance Nicolas Sarkozy aux Français, à 45 jours du premier tour de l'élection présidentielle où il reste distancé par son rival socialiste François Hollande dans les sondages.
Le président sortant a dit sur RMC et BFMTV qu'il ne se plaçait pas dans la perspective d'une défaite et qu'il se battrait "de toutes ses forces" pour obtenir un second mandat, "protéger" les Français et "construire une France forte".
"C'est un enjeu considérable pour la France", a-t-il expliqué. "Je m'inquiète de voir le programme du candidat socialiste, qui ne prévoit aucune économie, et je m'inquiète de cette grande inexpérience dans une période si troublée."
"Mais si les Français devaient ne pas me faire confiance, est-ce que vous croyez vraiment que je devrais continuer dans la vie politique ? La réponse est non", a ajouté le chef de l'Etat, avocat de formation et âgé de 57 ans.
Quelques instants auparavant, Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ferait "autre chose" que de la politique en cas de défaite le 6 mai mais ne savait pas encore quoi.
Il avait déjà fait ce genre de confidence, notamment en marge d'un récent voyage en Guyane, mais jamais publiquement.
"Dans la vie politique il faut s'engager, s'engager totalement et s'engager complètement", a souligné Nicolas Sarkozy, entré en politique il y a 35 ans, alors qu'il était un tout jeune homme, et qui n'en est jamais sorti depuis.
Le chef de l'Etat raille volontiers en privé l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui s'accroche encore au paysage politique français plus de 30 ans après sa défaite de 1981 face au socialiste François Mitterrand.
"Ces carrières qui n'en finissent pas (...), ça empêche des jeunes de monter", a estimé Nicolas Sarkozy jeudi. "On s'habitue au pouvoir, ce qui est toujours une très mauvaise chose."
"Donc, c'est très simple. Je dis aux Français : 'je me battrai de toutes mes forces pour avoir votre confiance, pour vous protéger, pour vous conduire, pour construire la France forte. Mais si tel n'est pas votre choix et bien je m'inclinerai et c'est ainsi, et j'aurais fait une très belle vie politique."
"HYPOTHÈSE THÉORIQUE"
Le secrétaire national de l'UMP Guillaume Peltier, spécialiste des sondages, a salué une "annonce logique et respectueuse de la souveraineté du peuple français", tout en s'efforçant d'en atténuer l'impact potentiel.
"Cette hypothèse n'est que théorique, car Nicolas Sarkozy sera soutenu par une majorité de Français : la France a besoin d'un Président solide, expérimenté et crédible", écrit-t-il dans un communiqué.
Interrogé sur les propos du président-candidat en marge d'un déplacement en région parisienne, François Hollande, dont la carrière politique est presque aussi longue que celle de Nicolas Sarkozy, a pris le contre-pied du chef de l'Etat sortant.
"Je ne suis pas dans une espèce de proclamation personnelle, d'exhibition personnelle, ce n'est pas mon sort qui est en cause, c'est celui de la France", a dit le candidat socialiste.
"En ce qui me concerne, ma vie est dans le service de mes concitoyens et je continuerai d'une autre façon, si je ne suis pas élu, à effectuer mon travail auprès de mes concitoyens."
Au même moment, un de ses porte-parole, Bernard Cazeneuve, estimait sur BFMTV que l'avenir du président sortant en cas de défaite n'était pas "un sujet pour la France".
"Ce qui compte pour nous ce n'est pas ce que fera tel ou tel s'il était battu, c'est de savoir ce qu'il fera s'il est élu", a dit le député socialiste. "Je comprends que Nicolas Sarkozy se pose la question (.) Ce n'est pas un sujet pour la France, c'est un sujet pour Nicolas Sarkozy."
Quand au vice-président du MoDem, parti du candidat centriste François Bayrou, il a estimé que les propos de Nicolas Sarkozy sur son avenir reflétaient un manque de confiance.
"On ne sent pas (...) un Nicolas Sarkozy très confiant (...) "Il en tire peut-être lui-même les conséquences", a déclaré Jean-Luc Benhamias sur BFMTV, tout en jugeant que le chef de l'Etat était "encore un peu jeune pour arrêter" la politique.
