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EQUAL'INFOS - ASSO EQUALITY
25 NOVEMBRE 2012 - PLAN GLOBAL POUR LES FEMMES VICTIMES VIOLENCE
Le 26/11/2012
25 NOVEMBRE 2012 –
François Hollande dévoile un "plan global"
pour les femmes victimes de violences
Le président François Hollande a annoncé ce dimanche un "plan global" pour les femmes victimes de violences, à l'issue d'une rencontre avec plusieurs victimes organisée dans un foyer parisien. Cette visite et l'annonce coïncident avec la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.
"C'est un plan global", a déclaré le chef de l'Etat, annonçant "une évolution de la loi", ainsi que des actions de formation et une "grande campagne d'information" début 2013. D'après les derniers chiffres officiels, près de 2% des femmes ont subi, en l'espace de deux ans, des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. En 2011, 122 ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon.
"Nous devons avoir des procédures pénales beaucoup plus rapides et simples" et des "dépôts de plainte accompagnés et suivis d'effets" afin de "punir", a-t-il souligné. Une série de mesures seront détaillées lors du comité interministériel aux droits des femmes vendredi prochain. Une "loi cadre", c'est-à-dire globale sera ensuite présentée par le gouvernement avant l'été 2013.
Les associations réclament depuis des années une loi cadre. Il faut une loi "qui comble les lacunes parfaitement identifiées des lois précédentes et ne laisse de côté aucun aspect des violences", revendique le collectif national pour les droits des femmes, groupement d'associations féministes, de syndicats et partis politiques, qui a appelé à manifester dimanche à Paris.
Selon le ministère, le futur projet de loi réformera notamment l'ordonnance de protection de 2010. Celle-ci permet de soustraire en urgence à leur conjoint les victimes de violences conjugales mais tous les tribunaux ne l'appliquent pas de façon uniforme. Il reprendra aussi le fruit de la négociation en cours sur l'égalité hommes-femmes, qui doit s'achever avant le 8 mars 2013.
Il s'agit aussi "d'informer" pour que les victimes "sachent bien qu'elles peuvent trouver un accueil" et d'apporter des "formations spécifiques" aux "policiers, gendarmes, médecins, enseignants...", a insisté le président, au cours de sa visite dans ce foyer d'accueil de jeunes femmes, victimes de violences familiales, conjugales, et souvent sexuelles. Parfois en larmes, Kadia, Yasmine, Solène, Déborah, Orokia, Gata, Sarah ou Jessica lui ont raconté ces violences: mariages forcés, viols, avortements, errances sans domicile fixe. Selon les associations, 75.000 à 100.000 personnes sont violées chaque année mais 10% seulement portent plainte. Lors de sa visite, le président s'est entretenu pendant près de deux heures avec des victimes de violences qu'il a jugées "inexprimables, tellement elles sont dures".
5000 logements d'urgence
Sur les 5.000 logements d'urgence que le Président promet de créer d'ici à la fin de son quinquennat, un tiers sera réservé aux femmes victimes de violences, précise le ministère. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a en outre annoncé dimanche que des appartements seraient "réservés dans des logements sociaux" pour les victimes. La prévention des violences sexistes par l'apprentissage de l'égalité sera expérimentée en 2013 "dès la dernière classe de maternelle et jusqu'à la fin du primaire", promet également la ministre.
Pour "que l'indifférence n'existe plus" et au moment où François Hollande s'exprimait, une centaine de femmes au visage tuméfié ont mimé des scènes d'agression, près du parvis de Beaubourg, à l'appel de l'association Ni putes ni soumises. Parmi elles, Clarisse, 32 ans, agressée dans son enfance, lançait un appel ému: "quand les gens voient quelque chose, il faut qu'ils réagissent avant qu'il ne soit trop tard".
25 NOVEMBRE 2012 - COMMUNIQUE EQUALITY - VIOLENCES AUX FEMMES
Le 26/11/2012
COMMUNIQUE ASSOCIATION EQUALITY - 25 NOVEMBRE 2012
JOURNEE INTERNATIONALE - ELIMINATION DES VIOLENCES A L'EGARD DES FEMMES
En France, 75000 Femmes on parle même jusqu'à 100 000 sont victimes de violences ou de viols chaque année, soit 200 par jour, ce qui équivaut à toutes les 8 minutes. Les femmes les plus touchées sont la tranche de 18 à 25 ans (plus de 60%).
Pire encore, D'après les derniers chiffres officiels, près de 2% des femmes ont subi, en l'espace de deux ans, des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint (on parle de 54000 en un an).
En 2007, Les violences envers les femmes sont multiples : sans compter les agressions subies dans leur cadre familial actuel, 6 % des femmes ayant entre 18 et 59 ans ont été l’objet d’injures sexistes en 2005 ou 2006, 2,5 % ont été agressées physiquement et 1,5 % a déclaré avoir subi un viol ou une tentative de viol
Les premières violences auxquelles les femmes sont confrontées sont les violences verbales telles que les injures (16,9 %) et les menaces (5,5 %) ; viennent ensuite les violences physiques, au sein du ménage (3 %) ou à l’extérieur (2,5 %)
En 2011, 122 ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon. Un autre chiffre à souligner et doit attirer notre attention, 10% seulement portent plainte… Nous recommandons fortement pour les victimes, de ne pas le garder pour soi, ne pas hésiter à appeler le 3919 qui vous aideront, soutiendront et proposeront des solutions. Hier c’était la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes,
Le président François Hollande a annoncé ce dimanche un "plan global" pour les femmes victimes de violences, à l'issue d'une rencontre avec plusieurs victimes organisée dans un foyer parisien. Sur les 5.000 logements d'urgence que le Président promet de créer d'ici à la fin de son quinquennat, un tiers sera réservé aux femmes victimes de violences, précise le ministère.