08 MARS 2012 - SARKOZY CONTRE HOLLANDE SUR LEURS SALAIRES
Le 18/03/2012
08 MARS 2012 –
Sarkozy interpelle Hollande sur son salaire de président de Conseil général
Nicolas Sarkozy a interpellé jeudi son rival socialiste François Hollande sur son salaire de président du Conseil général de Corrèze en se demandant pourquoi il ne l'avait pas réduit alors qu'il propose, en cas de victoire, de réduire de 30% celui du président de la République.
Nicolas Sarkozy a interpellé jeudi son rival socialiste François Hollande sur son salaire de président du Conseil général de Corrèze en se demandant pourquoi il ne l'avait pas réduit alors qu'il propose, en cas de victoire, de réduire de 30% celui du président de la République.
"J'ai vu que François Hollande proposait de baisser les salaires. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'alors qu'il est président du département le plus endetté de France, il ne l'a pas fait pour lui-même", s'est interrogé le président candidat de l'UMP sur RMC/BFMTV.
"Pourquoi dire qu'il le fera dans les années qui viennent ? Qu'il le fasse tout de suite", a-t-il lancé. "Même si chacun peut avoir son opinion là-dessus, je ne pense pas que c'est la solution. La solution, c'est d'avoir des responsables politiques honnêtes, compétents et qui s'engagent", a poursuivi Nicolas Sarkozy.
"Je ne pense pas que la rémunération du personnel politique dépasse en quoi que ce soit la rémunération des autres catégories", a-t-il conclu.
Nicolas Sarkozy a également justifié jeudi l'augmentation de plus de 170% du salaire du président de la République décidée au début de son mandat comme un acte de "transparence", tout en refusant de faire "étalage" de sa feuille d'impôt. Interrogé sur BFMTV et RMC sur le montant de ses impôts, le candidat de l'UMP à sa propre succession n'a pas répondu. "J'ai payé des impôts, il suffit d'aller à la trésorerie" pour les consulter, "c'est un droit", a-t-il déclaré.
"Est-ce que je dois aller faire étalage ? (...) Est-ce qu'il faut qu'il y ait ce voyeurisme qui consiste chaque jour à vouloir aller plus loin ?", a-t-il demandé. "Ma déclaration de patrimoine, je l'ai faite au début de mon mandat et je la ferai à la fin de mon mandat", a expliqué le président-candidat.
M. Sarkozy a ensuite justifié l'augmentation de son salaire, qui a fait polémique dès le début de son quinquennat. En octobre 2007, l'Assemblée nationale avait porté le traitement du chef de l'Etat d'environ 7.000 euros à plus de 19.000 euros nets par mois. "Quand je suis devenu président de la République (...), le secrétaire général du gouvernement m'a dit: +combien voulez-vous gagner ?+", a confié Nicolas Sarkozy.
"J'ai dit: +qu'est-ce que c'est cette histoire ? Je veux gagner ce qui est prévu+. Il a dit: +non, non, vous savez, monsieur le président, tous les autres présidents ont fait comme ça. C'est le président qui fixe ce qu'il gagne+", a-t-il poursuivi. Il a précisé que la loi fixait seulement le traitement du Premier ministre et des ministres. "J'ai été devant l'Assemblée nationale, c'est moi qui ai fait cette réforme, pour dire voilà ce que va gagner le président, et qu'est-ce que j'ai proposé à l'Assemblée nationale ? Exactement ce que gagne le Premier ministre", a encore dit le candidat. Il a assuré que le salaire du Premier ministre avait été fixé par Lionel Jospin lorsqu'il était à Matignon. "Ca c'est de la transparence", a plaidé Nicolas Sarkozy.
Le président-candidat Nicolas Sarkozy a proposé une diminution de 10 à 15% du nombre des parlementaires, jeudi sur RMC. M. Sarkozy a proposé "entre 10 et 15% de parlementaires en moins, Sénat et Assemblée nationale" compris. Il y a actuellement 577 députés et 348 sénateurs. Il a rappelé qu'il avait diminué de 40% le nombre des élus locaux (conseillers généraux et régionaux) et "décidé le rapprochement du conseil général et du conseil régional".
Pour baisser les dépenses publiques, "je considère que chacun doit faire un effort", a dit M. Sarkozy.
Il a cité l'exemple de Laurent Fabius, président PS de la communauté d'agglomération de Rouen, qui dispose de "45 vice-présidents" payés "chacun 1.800 euros", et celui de la première secrétaire, Martine Aubry, qui a "32 vice-présidents dont dix sont premiers vice-présidents" à Lille-Métropole. "Oui, il y a de la gabegie, des efforts à faire", a-t-il dit.
08 MARS 2012 - BAYROU SUR FRANCE 2
Le 18/03/2012
08 MARS 2012 –
Sur France 2, Bayrou se pose en candidat de second tour
PRESIDENTIELLE - Le candidat centriste, invité de l'émission «Des paroles et des actes», a invité Dominique de Villepin à le rejoindre et détaillé ses mesures économiques...
François Bayrou n'en démord pas: il sera bien au second tour de l'élection présidentielle d'avril-mai. Invité de l'émission «Des paroles et des actes», sur France 2, le candidat centriste a une nouvelle fois exprimé sa confiance dans son avenir présidentiel, estimant que les sondages actuels, qui le créditent de 12 à 15% d'intention de votes, constituaient «un bon socle».
Logiquement, François Bayrou s'est donc refusé à donner une consigne de vote pour le second tour, dans l'hypothèse où il serait éliminé dès le premier. Interrogé sur son avenir, dans le cas où il devrait pourtant assister au débat télévisé entre les deux finalistes de son salon, le président du MoDem a expliqué qu'il n'envisageait pas, comme Nicolas Sarkozy, de se retirer de la vie politique. «Certainement pas», a-t-il lancé, en expliquant avoir eu l'impression que le candidat président préparait «sa sortie».
Il tend la main à Villepin, qui la refuse
Dans son désir de rassembler avant le scrutin, François Bayrou a renouvelé son invite à Dominique de Villepin, faisant valoir des «points de rencontre» entre leurs «convictions». «J'affirme qu'il y a de la place dans l'effort et dans l'élan que nous avons à créer pour des différences de sensibilités et de personnalités», a insisté le député béarnais. «Après, c'est à Dominique de Villepin de prendre ses décisions, c'est un homme ombrageux, et je ne vais pas lui en faire le reproche, moi-même je le suis suffisamment», a poursuivi l’ancien ministre.
«Je suis en effet quelqu'un qui ne se rallie pas facilement et probablement lui non plus», a-t-il poursuivi. Une confession qui a pris des allures de prophétie quand, quelques minutes plus tard, Dominique de Villepin a posté sur Twitter ce message très clair: «Le ralliement ne fait pas partie de mon programme. Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament.»
DominiquedeVillepin
@Villepin
Le ralliement ne fait pas partie de mon programme. Le ralliement ne fait pas partie de mon tempérament.
Le gel des dépenses publiques pendant deux ans
Durant les deux heures trente de discussion et de débat (avec Manuel Valls), François Bayrou a également pris le temps de détailler les mesures qu’il envisage pour réaliser 100 milliards d'euros d'économies et diminuer la dette de la France, l'une des priorités de son programme. Le président du MoDem a ainsi annoncé qu'il supprimerait «la défiscalisation des heures supplémentaires», instaurée en 2007 à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Le candidat centriste a chiffré à 1,8 milliard d'euros le gain de cette mesure.
Listant les niches fiscales qu'il supprimerait, François Bayrou a aussi cité «la niche Copé», qui exonère d'impôt les plus-values réalisées par une entreprise lors de la vente d'une filiale, qu'il a chiffré à 6 milliards d'euros. Le Béarnais s'est aussi prononcé pour la réduction «d'une niche très peu identifiée», la déductibilité des emprunts en cas de LBO (leverage buy out, rachat d'une entreprise à crédit par l'endettement). Ces trois mesures rapporteraient «une petite dizaine de milliards d'euros», et quelque dix autres milliards d'euros seront obtenus par «un rabot» de 15% sur l'ensemble des autres niches fiscales.