La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a en outre annoncé dimanche que des appartements seraient "réservés dans des logements sociaux" pour les victimes. La prévention des violences sexistes par l'apprentissage de l'égalité sera expérimentée en 2013 "dès la dernière classe de maternelle et jusqu'à la fin du primaire", promet également la ministre.
Vous etes victime d’un viol ?
Quelles que soient les circonstances de l’agression, vous n’en êtes pas responsable. Rien ne justifie un viol ou une autre agression sexuelle. Autant que possible, ne restez pas seule, ne gardez pas le silence. Silence et secret ne profitent qu’aux agresseurs.
Si vous n'arrivez pas à parler, écrivez, exprimez-vous par le moyen qui vous convient. Vous craignez peut-être les réactions de votre entourage. Vous avez peur qu'on ne vous croie pas. N'hésitez pas à faire appel à une personne en laquelle vous avez confiance et essayez de lui faire le récit de ce qui vous est arrivé, même si vous ne pouvez pas le dire en une seule fois.
Après un viol ou une autre agression sexuelle, qu'ils soient récents ou anciens, vous avez besoin de soutien pour surmonter ce traumatisme. Vous avez également besoin que l'agresseur réponde de ses actes devant la justice. En conséquence, vous devez accomplir certaines démarches.
Téléphonez au 17 pour prévenir la police ou la gendarmerie qui mènera l'enquête.
Consultez un médecin. La police ou la gendarmerie pourra vous conduire à l'hôpital, éventuellement aux Urgences médico-judi-ciaires ou au pôle de référence régional d'accueil et de prise en charge des victimes de violences sexuelles, s'il en existe dans votre département ou votre région.
Dans la mesure du possible, ne vous lavez pas et conservez dans un sac en papier vêtements ou linges souillés qui pourront peut-être servir à identifier l'agresseur.
Même si du temps a passé depuis l'agression, adressez-vous à une association spécialisée qui pourra vous indiquer les démarches à suivre, au niveau médical, psychologique et judiciaire.
Pour plus de renseignements - Faites le 39 19
Le viol est un crime
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. » Article 222.23 du Code pénal.
L’exhibition sexuelle, imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public, est également un délit d’agression sexuelle.
Le harcèlement dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni par la loi.
Les atteintes sexuelles sans violence sur mineur(e)s sont également des délits
C’est le fait « par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de moins de quinze ans. » Article 227.25 du Code pénal
Pour finir,
Une pensée également aux femmes lesbiennes, qui sont constamment victimes de violences et de coups et blessures dans les rues, la lutte contre la lesbophobie doit continuer en permanence. Merci –
Notre association Equality, demande un engagement plus approfondi du gouvernement, une justice plus ferme notamment aux criminels qui violent des femmes allant jusqu'au meurtre, mais aussi envers les mineurs.
Nous recommandons egalement aux victimes de viols, de ne pas garder en soi cette douloureuse epreuve. C'est du suicide moral !!
L'équipe de l'association Equality - 25 Novembre 2012
22 NOVEMBRE 2012 - PLAN CONTRE L'HOMOPHOBIE BELKACEM - DETAIL
Le 26/11/2012
22 NOVEMBRE 2012
Le plan contre l'homophobie
de Najat Vallaud-Belkacem détaillé
Revue de détail de l'ensemble de son plan, très complet, qui vise à lutter contre l'homophobie et la transphobie sur tous les fronts, pour lequel la ministre et porte-parole du gouvernement s'appuie sur l'ensemble des ministères.
«C'est la première fois en France qu'un plan aussi complet vise spécifiquement à lutter contre l'homophobie en France»: la ministre Najat Vallaud-Belkacem comme les associations présentes aujourd'hui lors d'une rencontre au ministère des Droits des femmes se sont toutes mises d'accord sur ce point. L'Inter-LGBT, SOS homophobie, Id-Trans et la Fédération LGBT, qui représentaient 45 associations ou fédérations consultées dans le cadre de ce plan, sont sorties plutôt satisfaites du résultat.
Le «Programme d'actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre» couvre en effet un éventail très large d'actions, dans presque tous les domaines (la question du VIH, par exemple, est sortie du plan car pas spécifiquement gay). Il aura nécessité, depuis son annonce en septembre, de multiples réunions et une rencontre de la ministre porte-parole avec pratiquement l'ensemble du gouvernement sur ce thème.
Ce plan a déjà été présenté en conseil des ministres fin octobre dans les grandes lignes. Certaines des actions ont déjà commencé, d'autres s'étendront jusqu'à la fin du quinquennat de François Hollande…
Lutte contre les violences
- Réforme des systèmes statistiques des ministères de l'intérieur et de la justice: pour la ministre, «il est essentiel de mieux analyser et mieux mesurer les violences homophobes et transphobe. Désormais, le gouvernement publiera tous les ans les chiffres de l'homophobie et de la transphobie».
- Améliorer le recueil des plaintes, pour faciliter l'identification des actes homophobes. «Au moment de l'accueil, on s'est rendu compte qu'il manquait souvent une réelle prise en compte du facteur aggravant que sont l'homophobie et la transphobie, on travaille donc sur des formulaires spécifiques pour guider les enquêteurs dans la prise des plaintes.» De plus, il sera rajouté au code de déontologie de la police nationale les termes de l'article 225-1 du code pénal, qui précise le cadre pénal de la discrimination.