Le leader centriste a ensuite rappelé son intention de ne pas augmenter l'ensemble des dépenses publiques pendant deux ans, sans pour autant geler le salaire des fonctionnaires.
«Je pense même que le travail est sous-payé en France»
Interrogé ensuite sur le maintien du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, instauré par Nicolas Sarkozy, François Bayrou a expliqué qu'il n'appliquerait pas cette mesure «à l'aveugle». «Mais je pense qu'un poste sur trois, c'est possible», a-t-il dit. Concernant le redressement de la production française, son cheval de bataille, François Bayrou a plaidé pour le retour «à une stratégie nationale de production», citant en exemple la réussite d'Airbus. Le leader centriste a en revanche dit «ne pas croire que la France avait un problème de coût du travail». «Je pense même que le travail est sous-payé en France», a-t-il lancé.
Ces prochains jours, nul doute que François Bayrou devrait garder un œil attentif sur les sondages. Car après un prime-time plutôt réussi ce jeudi soir, il est en droit d’espérer un petit frémissement dans une opinion semble-t-il moins convaincue par son programme qu’en 2007. Pour le moment, la majorité des sondages le créditent de 12 à 15%. Bien loin de son score de 18,57% au premier tour de la dernière présidentielle.
08 MARS 2012 - PROPOSITIONS DES CANDIDATS POUR LES FEMMES
Le 18/03/2012
08 MARS 2012 –
Les propositions des candidats pour les femmes
La journée de la femme est l'occasion de passer en revue les propositions des candidats sur ce sujet.
Dans leur programme, les candidats à la présidentielle sont nombreux à pointer l'égalité salariale, la parité en politique et dans l'entreprise, sans oublier la lutte contre les violences faites aux femmes. Un peu moins à souhaiter la création d'un ministère dédié. Et une poignée... à avoir oublier ce sujet dans leur programme.
Ce jeudi 8 mars, journée de la femme, est l'occasion de se pencher sur les propositions des candidats concernant le droit des femmes. Revue de détails.
«L'égalité femmes-hommes en marche» d'Eva Joly (Europe Ecologie). La candidate écolo à la présidentielle consacre un pan entier de son programme présidentiel à cette thématique. Après avoir constaté les lacunes de la situation actuelle - «l'égalité entre les femmes et les hommes demeure largement inachevée» - l'ancienne juge déroule ses propositions : «aucune aide publique ne sera accordée aux entreprises qui n’assurent pas l'égalité salariale effective : ni subvention, ni exonération, ni marché public» ; «congé parental transformé en un crédit-temps réparti à parts égales entre les parents» ; «accès à la contraception» facilité pour les jeunes filles ; « loi-cadre contre les violences faites aux femmes» ; «plan d’éducation et de formation afin de lutter contre les stéréotypes de genre».
Le ministère des droits des femmes de François Hollande (PS). C'est sa proposition n°25. «Je défendrai l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les femmes et les hommes», indique le candidat du PS à la présidentielle dans son projet pour la France. Gare aux entreprises récalcitrantes, elles seront sanctionnées par une loi, «notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales». «Un ministère des droits des femmes veillera notamment à son application effective», précise le programme. Les partis politiques aussi n'ont qu'à bien se tenir, un «alourdissement» des sanctions financières est prévu pour ceux qui ne respecteraient pas la parité (proposition 48).
«Parité obligatoire» pour Bayrou (MoDem). «Le référendum renforcera l'obligation de parité pour que l'on sorte enfin de cette anomalie qui met la France à la 61ème place parmi les pays du monde pour la place des femmes dans la vie publique», indique le candidat du MoDem à la présidentielle dans son programme. Le leader centriste assure par ailleurs vouloir «introduire le mode de scrutin proportionnel pour obtenir l’égalité hommes/femmes à l’Assemblée». François Bayrou veut également, comme il l'a assuré au site Elle.fr, un ministère de l’Egalité.