- Formation des officiers de police et des gendarmes, et des professionnels de santé, à la fois pour les jeunes stagiaires, mais également à l'attention des personnels en activité: «L'importance de ces formations, c'est de constituer une chaîne de protection contre ces violences, à laquelle aucun maillon ne doit manquer», explique la ministre. Les intervenants sociaux en commissariat de police accompagneront désormais les victimes, grâce aux crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD).
- Mise en place d'une campagne d'information sur les droits des victimes d'homophobie – «Il est important de libérer la parole des victimes, il existe encore un tabou dans notre société sur ces sujets, il faut lever le tabou» – et renforcement et promotion (en mairies par exemple) de SOS homophobie. L'association, bien que ravie d'un coup de pouce dont les modalités seront à préciser, rappelle toutefois qu'elle tient à conserver le caractère bénévole de sa ligne d'écoute.
- Renforcer la réponse pénale aux violences homophobes et transphobes: outils pédagogiques au service des intervenants des «stages de citoyenneté», que la justice peut substituer à l'emprisonnement dans le cas d'un délit. Les «thérapies de conversion» sont, comme déjà annoncé, sous contrôle de la Miviludes, et «une attention particulière sera portée aux violences et discriminations homophobes dans les lieux de détention», stipule le programme.
Actions pour la jeunesse
- «Il faut que dès le plus jeune âge, chacun comprenne qu'il existe plusieurs types d'orientation sexuelle. L'éducation à la sexualité va revenir dans les établissements scolaires, et il ne sera plus question d'éluder la question de l'homosexualité.» Un groupe de travail établira un plan d'action sur les aspects affectifs autant que biologiques de l'éducation à la sexualité, et ce dès le mois de décembre. Un guide pratique sera diffusé dans les universités, ainsi qu'une campagne d'information les incitant à se rapprocher des associations ou des services sociaux pour y trouver un accompagnement.
- Une délégation ministérielle contre les violences en milieu scolaire, à l'initiative de Vincent Peillon, permettra de mieux connaître la violence spécifique de l'homophobie. Le ministre de l'Education lancera début 2013 une mission sur la prévention du suicide chez les jeunes victimes d'homophobie. Le ministère de la Santé devrait également mener des actions dans ce sens, et la ligne Azur pour les jeunes en questionnement fera également l'objet d'une campagne de communication dans les établissements.
- Concernant la lutte contre l'homophobie dans le sport, la charte contre l'homophobie mise en place par Chantal Jouanno et signée par toutes les fédérations sportives sera renforcée dès l'an prochain. La ministre recycle, mais innove aussi: «Ces questions seront désormais intégrées dans les programmes du BAFA et du BAFD» précise-t-elle.
- Pour lutter contre les stéréotypes à la télévision, le CSA devra engager une réflexion avec les responsables des chaînes pour identifier les moyens de lutter contre les préjugés homophobes. Mais il ne s'agit pas d'instaurer des quotas. «Il faut promouvoir une image moins stéréotypée, déclare la ministre. Il faut inciter de façon plus ou moins normale à insérer la lutte contre les préjugés dans leur cahier des charges. Des représentants de M6 et de France Télévisions, rencontrés, ont semblé très réceptifs à cette problématique.»
Lutte contre les discriminations au quotidien
- Le plan une «réflexion générale» sur les discriminations homophobes au travail, et l'inclusion de ce sujet lors de la grande conférence sociale de 2013. Concrètement, les inspecteurs du travail devront intégrer cette thématique. L'égalité des droits sera réaffirmée dans la charte de l'égalité dans la fonction publique, et le ministère du Travail étendra aux salariés pacsés le droit au congé à l'occasion d'un mariage. Sur ce thème, la ministre dit avoir rencontré les principales organisations syndicales (CGT, CFTC, CFE, CGC, Medef, FO), «tous prêts à se mobiliser».
- Pour les familles, les associations homoparentales devront faire partie des instances représentatives (UNAF…), où elles n'ont pas accès pour le moment. Et les formulaires d'accès aux services publics seront adaptés aux nouvelles formes de famille.
- Les personnes âgées LGBT seront l'objet de l'attention de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) et des EHPAD (maisons de retraite), tandis que les personnels de santé seront formés à la lutte contre l'homophobie en général.
- Un volet est consacré aux personnes trans. Il prévoit essentiellement de simplifier le parcours de changement d'Etat-civil et l'accès aux soins, avec par exemple un numéro de sécu provisoire qui ne privera plus l'accès à certains droits sociaux. La Commission nationale consultative des droits de l'homme sera saisie pour revoir la place de l'identité de genre dans le droit français, tandis que la France soutiendra les effort pour déclassifier le «transsexualisme» de la liste des maladies mentales de l'OMS.
Action internationale
- A New York, la ministre a rencontré Human Rights Watch (HRW) pour poursuivre les actions pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité, sous la bannière de l'Afrique du Sud. La France invitera ses partenaires européens en mars 2013 pour une conférence sur le sujet, tout en continuant à chercher d'autres soutiens parmi les pays en voie de développement.
- Des lignes directrices pour le respect des droit humains envers les LGBT seront examinées avec l'Europe, et ce principe réaffirmé dans l'Organisation internationale de la Francophonie. Les ambassades françaises soutiendront le travail des ONG locales, et la France tentera de mobiliser pour un fonds international de soutien aux homos et trans.
- Enfin, une formation des personnels de l'OFPRA visera à remettre à plat la politique de droit d'asile pour les homos persécutés dans leur pays.
A noter enfin que le coût de l'opération ne sera pas nécessairement importé: «Il s'agit essentiellement de reventiler l'action des ministères», assure-t-on au ministère des Droits de femmes, «sans créer de nouvelles dépenses». Un premier bilan des résultats du plan sera publié dans le courant du premier semestre 2013.
22 NOVEMBRE 2012 - RECADRAGE MILITANT POUR HOLLANDE
Le 26/11/2012
22 NOVEMBRE 2012
Recadrage militant pour François Hollande
devant le siège du PS
REPORTAGE. Fini les bisous, on lance des Flambys. Mercredi 21 novembre au soir, plus de 400 militants se sont réunis rue de Solférino pour rappeler au président ses engagements pour le mariage des homos.
Le réveil militant. Vincent Peillon, le ministre de l'Education, disait hier aux «progressistes» de se «mobiliser au lieu de couiner». Hier en fin d'après-midi, devant le siège du PS parisien, les couinements résonnaient fort. Les «pédés gouines en colère» s'étaient rassemblés pour dénoncer la «liberté de conscience» proposée par le président de la République aux maires de France, qui pourrait leur permettre de refuser de marier un couple de même sexe. Pour les LGBT, c'en est trop: «Nous ne sommes pas un cas de conscience!»
«Il cautionne l'homophobie»
Et tant pis si, depuis, François Hollande a regretté d'avoir utilisé le terme de «liberté de conscience» et réaffirmé sa volonté de faire passer la loi. Pour Frédéric Navarro, coprésident d'Act Up-Paris, «Ce qui a été dit ne peut pas être complètement retiré. Cela montre au minimum un manque de fermeté, et face à la mobilisation homophobe en ce moment ce n'est pas tolérable.»
«Qui a voté pour vous?»
Le trottoir déborde, toute la rue est bloquée par les CRS. L'organisateur rappelle qu'il n'y a aucune autorisation préfectorale, et que même si les policiers sont tolérants, la colère ferait mieux de s'exprimer sur le trottoir. «Et ma liberté de conscience?» lui rétorquent les participants.
«Au moindre mot de travers, on sera là»
Une nouvelle génération de LGBT que les propos virulents et homophobes des anti-mariage ont convaincu: «Je ne me serais pas mobilisée si autant de voix, notamment religieuses, ne s’étaient pas levées contre le mariage pour tous dans notre république laïque» explique la jeune femme. Dans un discours puissant, Nicolas Martin (ci-dessous), l’organisateur du coup de gueule, menace: «On est là pour rappeler qu’au moindre mot de travers, on sera là. On veut transmettre le niveau de violence qu'on encaisse tous les jours depuis le début du débat, cette homophobie ordinaire insupportable de douleur.» «Plus jamais ça!» applaudissent en chœur les participants. «Homophobes, c’est la guerre, trans pédés gouines en colère!»
20 NOVEMBRE 2012 - HOLLANDE PARLE DE LIBERTE DE CONSCIENCE
Le 26/11/2012
20 NOVEMBRE 2012 –
Hollande parle de liberté de conscience
du maire pour le mariage
François Hollande a déclaré mardi que les maires ne devaient pas être obligés de célébrer les mariages de personnes du même sexe, évoquant la possibilité de déléguer la direction de la cérémonie au nom du respect de la liberté de conscience.
Le droit au mariage pour tous, qui sera discuté au Parlement début 2013, fait débat en France, où des manifestations hostiles et favorables à ce projet de loi ont été organisées.
Des maires, surtout de droite, comme le nouveau président de l'UMP Jean-François Copé, ont déclaré qu'ils refuseraient de célébrer les mariages homosexuels.
"Les débats sont légitimes pour une société comme la nôtre", a déclaré François Hollande à l'ouverture du Congrès des maires, à Paris.
Les maires auront à appliquer la loi mais leur liberté de conscience sera respectée, a dit le chef de l'Etat.
"Les possibilités de délégation existent, elles peuvent être élargies et il y a toujours la liberté de conscience", a dit le président français.
"Ma conception de la République vaut pour tous les domaines", a-t-il ajouté. "La loi s'applique pour tous dans le respect, néanmoins, de la liberté de conscience".
L'entourage du président de la République a précisé qu'il serait "possible, pour tout couple, homosexuel ou hétérosexuel, de se marier dans sa commune de rattachement".
"Il n'y aura pas de dérogation à cette règle", a-t-on insisté.
"Evidemment, la liberté de conscience existe et on va trouver des modalités juridiques pour faire appliquer ce principe, quitte à élargir par exemple la possibilité de délégation aux conseillers municipaux", a-t-on encore expliqué de même source.
A l'UMP, le député Patrick Ollier s'est dit "heureux" de voir prise en compte sa "position de refus de célébrer, en tant que maire, le mariage entre deux personnes de même sexe".
"Mais la liberté de conscience avancée par François Hollande doit être la même pour tous, tant pour les élus au sein des conseils municipaux que pour les députés et les sénateurs au moment de voter ce projet de loi", ajoute dans un communiqué le maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), ancien ministre chargé des relations avec le Parlement.
Il considère que cette question pose, à cet égard, des problèmes de constitutionnalité.
Jean Francois Copé, nouveau president de l’UMP, réagit :
Le président de l'UMP a affirmé mardi 20 novembre dans la soirée que François Hollande, en reconnaissant la "liberté de conscience" aux maires, dont certains refusent de célébrer les mariages de personnes de même sexe, montrait qu'il était "très mal à l'aise".