Mélenchon veut «se débarrasser du patriarcat» (Front de gauche). Outre un «ministère des Droits des femmes et de l'Egalité» - «doté de moyens» croit bon de préciser le candidat - le programme du candidat du Front de gauche à la présidentielle propose «une négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur le respect de légalité professionnelle (embauche, salaires, retraites, promotions) au niveau des branches et des entreprises» mais surtout la «la Directive (clause) de l'Européenne la plus favorisée». Ce qui consistera «à harmoniser par le haut les droits des femmes européennes en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus progressistes». Autre proposition de Jean-Luc Mélenchon, «un texte de loi anti-sexiste».
Marine Le Pen : l'IVG déremboursée, si la situation budgétaire l'exige (FN). La candidate du Front national a confirmé sur TF1 qu'elle prendrait la décision de dérembourser l'avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux «qui ne peuvent pas être évités». Dans son programme, pas de chapitre spécifique sur l'égalité homme-femme, mais une large place pour la famille. Marine Le Pen dit, dans son projet, vouloir «instituer une véritable politique familiale volontariste, nataliste et ambitieuse» et évoque pêle-mêle «le libre choix pour les femmes (qui) doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter» ; «la possibilité d’adoption prénatale» et l'«amélioration des prestations familiales pour les familles nombreuses». Autres mesures annoncées, l'«abaissement de l’âge de la retraite pour les mères ayant élevé au moins trois enfants ou ayant élevé un enfant handicapé» et la «création d'un revenu parental».
Nathalie Arthaud veut améliorer le sort des travailleuses (LO). Le constat de la candidate de LO à la présidentielle est sans appel. «Chaque année, les statistiques publiées sur la question révèlent qu’en France, en matière de salaire, d’emploi, de retraite ou de travail domestique, l’écart entre les hommes et les femmes demeure, voire s’aggrave», est-il déploré en préambule du chapitre «inégalités hommes-femmes» de son programme. Voilà pourquoi il faut, selon Nathalie Arthaud, «imposer l’alignement des salaires et des conditions de travail des femmes sur ceux des hommes, c’est-à-dire imposer aux patrons l’arrêt du scandale de la surexploitation des femmes».
Dupont-Aignan, les gaullistes et la cause des femmes (Debout la république). «Les gaullistes ont toujours fait avancer la cause des femmes, depuis le droit de vote en 1944 ou la pilule en 1967», souligne le candidat de Debout la République dans son programme. Lui, se propose de poursuivre l'effort, notamment en faisant de l'égalité salariale «l'objectif du quinquennat». Figure en bonne place également, la lutte «contre les violences conjugales et toutes les violences faites aux femmes»
Corinne Lepage promet un «gouvernement doublement paritaire» (Cap21). Dans les ministères, donc, la parité « hommes/femmes, mais aussi à égalité entre les représentants des partis politiques constituant la majorité et des personnalités venues de la société civile». La candidate de Cap 21 veut également lutter contre... les violences faites aux femmes et pour... l'égalité salariale et la parité en politique.
Rien n'apparaît (encore) pour les femmes dans leur programme... On a beau passer au crible les trente mesures pour la France de Dominique de Villepin... Rien sur les femmes. A Europe1.fr, son équipe confie : «Il avait prévu plusieurs choses pour la Journée des femmes, mais il a tout annulé pour se consacrer sur l’acquisition de ses 500 parrainages.» Idem pour Philippe Poutou. Si le NPA affirme sur son site «nous nous opposons à cette conception réactionnaire de la famille, à l’opposé du mouvement d’émancipation et de libération de la femme», on ne trouve pas de mesure spécifique dans le programme du candidat. Ce dernier manifestera cependant ce jeudi, à Paris. Concernant le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, il n'a pas encore présenté son programme et n'a pas encore abordé cette thématique au cours de ses discours. Peut-être en dira-t-il plus ce jeudi, au cours de sa visite... aux ouvrières de Lejaby à Yssingeaux (Haute-Loire).