Le président de la République "est lui-même, maintenant il le montre, très mal à l'aise avec ce projet. Je le comprends. Il a vu des dizaines et des dizaines de milliers de Français dire leur inquiétude, leur incompréhension", a déclaré Jean-François Copé à TF1.
"Il n'y a absolument pas de débat (...) Il faut que François Hollande sache que c'est un projet - celui du mariage homosexuel mais surtout celui de l'adoption - qui est en train de vraiment fracturer la cohésion de la société française. Car derrière, c'est la question de parentalité" qui est posée, a-t-il dit, soulignant que ce projet prévoyait "une mise à néant du code de la famille".
Devant les maires réunis en congrès, François Hollande a fait mardi des gestes à leur égard, reconnaissant "la liberté de conscience" aux maires, dont certains refusent de célébrer des mariages entre personnes du même sexe si la loi le prévoyant est votée.
Il a fait valoir qu'"il y a toujours la liberté de conscience" et affirmé que des possibilités de délégation d'un maire à ses adjoints "peuvent être élargies
L’inter LGBT, déçu des propos de Francois Hollande
"C'est une expression inattendue", a dit à la presse Nicolas Gougain, porte-parole de l'association Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans. "Je ne comprends pas comment on pourrait justifier qu'une loi ne s'applique pas de la même manière partout sur le territoire de la République."
"Profondément choqué par la déclaration de François Hollande. Après un week-end de mobilisation contre l'égalité des droits, il donne du crédit à celles et ceux qui jouent sur les peurs et les fantasmes. De la part d'un président de la république qui a fait toute sa campagne sur l'égalité, je trouve ça profondément maladroit et irrespectueux pour toutes les personnes qui ont voté pour lui dans l'espoir de voir se réaliser l'égalité complète. J'attends des clarifications de la présidence, et un engagement ferme et clair qu'aucune modification législative visant à reconnaître cette "liberté de conscience" soit entreprise."
19 NOVEMBRE 2012 - JE DECLARE AVOIR ETE VIOLEE - MANIFESTE DES 313
Le 26/11/2012
19 NOVEMBRE 2012 –
"Je déclare avoir été violée" :
"l'Obs" lance le manifeste des 313
En 1971, 343 femmes ont reconnu dans "le Nouvel Observateur" avoir avorté. Elles sont aujourd'hui 313 à déclarer avoir été violées. Un acte politique, lui aussi.
Chaque année en France, plus de 75.000 femmes, et presque autant d'enfants sont victimes de viol. Soit un viol toutes les huit minutes. Des drames banals, noyés dans la honte, que subit ou subira pourtant 1 femme sur 10 au cours de sa vie. Il faut se rendre à l'évidence : loin du fait divers, c'est un fait de société sourd, qui frappe tous les milieux sociaux. Et recèle son lot de vérités inavouables.
Sait-on que 80% des viols restent aujourd'hui commis par un proche, conjoint, amant, père, grand-père, ami de la famille ou patron ? Nous voilà loin du cliché où le violeur est un psychopathe armé et violent, qui traîne sa victime en minijupe dans une rue sombre.
Pour la première fois, des centaines de femmes déclarent ensemble avoir été violées. Elles signent aujourd'hui le "manifeste des 313".
De la joueuse de tennis Isabelle Demongeot à l'ancienne épouse de l'ex-Premier ministre Marie-Laure de Villepin en passant par l'auteur et scénariste Frédérique Hébrard, elles ont entre 18 et 87 ans. Dans les semaines qui viennent, elles seront des centaines, mues par le courage, à s'engager pour que la honte change de camp. A l'origine du texte et première signataire, Clémentine Autain s'affiche "Après l'affaire DSK, des femmes ont osé parler, le voile s'est un peu levé, je ne voulais pas qu'il retombe, explique-t-elle. Il faut en finir avec l'hypocrisie des images d'Epinal, le viol est un fait social qu'il faut maintenant prendre à bras-le-corps." Et il y a du travail.
Le "Manifeste des 313" : "Je déclare avoir été violée"
Reactions
En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.
Trop de stéréotypes entourent le viol. Dans l’imaginaire collectif, il se déroule dans une ruelle sombre et est perpétré par un inconnu physiquement menaçant. Dans la vraie vie, les violeurs sont le plus souvent connus de la victime et leur arme ressemble plus au chantage affectif qu’à un couteau, à la menace professionnelle ou financière qu’à un pistolet. Là se niche toute la complexité de ce crime qui s’inscrit dans un rapport de domination historique, celui du masculin sur le féminin.
Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique. Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant".
Viol : "Je me souviens de la peur partout en moi"
Depuis le mois de juillet, à l'appel de Clémentine Autain, des centaines de femmes victimes de viol, Infirmières, étudiantes, fonctionnaires, artistes... : elles ont signé le manifeste des 313 dans "le Nouvel Observateur" et ont confié leurs témoignages.
Extraits de leurs témoignages.
"J'avais 8 ans la première fois"
"J’avais huit ans la première fois. Il en avait vingt-cinq, c’était un cousin. A l’adolescence, j’ai parlé. On ne m’a pas crue. A l’âge adulte, j’ai parlé. On m’a insultée. A 43 ans, j’ai encore parlé dans ma famille, on m’a menacée. J’ai parlé à l’université où j’élabore une thèse, on m’a dégagée. J’ai parlé à la justice, on m’a demandé pourquoi j’avais mis tant de temps. Aujourd’hui, d’avoir parlé, j’ai tout perdu. Famille, travail, dignité. Je suis anéantie mais en vie". (Sophie Paris)
"Je me souviens avoir vu son sexe de très près"
"La première fois, j'avais 9-10 ans. Je rentrais seule à pied de mon cours de danse. C'était l'hiver, il faisait nuit. Un homme est sorti d'un bar, il m'a coincée dans une ruelle. Il a ouvert son pantalon. Je me souviens avoir vu son sexe de très près. Je me souviens de la peur partout en moi, de sa main derrière ma tête. Puis, le trou noir. Et je cours, les voitures me frôlent sur la route, je cours, je cours.... La deuxième fois, j'avais 23 ans. Un ami de mon père m'aide à emménager dans mon nouveau studio. En remerciement il veut du sexe. Je me sens redevable, je me laisse faire. Il refuse le préservatif, alors je dis NON, je me débats. Je tente de me relever, mais je suis déjà coincée sous lui, il devient menaçant, je me dis que je ne peux rien faire à part prendre des coups, alors je ne bouge plus. Je pars de mon corps. Pourquoi le dire ? On ne me croira pas, c'est ma faute. Etait-ce vraiment un viol?" (Virginie Oudin, 36 ans)
"Il était moche, gros et très grand"
"Je l'ai croisé par hasard dans mon quartier, il y a plus de quarante ans. Il semblait paumé, déprimé. Gentiment je l'ai invité prendre un café dans ma minuscule chambre. Il ne voulait plus. Il était moche, gros et très grand. Il s'est jeté sur moi, je n'avais aucune chance. 'Dis-le que tu aimes ça, salope', voilà les mots de ce pauvre type". (Erika Fischer, 67 ans)
"Il me reste une putain de rage !"
"J’ai été violée à l'âge de 8 ans par un ado. Mes parents ont retrouvé le coupable, mais n'ont pas porté plainte pour ne pas 'gâcher l'avenir d'un jeune'. Ils pensaient bien faire. Ils pensaient que mon silence voulait dire que je n'y pensais pas. Ils se sont trompés […] Il me reste une putain de rage !" (Christine, 42 ans)
"Le mari de ma sœur m'a violée"
"En 1950, j'avais 22 ans, j'habitais à Livry-Gargan. Mon beau-frère, mari de ma soeur, m'a violée. A cette époque, il était impensable de faire état de ce crime. Comme mon beau-frère n'a pu répéter ce forfait, il n'eut de cesse de me nuire. Sa femme, ses enfants, et toute ma famille, m'ont rejetée. Y compris mon fils aîné et ses filles." (Suzanne Navellou, 85 ans)
"J'étais conditionnée par l'idée que la sexualité, c'était ça"
"J'ai été abusée par mon frère à l'âge de 10 ans, il s’agissait d’attouchements avec masturbation. J'aimais mon frère et il n'a pas été violent. Lorsque je me suis mariée, j'étais prête à tout accepter sur le plan sexuel. Mon mari me violait régulièrement, c'est-à-dire qu'il me faisait l'amour sans mon consentement, d'une manière violente, sans tendresse. Je m'étais habituée, j'étais conditionnée par l'idée que la sexualité, c'était ça." (Claudine Henri)
"Je n'ai pas porté plainte car je me sentais coupable"
"J'ai été violée à l'âge de 22 ans, j'en ai maintenant 29. Je n'ai pas porté plainte, car je me sentais coupable de ce qui avait été fait... J'ai lutté contre cet homme que je connaissais. Pendant deux heures, je crois. Et puis j'ai abandonné, alors il a pu me pénétrer. Je ne me souviens même pas de ça, je me souviens d'avoir été au-dessus, comme détachée de mon corps. Depuis ma vie est un enfer, car l'homme qui m'a fait ça ne sera jamais jugé. J'aurais préféré mourir cette nuit-là plutôt que de subir ça, continuer à vivre avec, à me sentir salie, à penser qu'à cause de ce qu'il m'a fait je ne mérite pas d'être aimée pour ce que je suis car cette nuit-là, on m'a volé quelque chose de précieux. Je pense que les règles doivent changer, que l'on doit mieux accompagner les victimes, qu'il y ait un meilleur suivi, un meilleur accueil quand on essaye de porter plainte. J’ai essayé, on m'a expliqué toute la procédure, je n'ai pas osé continuer, devoir être confrontée à celui qui m'a fait ça est toujours au-dessus de mes forces. Que l'on arrête de penser que c'est forcément la femme qui a cherché à séduire l'homme et non l'homme qui a voulu abuser d'elle". (Anonyme)
"Je n'ai aucun souvenir clair de ce qui s'est passé"
"Je n'ai aucun souvenir clair de ce qui s'est passé. C'était un samedi, tôt le matin, et il m'a offert un jus d'orange. Après ? Je ne sais pas. Je ne saurai jamais ce qu'il m'a fait. Je ne serai jamais sûre de rien. Le flou me dépossède de la possibilité même de me révolter. C'est une nausée discrète et inaltérable." (Valentine)
"C'était un homme que je connaissais, pas un inconnu"