NKM défend le bilan de Sarkozy. Dans une vidéo postée, ce jeudi, pour souhaiter «bonne fête à toutes les femmes», sa porte-parole Nathalie Kosciusko-Morizet défend néanmoins le bilan du quinquennat en la matière, énumérant : «la loi qui permet en matière de violences d'éloigner le conjoint violent» ; «pour l'égalité salariale la loi qui est en vigueur depuis le 1er janvier 2012 qui permet d'imposer des sanctions financières aux entreprises de plus de 50 salariés» ; «l'obligation d'avoir une proportion de femmes d'au moins 40% dans les conseils d'administration, dans les conseils de surveillance des grandes entreprises et bientôt dans les grandes administrations». NKM évoque par ailleurs «les combats qui nous restent à mener» avant de souligner que «20% de différence entre le salaire net des hommes et des femmes, c'est encore la réalité d'aujourd'hui». Une liste des actions menées durant le quinquennat a par ailleurs été mise en ligne sur le site de campagne du président candidat, citant entre autres «les congés maternité pris en compte dans le calcul des retraites des mères» ou encore la nomination de «femmes pour la première fois à la tête de ministères clés».
08 MARS 2012 - JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME
Le 18/03/2012
08 MARS 2012
JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME
Un peu d'histoire
La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans de nombreux pays, c’est un jour de fête nationale. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.
La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire; elle puise ses racines dans la lutte que mènent les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata a lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre; pendant la Révolution française, des Parisiennes demandant « liberté, égalité, fraternité » ont marché sur Versailles pour exiger le suffrage des femmes.
L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est au tout début fait jour au tournant du XIXe et du XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et des idéologies radicales.
Chronologie des événements les plus marquants
1909 / Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
1910/ L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.
1911/ À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.
Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.
1913-1914/ Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs soeurs.
1917/ Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir « du pain et la paix ». Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.
Depuis ces premières années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.
Le rôle des Nations Unies
Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.
Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.
07 MARS 2012 - POUR POUTOU CA PASSE PAR L'EDUCATION
Le 18/03/2012
07 MARS 2012 –
Philippe Poutou (NPA):
«La lutte contre l'homophobie passe en priorité par l'éducation»
Interview TETU
Depuis plusieurs mois, les candidats à la présidentielle s'expriment dans les colonnes de TÊTU sur leur projet politique pour les LGBT. Jusqu'au premier tour, TÊTU.com vous propose de lire ou de relire ces entretiens sans langue de bois.
Ouvrier en Gironde, Philippe Poutou succède à Olivier Besancenot comme candidat de l'ex-Ligue communiste révolutionnaire, devenue NPA en 2009.
TÊTU: Où en est le NPA concernant les revendications LGBT?
Nous sommes dans la continuité de la LCR. Le NPA est ainsi contre toute forme d'oppression, de discrimination. Nous sommes pour l'égalité des droits, donc pour l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, même si nous ne défendons pas en tant que telle l'institution du mariage. Mais le vrai problème, c'est la violence morale ou physique au quotidien contre les homosexuels.
Quelles sont vos propositions pour lutter contre l'homophobie?
C'est un combat qui passe en priorité par l'éducation. Nous devons combattre au quotidien tous les préjugés qui se développent contre toutes les minorités. Partout où on peut le faire: à l'école, dans les médias, au travail... Il faut prendre ces sujets-là de face, et à tous les âges de la vie.
Comment analysez-vous la situation des LGBT dans les entreprises?
La question de l'homophobie au sein des entreprises n'est pas encore prise suffisamment au sérieux. Les syndicats ne s'en emparent pas naturellement. Il existe des initiatives individuelles de sensibilisation et d'information, mais ces actions devraient être généralisées. Dans le même temps, il est assez commun aujourd'hui de penser que les ouvriers ont plus de préjugés que dans d'autres milieux. Or, dans mon usine, plusieurs de mes collègues sont ouvertement gays sans que cela pose problème. En réalité, les préjugés se développent dans tous les milieux sociaux. Mais c'est vrai que, dans l'entreprise, ce n'est pas un thème abordé par les syndicats. Comme pour la question des femmes, c'est une question à prendre davantage à bras-le-corps. C'est un combat social à mener globalement. Quand nous menons une bataille contre le capitalisme, nous luttons également contre une société d'oppression qui favorise les racismes et l'homophobie. Ces combats-là sont tous liés les uns aux autres.
07 MARS 2012 - MOMENT HISTORIQUE A L'ONU POUR LES LGBT
Le 18/03/2012