"En 1997, j'avais 22 ans. J'ai subi un viol alors que j'étais étudiante en licence de philosophie à Paris. Cela s'est passé en matinée, pas la nuit dans une rue étroite. C'était un homme que je connaissais, pas un inconnu. Il m'a séquestrée le temps de me terroriser et de me violer. Je me souviens de tout, comme il a enlevé sa ceinture et fermé la porte à clé, comme il a menacé de me torturer, comme il a menacé d'aller tuer ma famille. J'étais paralysée et bizarrement je "mouillais", oui je mouillais. De peur. Mon corps avait pris le relais sur ma pensée. Puis il m'a mise sur le ventre, a enfilé un préservatif. Je voyais la scène comme si j'étais hors de mon corps. Quand il a fini il m'a dit 'tu vois, ce n'était pas si terrible'. Il s'est rhabillé, il est parti. Je suis rentrée chez moi, sans billet de train je me souviens. L'homme appelait chez moi, il parlait à ma mère, lui disait à quel point il prendrait soin de moi. Personne n'a rien vu, mais ai-je dit quelque chose? A partir de là, ma vie a été une sorte d'errance pour ne plus penser. Mes choix amoureux et mes choix de vie ont été grandement influencé par cet événement. En 2010, je suis allée à la gendarmerie, deux femmes ont recueilli mon témoignage mais il n'y a pas eu de suite du fait du délai de prescription. Puis il y a eu "l'affaire DSK", j’ai ressenti l'impunité comme une grande injustice. J’ai écrit au procureur de Paris, où a eu lieu mon agression. Là encore, il n’y aura pas de suite." (Marie, 38 ans)
"La honte d'être jugée par ma famille"
"J'ai les larmes aux yeux en écrivant, ce qui m'est arrivé est un fait divers banal. J'ai 57 ans, j'ai discuté avec un homme pendant plusieurs mois, ensuite on a pris un café dans un lieu public. Invitation chez moi dans l'après-midi. Le rendez-vous tourne mal. Au départ j'étais consentante, mais il m'a bloquée et je suis restée terrorisée sans aucune volonté. Il a arrêté en voyant le lit couvert de sang. Il est parti. En tout, il est resté 20 minutes. J'ai appelé ma soeur, elle est arrivée. J’ai fait une hémorragie. Syncope, médecin, j'habite loin de tout, il a essayé d'arrêter les saignements sans résultat. Arrivée aux urgences, j'ai saigné encore, bilan : 2 points de suture internes, 3 externes. Et la honte d'être jugée par ma famille. Le gynéco me dit de ne pas cautionner l'acte de ce monstre, d'aller à la gendarmerie pour les autres femmes qu'il pourrait rencontrer. Donc, je mets ma fierté dans la poche, je me rends chez les gendarmes de mon petit village. Je ne peux pas déposer plainte, je l'ai fait rentrer volontairement chez moi, j'aurais dû hurler sur mon balcon, voilà le conseil d'un gendarme. Depuis bientôt 5 ans, tous les jours, je porte les stigmates physiques et psychologiques de cette mauvaise rencontre. Si vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout, j'espère que votre mouvement fera changer la façon d'accueillir les femmes suite à une agression. Nous sommes loin de l'écoute, du réconfort". (Claude G.)
10 NOVEMBRE 2012 - COMMISSION JOSPIN - LES MESURES PHARES
Le 26/11/2012
10 NOVEMBRE 2012 –
Commission Jospin : les mesures phares
La commission Jospin a proposé vendredi 9 novembre de nouvelles règles du jeu de la vie publique: une stricte limitation du cumul des mandats des parlementaires, "un parrainage citoyen" des candidats à l'élection présidentielle et l'élection de 10% des députés à la proportionnelle.
Les travaux de la commission nommée en juillet par François Hollande et présidée par l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, devaient dans l'esprit du chef de l'Etat "donner un nouvel élan à la démocratie, par un fonctionnement exemplaire des institutions publiques".
La commission sur "la rénovation et la déontologie de la vie publique", selon son intitulé officiel, doit lui remettre dans la matinée son rapport, qui reprend nombre d'engagements du candidat socialiste pendant sa campagne présidentielle.
1) Non cumul des mandats
La commission recommande l'interdiction du cumul d'un mandat de parlementaire avec un mandat "d'exécutif local". Les mandats d'exécutif local sont ceux des maires et adjoints, des présidents et vice-présidents des groupements de communes, de conseil général et de conseil régional. Une mesure plébiscitée par 59% des Français selon l'Ifop.
Ce régime s'appliquerait aux députés comme aux sénateurs, qui pourraient toutefois tous détenir un mandat de conseiller municipal, communautaire, général ou régional, sans fonction exécutive.
Mais beaucoup d'élus y sont hostiles, surtout à droite mais aussi à gauche, comme le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen, un proche du président, également président des sénateurs PS ou Gérard Collomb, interrogé par "Le Nouvel Observateur" qui estime que c'est "une grosse bêtise". Toutefois, il assure qu'il l'appliquera "sans souci".
2) Mise en place de 10% de proportionnelle
La commission propose que 58 députés sur 577 soient élus à la proportionnelle, sur une liste nationale. Aucun seuil minimal ne serait requis pour prétendre à la répartition des sièges.
Gérard Collomb, interrogé par "Le Nouvel Observateur", estime que l'introduction d'une part de proportionnelle est une bonne chose. "Je trouve ça très bien, je suis pour un système mixte", explique-t-il. Il avoue être "un grand admirateur du système allemand qui permet de mixer une majorité avec une représentation des minorités au Bundestag". Il en va de même pour le Bundesrat dont les élus sont nommés par par les gouvernements des Länder et dont l'approbation est indispensable pour toutes les lois concernant les collectivités locales et territoriales.
3) Parrainage citoyen
S'agissant de l'élection présidentielle, cette instance préconise aussi de remplacer le système actuel qui exige pour tout candidat qu'il soit parrainé par 500 élus au moins, dont le nom est ensuite rendu public. Elle propose à la place "un parrainage citoyen" avec au moins 150.000 signatures. Le nom des parrains serait publié.
Le système actuel avait fait couler beaucoup d'encre au printemps, à coups d'indignations répétées de Marine Le Pen (FN) contre "les pressions" contre les élus tentés de lui accorder leur parrainage. Le système proposé lui permettrait, ainsi qu'à d'autres, de concourir sans difficulté.
La commission recommande en outre une réforme du mode de scrutin aux élections sénatoriales, qui réduirait le rôle des élus des communes rurales dans l'élection des sénateurs.
4) Réforme du statut pénal du chef de l'Etat
Les commissaires proposent de supprimer l'immunité dont dispose le Président actuellement. Ainsi, il pourrait être jugé, y compris pendant la durée de son mandat, pour "des actes détachables de sa fonction" de président de la République, selon des informations du quotidien "La Croix".
Les anciens présidents de la République ne siégeraient plus au Conseil constitutionnel, a rapporté de son côté RTL, conformément à une promesse du candidat Hollande.
La remise du rapport Jospin doit être accompagnée de projets de loi pré-rédigés par la commission, à la demande du chef de l'Etat. Elle sera suivie de "consultations politiques et institutionnelles nécessaires à l'élaboration définitive des réformes proposées", avait écrit François Hollande dans sa "lettre de mission" à la commission le 16 juillet.
Installée le 25 juillet, la commission présidée par Lionel Jospin comprend 14 membres, sept hommes et sept femmes. Ses membres sont des universitaires, juristes et hauts fonctionnaires, à l'exception de l'ancien Premier ministre et de l'ex-ministre UMP Roselyne Bachelot.
10 NOVEMBRE 2012 - UNE MANIF ANTI GAY A BORDEAUX LE 08 DECEMBRE
Le 26/11/2012
10 NOVEMBRE 2012 –
Manifestation à Bordeaux pour la famille et
contre le mariage homosexuel le 08 décembre prochain
L’opposition au projet du gouvernement d’ouvrir le mariage et l’adoption aux homosexuels ne cesse de croitre. Après les mises en garde de nombreux élus, en particuliers de maires, de professionnels de l’enfance, de religieux… les manifestations se multiplient dans toute la France.
Dans un communiqué envoyé à la presse, l’association Oui la Vie annonce l’organisation d’une manifestation à Bordeaux « pour la défense de la famille et les droits des enfants », le samedi 08 décembre, avec un départ à 14h de la Place des Quinconces.
« Devant le refus d’un débat national sur ce funeste projet, l’association Oui à la Vie appelle à manifester dans les rues de Bordeaux, afin de montrer la vive opposition d’une majorité de Français, qui ne cèderont pas aux diktats d’une faible, mais influente minorité, aux projets de dénaturation du mariage et d’adoption d’enfants par des personnes de même sexe ».
Interrogée par Infos-Bordeaux, un des portes paroles de l’association Oui à la Vie, Constance Delmas annonce que cette manifestation « sera la plus large possible ». Nous avons le soutien d’un grand nombre de personnalités, et d’associations qui vont également appeler à se joindre à notre marche. Le mot d’ordre est simple : La famille est le socle de la société et l’enfant a droit à un père et une mère ».
LA LGP BORDEAUX REPLIQUE
Le 08 décembre, défendons l’égalité des droits !
Le rassemblement n'est pas une contre-manifestation mais une manifestation en faveur de l'égalité des droits entre tous les couples et pour que le projet de loi du gouvernement soit complété de l'ouverture de la Procréation Médicalement Assistée, l'ouverture de l'adoption hors mariage pour les homosexuels et d'un statut pour le parent tiers.
Le Collectif pour l'Égalité ainsi constitué a vocation à organiser d'autres mobilisations pour faire valoir ces revendications.
Rendez vous au parvis des droits de l'homme (près du Tribunal de Grande Instance) à Bordeaux à partir de 12h
Parcours :
Le rassemblement débutera à 12h et sera suivi d'une marche dont le départ a été fixé à 14h (négociations en cours avec la préfecture).
Le trajet de la marche sera Parvis des Droits de l'Homme > Cours Pasteur (en passant par Pey Berland) > Place de la Victoire et pourra continuer jusqu'à la Place de la République.
Communiqué LGP Bordeaux, 06 Novembre 2012
Le 8 décembre à 11h Place Pey-Berland soyons mobilisés pour revendiquer le mariage, l’adoption, ainsi que l’accès à la PMA pour tous les couples !
Suite à la réunion de la LGP Bordeaux du mercredi 25 octobre dernier, nous avons mis en place un collectif pour organiser un rassemblement. Ce même jour, le groupe extrémiste »Oui à la vie » appelle également à une manifestation pour s’opposer au droit à tous les couples de se marier et d’adopter.
Nous espérons que toutes les associations, organisations, mouvements et partis politiques qui souhaitent se joindre à ce rassemblement participeront au collectif que nous avons constitué pour préparer notre réponse et définir ensemble notre action du 8 décembre !
Pour nous organiser, une nouvelle réunion sera organisée le 16 novembre à 19h au Girofard (34 rue Bouquière) et une seconde le 30 novembre à 20h également au Girofard.
Merci aux organisations qui souhaitent participer de nous envoyer un mail pour nous en informer.
Nous comptons sur votre mobilisation !
Paul Vinot
Président de la LGP Bordeaux